Source inépuisable et indémodable d’inspiration, l’Histoire a été beaucoup tripatouillée par les scénaristes et dessinateurs de BD. On ne peut pas leur en vouloir, le tripatouillage, c’est quand même leur cœur de métier.
Après, t’as ceux qui s’en sortent avec les honneurs et ceux qui chient dans la colle bien comme il faut.
4 filles et leur mère
Hugdebert
Rebecca Rils
Dans l’Italie fasciste, quatre demoiselles se lancent à la recherche de leur mère qui a quitté la maison en laissant leur paternel inconsolable. Chacune mène l’enquête de son côté, autant de rencontres qui virent à la débauche. Dans le même temps, Ugo, un communiste pas trop bien vu dans cette ambiance totalitaire, débarque, enquête aussi parce que pourquoi pas et se tape les quatre sœurettes parce que pourquoi pas aussi.
Cet album, on l’aura compris, ne brille pas par la crédibilité et la cohérence de son scénario. Mais la BD fonctionne grâce à son ambiance de vaudeville et au dynamisme de ses personnages : le père, vieux et brisé de chagrin, mais toujours brûlant d’amour ; les quatre filles lancées sur les routes, entreprenantes, infatigables ; Ugo, le sympathique coco ; le méchant aristocrate fasciste au monocle ; le curé en soutane, qui va jouer les deus ex machina et débrouiller l’affaire comme au théâtre. Tout le monde s’aime, tout le monde s’amuse, les méchants perdent, les gentils gagnent, c’est frais et rafraîchissant.
La compagne du Tigre
Hugdebert
Hugdebert est très porté sur les trains et les années 1900, autant dire qu’avec La Compagne du Tigre et ses pirates en mer de Chine dans les années 1650, on est dépaysé quelque chose de bien ! Nous suivons les aventures de Li, dite Chaton de Saule, fille d’un chef pirate et qui ambitionne de prendre le relais de l’entreprise paternelle.
Hugdebert livre ici une très bonne BD qui, paradoxalement, laisse le lecteur sur sa faim. On en veut encore ! Ce album aurait mérité de faire le double. Entre les péripéties de pirates (bagarres, mutinerie, trahison, vengeance, arraisonnage de navire, recrutement d’équipage), les spécifités du parcours de Li (un équipage de femmes pirates !) et les scènes de cul, le programme est chargé et c’est un exploit d’avoir, en 46 planches, réussi à tout mettre. Alors ça rentre, mais en impliquant d’aller vite tout du long. Alors que sur deux albums, tout aurait pu être installé et développé en détaillant davantage, sans perdre en dynamisme. Drame des contraintes du format… Et pas de suite non plus, alors que les personnages et le contexte s’y prêtaient bien. Mais bon, on ne va pas bouder notre plaisir, cette Compagne du tigre est une réussite !
Les plaisirs d’une reine, la vie secrète de Marie-Antoinette
Pylate
Tapages nocturnes
Un des moins pires Pylate que j’aie pu lire, mais ça veut pas dire pour autant qu’il est bien.
Premier bon point, le choix du noir et blanc passe beaucoup mieux que les autres titres de Pylate en couleurs, qui laissent à penser que le coloriste est son neveu de trois ans vu comment le résultat est immonde. Là, on a les yeux au repos et pas l’impression d’avoir avalé un plein baril de LSD.
Deuxième bon point, le dessin est au-dessus du reste de sa production. Alors après, c’est pas fou non plus et le graphisme n’atteint pas des sommets, mais il a au moins le mérite d’être davantage travaillé que d’habitude, plus détaillé dans les décors et les arrière-plans. Par contre, les visages et les vagins, c’est pas encore ça, les premiers arborant plus souvent un groin qu’un nez, quant aux seconds je me demande si Pylate en a déjà vu un en vrai.
Sinon le reste, ben rien de folichon à attendre. Scénar aux fraises, erreurs historiques, scènes de cul pas bien palpitantes, dialogues truffées de termes et tournures d’époque qui sonnent plus ridicules qu’authentiques, Marie-Antoinette ne méritait pas un tel sort. Elle a déjà été décapitée, c’est peut-être pas la peine de continuer à s’acharner sur elle en lui infligeant cette BD plus que moyenne.
Ambre l’impétueuse
Morale Stramaglia
Bédé adult’ n°271
Internationale Presse Magazine
Nous suivons les aventures d’Ambre dans une version queutarde des trois mousquetaires. L’histoire n’est ni très claire ni très bien menée, à l’inverse du dessin d’excellente facture, en nuances de gris, très précis et détaillé. Un album pour le plaisir des yeux…
Bel Ami (feat. Guy de Maupassant)
La bête humaine (feat. Émile Zola)
La maison Tellier (feat. Guy de Maupassant)
Un amour de Swann (feat. Marcel Proust)
Hugdebert
International Presse Magazine
Un peu d’histoire de la littérature avec rien moins que quatre adaptations d’œuvres majeures dans des versions moins poussiéreuses que ce qu’on nous en raconte à l’école.
Bel Ami se prêtait bien à une variation un peu plus olé-olé, vu que le personnage éponyme est un séducteur invétéré.
Dans La bête humaine, il y a un train. Et là où il y a un train, il y a Hugdebert, dont c’est la marotte. Ambiance sombre conforme à celle de l’œuvre originale, qui est un peu l’ancêtre du thriller (meurtres, viols, suicides, catastrophes ferroviaires…).
La maison Tellier est une très bonne adaptation de la nouvelle de Maupassant ! Hugdebert reprend les grandes lignes de l’histoire originale (une tenancière de maison close et ses ouailles partent à la campagne assister à une communion) et son esprit iconoclaste, en assaisonnant le tout avec du boulard on ne peut plus dans le contexte vu le métier des personnages. Bien joué !
Un amour de Swann, comme j’ai jamais aimé Proust, l’histoire m’est un peu passée au-dessus, mais le dessin est superbe.
Astaroth & Bernadette
Coax & Ensis
Dynamite
En 1569, Bernadette est tourmentée par Astaroth, un démon pas plus grand qu’un Playmobil mais avec plus d’un tour dans son sac. Les fantaisies de l’homoncule valent à la donzelle moult turpitudes sexuelles, souvent en groupe, entrecoupées de punitions, séances de fouet, exposition au pilori…
L’album se contente d’être une succession de saynètes assez répétitives dans l’esprit. Une chance que la couverture mentionne le nom d’un scénariste aux côtés du dessinateur, sans quoi on penserait qu’il n’y en a pas. La narration ne va nulle part en n’exploitant rien de ses péripéties (comme l’exorcisme arrêté en plein milieu de la scène) ni de son contexte historique qui pourrait se situer n’importe où entre l’an mil et la date retenue sans changer grand-chose, et l’album s’achève en queue de poisson en laissant planer une suite qu’on ne verra jamais.
Un beau dessin, c’est tout ce qu’on en retiendra.
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