Critiques express (32) Fesse-tival

L’hiver est la saison rêvée pour se lancer dans la spéléogie, explorer grottes et cavernes où le soleil ne brille jamais, sombres cavités et boyaux sous tes reins. Bref, il fait froid et on s’encule pour se réchauffer. C’est bien légitime, dirait monsieur Manatane.

Disclaimer 18 ans contenu explicite

Qui dit sport extrême dit bonne préparation. Ce serait ballot de partir comme une fleur pour se retrouver coincé avec un penis captivus. D’autant plus ballot qu’il s’agit d’un hoax, le nombre de cas avérés rapportés dans les annales de médecine se situant entre zéro et aucun.
M’enfin, c’est pas une raison pour zapper les révisions. Plutôt que des manuels aussi sérieux que chiants, je vous propose de réviser en bulles et en images par le biais de la bande dessinée.

Jessica Chris bande dessinée pour adultes

Jessica
Chris

Jessica est mon album préféré de Chris. J’aime beaucoup le look de son héroïne, qui semble tout droit sortie des années 60.
L’histoire, on ne peut pas faire beaucoup plus basique : Jessica a de mauvaises notes, elle va se taper ses profs à la queue leu leu pour remonter son bulletin. Le scénar prétexte type, qui ne remportera pas un grand prix d’imagination, mais a au moins le mérite de fonctionner dans le cadre de cet album. Quand on n’est pas scénariste pour deux sous, mieux vaut emprunter un chemin simple et balisé que s’aventurer dans des velléités d’intrigue complexe.
Cette BD se lit comme une suite de saynètes, répétitive dans le schéma d’ensemble mais variée dans ses leviers, puisque pour chacun de ses profs, Jessica change d’angle d’attaque pour frapper au point faible de sa “victime”.
Dans un genre où les personnages féminins sont souvent des objets à libre disposition des mâles, peu importantes qu’elles soient consentantes ou pas, Jessica se démarque comme une BD rafraîchissante avec son héroïne qui impose les règles du jeu.

Couverture Julia Olson BD Dynamite

Julia
Olson

Dynamite

Cette intégrale regroupe les trois volumes parus il y a plus de vingt ans (Julie tout court tout, Julie, l’initiation et Julia, le piège infernal). La série en dit long sur les représentations mentales d’une société qui produit et consomme ce genre de porno et n’intéressera en vérité que les historiens des mentalités et les sociologues.
Bien dessinée, c’est tout ce que cette BD a pour elle.
Le reste est une caricature de porno. L’histoire, y en a pas. Les personnages sont juste là pour tirer leur coup, transparents comme le verre, sans caractère particulier, interchangeables les uns avec les autres. On passera sur les dialogues affligeants. Rien que du sexe tous azimuts juste pour le sexe, faut surtout pas chercher un semblant de début d’amorce d’embryon de justification aux scènes de cul. Leur nombre finit par devenir contre-productif parce que trop dans l’excès. Ajoute à ça une vision romanesque de la prostitution (les voyages exotiques, le luxe, le bling-bling) et, pire, le caractère optionnel de la notion de consentement, assorti de ce vieux cliché pourri du sexe forcé au départ qui tourne immanquablement aux hurlements de plaisir de l’intéressée. Alors bon, c’est de la fiction pas du documentaire, personne n’est violé pour de vrai, mais bon cet état d’esprit, c’est pas trop mon kif.

Irina Hugdebert BD Climax

Irina
Hugdebert

La comtesse Irina fuit la Russie suite à la révolution bolchevique de 1917. Elle ne part pas les mains vides mais emporte avec elle un paquet de blé qui lui permet de refaire sa vie ailleurs.
Six pages de mise en contexte puis quarante de bacchanales bien dessinées mais oubliables.

Couverture Vikings de sexe et de sang Hugdebert Sybaris

Vikings
Hugdebert

Vikings est d’abord paru en presse en deux tomes. Le premier a été réédité chez Sybaris au format BD traditionnel sous le titre Vikings, De sexe et de sang. Et l’histoire s’arrête là, le deuxième volume n’est jamais sorti en librairie.
C’est avec des parutions de ce genre qu’on comprend pourquoi la plupart des BD affichent deux noms sur la couverture : écrire une histoire et la mettre en images sont deux choses très différentes et rares sont les artistes doués dans les deux domaines. Il aura manqué un scénariste à Vikings pour atteindre le top.
L’histoire est celle de Corinna, une jeune Franque enlevée au IXe siècle par ces guerriers venus du nord sur leurs drakkars (des Vikings, donc, pas des Ch’tis). Voilà pour les sept premières pages. Dans les quarante suivantes, Corinna se fait dépouiller par tout le monde et par tous les orifices dans le village viking. Une suite ininterrompue de scènes de sexe, sans pause narrative, à filer le tournis. C’est trop.
Et rebelote dans le tome 2.
La lecture vaut quand même le coup pour le dessin. Hugdebert propose ici un graphisme de très haut niveau, réaliste, riche, détaillé, précis, une pure merveille. Avec en prime un travail documentaire conséquent sur le plan historique. On n’a pas affaire à des Vikings de carton-pâte : objets de la vie quotidienne, armes, vêtements, bijoux, bâtiments, drakkars, tout est conforme à la réalité historique et archéologique. De l’excellent boulot sur ce plan.

Couverture Les folles nuits de Cryptée Ardem Glénat

Les folles nuits de Cryptée
Ardem

Glénat / Le Marquis

Sans doute un des meilleurs Ardem pour le dessin, plus fouillé que dans ses productions bas de gamme pour Media 1000. Seul hic, les personnages féminins ont tous un air de ressemblance prononcé et on ne sait plus trop par moments qui est qui.
Les folles nuits de Cryptée a été un des premiers Ardem, du temps où il faisait encore des efforts pour tenter de raconter une histoire. Après, le gars n’est clairement pas un bon scénariste, m’enfin y avait une volonté de bien faire qui a disparu par la suite. Là, niveau histoire, y a de quoi lire ! Du texte, beaucoup de texte, une tonne de texte jusqu’à, sur certaines planches, manger la moitié des cases, voire occuper des cases complètes, au point que la BD en devient limite un roman-photo.

Les trois soeurs Darnum Ardem Le Marquis Sabarra

Les trois sœurs Darnum
Ardem

Glénat / Le Marquis

Les trois sœurs Darnum est souvent considéré comme le chef d’œuvre d’Ardem. Mollo sur la dithyrambe, les gars. D’une, une bonne partie de sa biblio est composée de travaux torchés à la va-vite pour alimenter la collection cheapos Media 1000, donc à côté n’importe quel album à peu près propre passe pour une œuvre d’art. De deux, c’est pas foufou le trio de sisters Trucmuche.
Le dessin est très bon, là-dessus, rien à dire. Du haut niveau comme on aurait aimé en voir plus souvent sa production érotique ou pornographique.
Mais alors l’histoire… On nous annonce du futuriste et de l’anticipation et… euh… ben non. On se croirait plutôt dans un trip aux champignons à la Alice au pays des merveilles. L’intrigue, quant à elle, est cafouilleuse. Donc le chef-d’œuvre, hein, on en est loin.
Une BD à feuilleter pour le dessin excellent, mais c’est tout.

Chantages
Ardem

Dynamite

Deux tomes autour des tribulations d’Héléna et sa fille Léa.
Héléna a posé pour des photos olé-olé dans sa jeunesse. Des années plus tard, le boomerang lui revient dans la figure sous la forme d’un chantage qui donne son titre à la BD. À partir de là, on a droit à une suite ininterrompue de scènes de sexe forcé. Sa fille Léa sera embarquée à son tour dans la tourmente (ou dans la tournante, ça marche aussi).
Pas trop ma came que ces histoires de sexe sans plaisir, parce que contraint et forcé. J’ai toujours eu une préférence pour le porn où tout le monde s’éclate de son plein gré dans la joie et la bonne humeur.
Le dessin est correct sans être foufou non plus, donc même le rinçage d’œil est en demi-teinte.
Bilan bof sur tous les tableaux.

Couverture La mauvaise élève Confessions érotiques Mathilde Ardem Dynamite

La mauvaise élève
Ardem

Dynamite

Au lycée, Mathilde à de mauvaises notes parce qu’elle n’en branle pas une. En dehors, ce serait plutôt l’inverse. Le scénar, sans queue ni tête, n’est qu’un prétexte à enfiler les scènes de cul dans le plus parfait foutoir. Le dessin n’est pas terrible du tout. L’ensemble tient moins de la BD finie que du brouillon.

Petite vicieuse
Secrets de famille
Le jouet

Ardem

Dynamite

Je mets ensemble trois tomes qui n’ont rien à voir entre eux, mais ce qu’on peut dire de l’un vaut pour les autres.
C’est du Ardem et tout est dit.
Dessin noir et blanc dans la veine réaliste, oscillant entre correct (Petite vicieuse) et pas terrible (Secrets de famille et Le jouet). Du sexe gras et qui tache, allant de sympa dans sa mise en scène et certaines positions acrobatiques (Petite vicieuse) à nase (Le jouet) en passant par bof (Secrets de famille). Le consentement du personnage féminin en option, ça, j’accroche pas du tout.
Bilan : Petite vicieuse, à la limite, se laisse lire ; Secrets de famille est insipide ; Le jouet est le plus mauvais Ardem que j’aie pu lire.

Ambre l'impétueuse Morale Stramaglia Bédé Adult

Ambre l’impétueuse
Morale Stramaglia

Internationale Presse Magazine

Nous suivons les aventures d’Ambre dans une version queutarde des trois mousquetaires. L’histoire n’est ni très claire ni très bien menée, à l’inverse du dessin d’excellente facture, en nuances de gris, très précis et détaillé. Un album pour le plaisir des yeux…

Couverture Tania et Bertille Colber bande dessinée pour adultes

Tania et Bertille
W. G. Colber

Tania et Bertille sont infirmières et amantes. Très professionnelles à leur façon, elles couchent aussi bien avec les patients qu’avec les médecins du quartier. Puis arrivent comme un cheveu sur la soupe un gangster blessé à soigner, une fusillade, un resto pour se remettre des émotions fortes, l’évocation d’un vieux souvenir de jeunesse. Pas une once de liant, les scènes sortent de nulle part dans la plus parfaite incohérence. Le tout servi par un dessin plutôt moyen.

Angie
Chris

Dynamite

Quatre volumes pour les aventures olé-olé d’Angie, regroupés en une intégrale chez Dynamite.
Plus occupée par ses activités de nymphomane que d’infirmière, Angie bosse tour à tour à l’hôpital (tome 1), au service privé d’un papy pété d’oseille (tome 2), puis d’un actionnaire chinois moins vieux mais tout aussi riche (tome 3) et enfin dans une prison (tome 4). Au cours de ses pérégrinations, entre sexe classique et BDSM soft, elle se tape à peu près tout le monde : médecins, infirmières, cambrioleurs, geôliers, ses employeurs, un nain, un lutteur de sumo… On l’aura compris, le scénario est à l’image des films X de l’époque (années 70-80), un fil ténu et linéaire qui conduit l’héroïne d’un partenaire à l’autre sans réelle histoire.
L’absence de fantaisies hardcore outrancières donne un côté plutôt reposant à cette série, qui permet de reprendre son souffle quand on commence à fatiguer des productions bourrines XXX.

Histoire d’E, Service de la reine
W. G. Colber

Parée du titre de Jouy de la Chagatte, Ella, marquise au tempérament volcanique, engage un historiographe, Manuel Heybezeur, pour écrire à quatre mains les aventures érotiques de son ancêtre Estelle.
Le récit de Colber alterne deux trames chronologiques : une contemporaine autour des frasques d’Ella et Manuel, l’autre centrée sur Estelle sous le règne de François II (1559-1560), à la cour de Catherine de Médicis (qui a air de Bernadette Chirac). Alors “récit”, c’est beaucoup dire faute de développement de l’histoire comme des personnages. Ils forniquent et c’est tout. Mais ça fonctionne grâce à l’ambiance décomplexée. Colber s’amuse – les noms des personnages sont éloquents – et assure le taf niveau dessin.
Dans le tome 2, Amélie la soubrette se joint aux ébats d’Ella et Manuel, pendant qu’au XVIe siècle la situation part dans tous les sens entre figures royales (François II, Marie Stuart), suivantes (Estelle, Yolande), cochers, palefreniers et servantes. Les scènes s’enchaînent sans rimer à rien, mais on se laisse emporter par cette frénésie copulatoire.

Vulverine plug anal X-Men DTC Comics

Amateurs de BD olé-olé, rendez-vous dans les autres zones érogènes du blog :
chaleur hivernale
boule et bulles
cul en vrac
spécial Manara

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *