Critiques express (2) Fourre-tout

Le méga vrac sans thème précis, on dirait un update lecture de booktuber en pire !
Au menu de ce pot-pourri :
Les pêcheurs bretons durant la Seconde Guerre mondiale (Jean-Christophe Fichou)
Le livre des vampires (Manuela Dunn Mascetti)
Passagère du silence (Fabienne Verdier)
La maison des aviateurs (Philippe Waret)
L’Alchimiste (Paulo Coelho)

Couverture Pêcheurs bretons Seconde Guerre mondiale Jean-Christophe Fichou Presses universitaires de Rennes

Les pêcheurs bretons durant la Seconde Guerre mondiale
Jean-Christophe Fichou
Presses universitaires de Rennes

Ouvrage pointu sur un sujet pointu qui a priori n’intéresserait que les maniaques du sujet (et a posteriori n’intéressera qu’eux). Parce que ce bouquin est très bien documenté et très sérieux, le lecteur pas spécialiste sera noyé sous les détails, les notes, les sources, ou assommé par le style universitaire aride.
En même temps, c’est une lecture qui reste intéressante. Sur le papier, l’étude des pêcheurs semble loin des champs de bataille, des grands personnages, de l’Occupation, de la Collaboration, de la Résistance et de toutes ces grandes notions pleines de majuscules. Sauf qu’à travers ces anonymes, elle donne un aperçu très détaillé de la vie en temps de guerre du Français lambda.
Citation pour la route : “On vole les Américains comme on a volé les Allemands. On méconnaît l’autorité française qui souvent n’avait osé agir par peur de passer pour collaborationniste.”

Couverture Le livre des vampires Manuela Dunn Mascetti Solar

Le livre des vampires
Manuela Dunn Mascetti
Solar

“Dans les légendes populaires, vampires, loups-garous et autres créatures effroyables bondissent sur leur victime, l’étouffent sous leur arrière-train nauséabond et leur lacèrent la poitrine jusqu’au fond des entrailles comme le fait une bête de proie. Il n’y a rien là de très romantique.”
Un ouvrage qui se veut complet : origines, mode de vie, pouvoirs et faiblesses… Le tout illustré en abondance.
Reste que le bouquin a le défaut de ses qualités. À vouloir tout dire en seulement 200 et quelques pages (dont la moitié consacrée à des dessins et photos), il se contente de survoler beaucoup de choses. Certains choix de l’auteur paraissent discutables car contraires à l’exhaustivité recherchée. Par exemple, on n’imagine pas un livre sur les vampires qui n’aborde pas Dracula, mais était-il besoin d’y consacrer 50 pages ?
Parmi les lacunes, hormis la figure historique de Dracula, rien qui remonte au-delà du XVIIIe siècle alors que le mythe du vampire est beaucoup plus ancien. Hors Europe, quatre petites pages sur les vampires dans les autres cultures. La littérature est à peine abordée et ne mentionne quasiment que des auteurs et œuvres du XIXe siècle. Quant au cinéma, il brille par son absence.
À l’arrivée, Le livre des vampires vaut surtout pour son iconographie.

Couverture Passagère du silence Fabienne Verdier Le Livre de Poche

Passagère du silence
Fabienne Verdier

Le Livre de Poche

Si vous aimez les autobiographies, les tranches de vie, les quêtes personnelles, la calligraphie, les portraits de la Chine communiste des années 80, Passagère du silence est fait pour vous.
Si comme moi vous ne vous intéressez à rien de tout ça et que vous atterrissez dans cette lecture par hasard ou suite à une erreur de casting, vous passerez à côté du bouquin.
Il n’en reste pas moins un livre bien fait, qui parlera à son public cible (très ciblé pour le coup).

Couverture La maison des aviateurs Philippe Waret Pôle Nord

La maison des aviateurs
Philippe Waret
Pôle Nord

J’ai pas mal de bouquins de Pôle Nord Éditions dans ma bibliothèque, plutôt bons. Celui-ci est l’exception qui confirme la règle.
Un des pires livres qu’il m’ait été donné de lire. Une véritable horreur (ce qui me permet de le glisser dans cet article).
Je ne sais par quel défaut commencer… Rythme soporifique… trois intrigues parallèles qui suivent des trames temporelles mal synchronisées… un style lourd, ultra scolaire, ampoulé, ennuyeux… des personnages unidimensionnels et sans épaisseur… des seconds couteaux sans relief limités à leur fonction (le sergent, le second, l’infirmier)… des explications historiques qui pour certaines sentent la paraphrase de Wikipedia, et pour d’autres sont approximatives…
Ce n’est pas mauvais, c’est TRÈS mauvais. Et encore, je suis indulgent.

Couverture L'Alchimiste Paulo Coelho J'ai Lu

L’Alchimiste
Paulo Coelho
J’ai lu

On me l’a prêté au motif que j’aime bien les lectures qui font réfléchir. Celle-ci n’en est pas une. Sauf peut-être pour un enfant de 10 ans.
Un genre de “La vie pour les nuls”, un Petit Prince du pauvre, vide comme mes poches à la fin du mois et pas beaucoup plus profond.
Il se résume en une phrase : écoute ton cœur. Bah, merci de l’info, Paulo. Tu es bien le premier à pondre un conte initiatique sur cette idée. Ou pas.
Indigeste digest de clichés, L’Alchimiste s’impose comme une somme, l’Anthologie avec un grand A, de toutes les phrases bateaux sur le développement personnel. Une Invincible Armada de slogans simplistes qui répète l’histoire de la flotte espagnole et tourne au naufrage.
N’importe quelle phrase de Dune (Frank Herbert) sur les Fremen est mille fois plus aboutie que ce pénible pensum désertique.

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