Critiques express (31) Cul en vrac

Disclaimer interdit moins de 18 ans

Je profite des frimas hivernaux pour bouquiner sous la couette la tonne de BD qui traîne dans un carton depuis cinq ou six ans.
En langage BCBG d’éditeur, on appelle ces albums des “bandes dessinées érotiques” pour que ça sonne classe. Ne nous voilons pas la face : quand les personnages passent une quarantaine de pages à se faire mettre le cul en vrac, à bouffer du chibre au kilomètre et à prendre des torrents de foutre sur la poire, c’est de la pornographie, du X gras et qui tache. Des livres qui se lisent d’une main, comme on dit dans le métier (et de l’autre tu tiens le bouquin, pendant que tu tournes les pages avec les dents).
En route pour une virée revigorante qui va mettre de la chaleur dans les chaumières et du soleil dans les caleçons !

Train de Nuit (2 tomes)
Hugdebert

Sur ce coup-là, je suis resté sur le quai avec mes valoches.
C’est l’histoire de Carole qui prend le train, plusieurs trains en fait. Chaque fois elle se tape la ou les personnes dans le même compartiment qu’elle. Un homme, une femme, un couple. Une fois qu’on a compris l’idée du fantasme ferroviaire, du coup furtif avec un inconnu, ça devient redondant dès la troisième scène et ça dure tout un album, puis un second qui raconte la même chose.
Pas du tout accroché au dessin que j’ai trouvé mal assuré, presque amateur, avec des couleurs baveuses en prime.
Bref, rien ne m’a plu.
J’ai vu dans la biblio d’Hugdebert (Guillaume Berteloot) que les trains étaient sa marotte avec d’autres titres ferroviaires. J’avoue ne pas être pressé de mettre le nez dedans…

Couverture Le secret de tante Pauline Hugdebert

Le secret de tante Pauline (2 tomes)
Hugdebert

Même dessinateur que Train de Nuit mais bien meilleure pioche, les aventures olé-olé de tata Pauline !
Fin XIXe siècle, Pauline vit avec sa servante et son jardinier dans un manoir bourgeois où elle reçoit ses amies, ses nièces, un artiste. Chaque combinaison des personnages que je viens de citer donne lieu à une scène de sexe classique, sans pratiques extrêmes. Et voilà. Simple et efficace.
Le dessin en noir et blanc, réaliste et agréable, rend bien l’ambiance de l’époque, toute de jupons, corsets, crinoline et bottines.
Un seul tome aurait suffi, le second n’apporte rien de neuf par rapport au précédent. Le tout donne un doublé sympathique mais pas impérissable.

Couverture BD Le voyeur Chris Glénat Le Marquis

Le Voyeur
Chris

Glénat / Le Marquis

Sans doute un de mes albums préférés du père Chris (Xavier Musquera).
Simon, voyeur, joue à Fenêtre sur cour et espionne la blonde sexy qui habite l’immeuble d’en face. Il prend le contrôle sur elle grâce à une paire de jumelles, et un téléphone (et surtout grâce à la magie du scénario qui ne s’embarrasse pas de crédibilité). Soit une trame classique, qui s’écarte assez vite de son titre pour deux raisons, une bonne et une mauvaise. La bonne, c’est que l’album aurait tout aussi bien pu s’intituler L’exhibitionniste, vu les penchants de l’accorte voisine révélés par les manipulations du voyeur. Un peu hors sujet, mais ma foi on ne crache pas dessus, puisque l’astuce permet de montrer la donzelle sous toutes les coutures et dans toutes sortes de situations. La mauvaise, c’est que plusieurs scènes sont incohérentes à se passer dans des lieux extérieurs à l’immeuble cible de Simon, donc hors de sa vue et de sa présence.
La raison pour laquelle j’adore cette BD, c’est que pour une fois la victime ne se contente d’être obéissante, soumise, contrainte, mais qu’elle va se rebeller et rendre la monnaie de sa pièce à son tortionnaire. Avec en prime un twist final.

Couverture Lady Travel Chris Bédé Adult

Lady Travel
Chris

Dans un tout esprit que les notes de voyage d’Angelina Jolie, Lady Travel raconte l’histoire d’une ethnologue au Brésil qui se tape tout ce qui bouge, depuis le guide qui l’emmène dans la jungle amazonienne aux membres – dans tous les sens du terme – d’une tribu indigène, en passant par le commanditaire de son expédition anthropologique.
Au début, ça se laisse lire, sans plus, avant de devenir carrément ennuyeux dans la seconde moitié de l’album qui ne fait que répéter l’histoire et les scènes déjà vues dans la première.
Le tome 2, Miss Travel in Barcelona n’a pas de rapport direct avec le premier et encore moins d’intérêt. Mis à part que c’est bien dessiné, entre un scénar étique et nawak et des scènes X pas folichonnes, très standards et classiques, pas de quoi se relever la nuit.

Couverture Le tour du monde en 80 jours Chris Glénat Le Marquis

Le tour du monde en 80 jours
Chris

Glénat / Le Marquis

Après Lady Travel, encore une invitation au voyage lancée par Chris, qui propose une relecture de l’œuvre de Jules Verne en version tout nu et tout bronzée. Phyllis, arrière-petite-fille de Phileas Fogg, part sur les traces de son ancêtre dans le même esprit que l’émission de télé-poubelle Nus et culottés. Sans le sou, elle monnaye son voyage à coups de prestations sexuelles.
Un bon point, la présence d’un Passepartout gay qui passe son temps à se faire enfiler pendant qu’il mate les aventures coquines de Phyllis. C’est rare qu’une BD joue cette carte mi-homo mi-hétéro. Très mauvais point, Chris torpille cette excellente idée à la fin de l’histoire, quand Passepartout devient, je cite, “un homme, un vrai” en couchant avec Phyllis.
Verdict : histoire sympa sans plus, dessin moyen, une fin qui pue l’homophobie, on peut faire l’impasse sur ce titre sans perdre un grand moment de lecture.

La Thèse
Le dressage de Jane (2 volumes)

Chris

La Thèse est un album que j’aime beaucoup du père Chris, souvent considéré comme son meilleur.
Jenny, étudiante sexologue, prépare la fameuse thèse qui donne son titre à l’album. Accusant de grosses lacunes en BDSM, elle entreprend un stage pratique pour parfaire ses connaissances du sujet.
Si j’adore cette BD, c’est parce que pour une fois, l’héroïne est consentante et pas comme trop souvent kidnappée, contrainte, forcée. On se situe donc ici dans des rapports de domination/soumission volontaires et un état d’esprit de découverte et d’exploration, pas d’humiliation glauque et malsaine d’une victime par un bourreau.
Les premiers pas de Jenny sont bien rendus à travers des scènes qui présentent les bases du SM, avec imagerie et accessoires traditionnels (ligotage, cuissardes, bâillons, cravache, godes…), sans mettre la charrue avant les bœufs à s’aventurer direct dans des pratiques extrêmes réservées aux détenteurs d’un bac+12 en sado-maso. Hard sans être hardcore.

Le dressage de Jane et sa suite-préquelle Les souffrances de Jane constituent une version longue et revisitée de La Thèse. Jenny s’appelle Jane, n’est pas étudiante mais soubrette et passe du brun au blond. On retrouve ses deux profs sous les traits de “gentlemen” membres d’un club privé. À signaler l’arrivée d’un personnage supplémentaire en la personne d’une dominatrice obèse. Beaucoup de dialogues sont les mêmes que dans La Thèse au mot près. Même chose pour la mise en scène qui reprend des planches redessinées à l’identique avec pour seuls changements le visage des personnages et le style du trait. Le sexe est ici un poil plus hard que dans l’opus thésard, avec davantage de contraintes, de fouet et de cuir, plus une touche lesbienne en bonus.

Bea flic de choc
Torrid nights

Chris

Commissaire de police, Béatrice Charbonnier enquête sur des assassinats de jeunes femmes et n’hésite pas à payer de sa personne pour découvrir le coupable.
Cet album de porno polar est à l’image du pitch : simple, sobre, efficace, explicite. Le tout pour un résultat correct dans le dessin comme dans l’histoire. Seul défaut de cette bande dessinée, elle ne se démarque en rien, chaque élément (personnages, intrigue, scènes de sexe, graphisme, etc.) étant “pas mal”, “honnête”, “sympa” mais sans transcendance. Une bonne lecture sur le moment mais dont il ne restera pas beaucoup de souvenirs d’ici quelques mois.
À noter qu’on trouve ici et là sur le Net un tome 2 qui n’en est pas un, Torrid Nights, dans la même veine policière avec cette fois une histoire d’enlèvement beaucoup moins convaincante parce que trop brouillonne. Et sans Bea.

Couverture bande dessinée La vie de Flora Coq Dynamite

La vie de Flora
Bruno Coq

Dynamite

Élevée à la dure dans un pensionnat, Flora est aujourd’hui une femme libérée. Dans ce genre de littérature, on sait ce que ça signifie : sexe à gogo. Scénario pas magique (y en a-t-il un ?), style de dessin auquel je n’accroche pas (la couv’, j’adore, mais à l’intérieur c’est beaucoup moins précis, réaliste et soigné et beaucoup plus tracé à grands traits), couleurs immondes.

Cercle vicieux Coq Peyret

Cercle vicieux
Bruno Coq

Une couverture magnifique et c’est tout ce qu’il y a à retenir de ce Cercle Vicieux qui tourne en rond pour ne mener nulle part. Une histoire sado-maso qui ne tient pas debout, le scénar réussissant le pari d’être à la fois simpliste et confus. Le dessin est très loin de ce que laissait présager la couv, plus brut dans le trait, plus tranché avec son noir et blanc qui évacue les nuances de gris, et surtout beaucoup moins fin. Bref, rien à sauver, passez votre chemin.

Punitions pour Bella Postic Coq

Punitions pour Bella Postic
Bruno Coq

Suite à l’assassinat d’une femme de ménage, la fliquette Bella Postic enquête sous couverture en postulant pour occuper la place laissée vacante par la victime. Et c’est parti pour les amours ancillaires ! Le patron et la patronne aiment les soubrettes, les fessées et les bananes. Dans leur cave, on croise des gens vêtus de latex, un fouet à la main. Normal dans le monde de la BD SM (ou du BDSM en un seul mot, ça marche aussi). Chaque page de l’album est un festival copulatoire – et ça c’est bien – jusqu’à la fin abrupte de l’enquête, résolue dans les quatre pages à l’aide d’un deus ex machina – et ça c’est bof.
Au final, un album qui tient la route quant au contenu olé-olé mais échoue sur son versant policier, donc bien mais pas excellent.

Couverture L'Etrange Dr Mazsovitch Coq BD pour adultes

L’étrange Docteur Mazsovitch
Bruno Coq & Tina

Le docteur Machin au nom imprononçable dirige un centre où tout n’est que luxure, bondage, sodomie et double pénétration. On suit dans cet album les péripéties scabreuses d’Isabelle, une habituée des lieux, et, dans une moindre mesure, celles d’Hélène, une nouvelle arrivante, et de Tania, secrétaire d’un des pensionnaires.
Il n’y a pas d’histoire, juste un festival de sexe à foison à chaque page. Pour le coup, l’absence de scénario ne pose pas problème. Dans un centre où les gens baisent, ben ils baisent, y a pas besoin de forcer le contexte à entrer dans une intrigue qui n’apportera rien d’autre qu’un artifice narratif bancal pour ne pas dire branlant.
Le dessin assure le taf, on en prend plein les mirettes pendant que les personnages en prennent plein les fesses et la figure.
Seul bémol, la fin abrupte. Isabelle, plutôt dominante dès le début de l’album, se tourne dans les dix dernières pages vers une autre facette de son tempérament, plus axé vers la soumission. Sauf que cette exploration tourne court, à peine esquissée, et la dernière case laisse le lecteur sur un “la soirée ne fait que commencer” et sur sa faim. Ça aurait été sympa de nous la raconter, la soirée, au lieu de couper d’un coup. Il manque une dizaine de pages pour vraiment boucler cette BD. Mis à part cette réserve, c’est du lourd et du bon.

Les aventures de Karine
T1 Le directeur
T2 La secrétaire
T3 La directrice
Bruno Coq

Dynamite

Premier tome des Aventures de Karine, Le directeur se focalise sur… suspense… roulement de tambour… Jean-Charles Colonna, directeur d’un grand magasin. Ceux qui avaient répondu “Karine” ont perdu. Secrétaire du patron, folle de lui en secret, elle n’est pas le personnage central de cet album, ce rôle ne lui viendra qu’au tome 2, La secrétaire. En attendant on suit les frasques sexuelles de Colonna qui abuse de sa position de big boss pour se taper sa secrétaire, les vendeuses, les postulantes pour un job. Suite de saynètes sans réelle histoire autour, ça se laisse lire sans être renversant.
À noter qu’il existe deux versions, l’originale en noir et blanc et une plus récente en couleurs. Moi qui suis plutôt noir et blanc sur ce type de bande dessinée, j’avoue avoir pour une fois préféré la couleur qui ajoute beaucoup de dynamisme au dessin.

Après Le directeur, Karine change de boîte dans La secrétaire. Coq attaque très fort avec une scène de trio lesbien dès la page 2 !
Toujours pas plus de scénario dans cette suite que dans le premier volume, mais on se rattrape sur le dessin qui est un cran au-dessus et sur le contenu des scènes, plus original, plus fantaisiste, plus barré. Entre une patronne dominatrice, une comptable trans, un PDG habillé en cow-boy, on croise des personnalités hautes en couleurs sur le lieu de travail de Karine, qui n’a pas une page de répit.
J’ai préféré cet opus au Directeur, et de loin ! De quoi apporter de l’eau au moulin de l’éternel débat des suites moins bonnes que l’original. Cette suite est bien meilleure que le démarrage de la série et la version colorisée plus chouette que le noir et blanc.

Promotion dans le troisième volet pour Karine qui devient La directrice. On asiste à une inversion des rôles, puisque c’est elle qui se trouve en position de mener son monde à la baguette… et en même temps, elle reste toujours quelque part cette victime sexuelle qu’elle était déjà dans le premier numéro paru vingt ans plus tôt. Qunize années après le tome 2, cette suite s’imposait-elle ? Oui et non. D’un côté, on retrouve notre chère Karine et ses ébats. De l’autre, la magie opère moins, je n’ai pas retrouvé le côté foufou de La secrétaire qui avait fait le tour de la question et proposait déjà une directrice à poigne en la personne de la charismatique (et bien-nommée) miss Lick.
Donc sympa pour compléter la collec’ mais pour moi Karine restera toujours la secrétaire.

Vulverine plug anal X-Men DTC Comics

Amateurs de BD olé-olé, rendez-vous dans les autres zones érogènes du blog :
chaleur hivernale
boule et bulles
spécial Manara

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *