Critiques express (13) L’hiver sera chaud

Lexi Belle Christmas loves Un K à part
Lexi Belle is coming!

Comme dirait Martin, winter is coming (NdT : l’hiver est venant). Il est grand temps de s’enfiler sous la couette et se réchauffer aux feux de l’amour.
Au menu, rien que de la bande dessinée avec les cinq tomes de Sunstone (Stjepan Šejić), Petits contes pour grandes personnes (Pylate), Chambre 121 (Boccère) et le tiercé Rêveries : Songes impudiques, Les Soumises : Séances de dressage et Catlady : Dans la chaleur de la nuit (Xavier Duvet). Servez chaud !

Sunstone
Stjepan Šejić
Panini Comics

Jusqu’ici, les seuls Croates dont j’avais entendu parler étaient des criminels de guerre. Quant à Panini, le nom reste associé aux albums d’autocollants de mon enfance, ceux qu’on a tous galéré à terminer. Il manquait toujours deux vignettes pour lesquelles on aurait tué père et mère. Mais comme on savait se tenir, on se contentait de piquer une pièce ou deux dans leur porte-monnaie pour acheter des paquets de stickers.
Sunstone n’a rien à voir avec tout ça. Šejić ne montre aucune velléité de génocide et si tu trouves quelque chose de collant dans l’album, c’est que tu te seras trop tiré sur l’Anouilh.
Cinq tomes au compteur, qui racontent les aventures d’Ally et Lisa, la première dominatrice, la seconde fantasmant sur la soumission. Plutôt qu’un bête bourrinage d’orifices à la whippedass.com, Sunstone mise sur le feutré, l’élégance et les sentiments. Une romance érotique, soft et évocatrice dans ce qu’elle montre, intelligente et humaine dans les personnages qu’elle dépeint. Šejić se concentre sur le relationnel entre Ally et Lisa, personnages attachants dans tous les sens du terme, leur rencontre, leurs jeux, leurs sentiments, leurs doutes, l’évolution de leurs rapports… toutes choses qu’on trouve dans n’importe quel couple, ce qui donne à la série une portée plus large que son strict sujet BDSM lesbien. Si le propos flirte souvent avec l’eau de rose, il se rattrape grâce à ses traits d’humour et son ambiance raffinée.
Le dessin est à tomber par terre, dans un style qui emprunte beaucoup à l’esquisse et au manga sans donner l’impression d’un brouillon ou d’un copier/coller japonisant. Les couvertures supra parlent d’elles-mêmes ; l’intérieur des volumes est du même tonneau, classieux et sans vulgarité.

Couverture Petits contes pour grandes personnes Pylate

Petits contes pour grandes personnes
Pylate
Tapages Nocturnes

Le titre et la couvrante annoncent la couleur : revisiter les contes en version adulte et contemporaine. Un Chaperon rouge plus si petit que ça, une Cendrillon qui ne frotte pas que des parquets et une Alice en vadrouille au pays des merveilles olé-olé. Entre chaque conte, une présentation rapide par une donzelle un peu moins vêtue d’une case l’autre.
Le dessin est très classique, correct dans l’ensemble, avec quelques défauts de nuque et d’angles (certains personnages semblent dotés de dix ou douze vertèbres cervicales). Les histoires se montrent quand même très éloignées des versions originelles. Pourquoi pas si on veut donner dans l’original, mais dans ce  cas, pourquoi être parti des contes ?
Bref une BD pornographique basique, honnête sans être renversante.

Couverture Chambre 121 intégrale Igor Boccère Dynamite

Chambre 121
Suite 121
Boccère

Dynamite

Les aventures sexuelles d’un réceptionniste d’hôtel étalées sur plus de 300 pages, on se dit avant même d’ouvrir le bouquin que le concept va vite tourner en rond et se répéter. C’est pas faux. Vaut mieux éviter de lire Chambre 121 d’une traite, sinon on se retrouve vite gavé. Fragmenter la lecture ne sera pas un souci, puisqu’il s’agit d’un recueil d’une cinquantaine d’historiettes. Suffit d’en lire chaque soir une, deux, trois, quatre, et au premier soupir poussif repousser la lecture des suivantes au lendemain.
La force de cette BD, c’est d’explorer un vaste panel de fantasmes, pratiques et situations pour éviter les redites. Il y en a pour tous les goûts, ce qui ravira les amateurs de diversité. Le revers de cette variété et le découpage en pastilles de six pages qui sautent du coq à l’âne, c’est un manque d’unité globale. Et même en essayant de varier les plaisirs, Boccère a eu la main lourde en traînant cette série pendant des années et autant de pages : la seconde moitié de l’ouvrage est moins emballante que la première, ça s’essouffle et ça se répète, peu importe les efforts du scénariste et du dessinateur (qui sont une seule et même personne). Donc sympa à lire mais à petites doses.
Les récits sont très narratifs, chargés en texte, avec plus de “voix-off” à la première personne, que de dialogues. Le dessin est simple mais pas simpliste, très clair grâce à l’astuce du fond blanc (très utilisée par Gotlib) qui permet de faire ressortir les personnages sans les noyer dans le décor.

Suite 121 est la suite de Chambre 121, sauf que le jeu de mot du titre tombe à plat, notre bon vieux réceptionniste n’étant plus réceptionniste depuis la fermeture de l’hôtel qui servait de cadre à ses turpitudes dans le premier opus.
En fait, tout tombe à plat. Déjà que Chambre 121 avait pas mal tiré sur la corde en s’étalant beaucoup trop et en venant à se répéter sur la fin, mais là le constat est pire. Le charme des débuts n’opère plus depuis un bail et ce volume est répétitif d’entrée parce qu’il raconte peu ou prou la même chose, et en plus mou par-dessus le marché. Dispensable, très dispensable.

Rêveries : Songes impudiques
Les Soumises : Séances de dressage
Catlady : Dans la chaleur de la nuit
Xavier Duvet
Tabou

À la charnière des genres, un trio de BD érotico-pornographiques de Xavier Duvet. Érotisme à travers les ambiances et la mise en scène et porno parce que les dessins ne cachent rien en matière génitale et pénétratoire.
Rêveries : Songes impudiques raconte les rêveries d’Alice, soit une succession de saynètes aléatoires au vague fil rouge scénaristique (très vague…). Duvet revisite Alice au Pays des Merveilles, Le Chien des Baskerville, Ali Baba et les Quarante Voleurs, Frankenstein… Il s’agit d’un des premiers albums de Duvet avec, déjà, ses thèmes de prédilection (tribades, trans, hermaphrodites, domination/soumission, bondage…). J’ai trouvé le style de dessin brouillon sur les scènes en couleur et beaucoup plus agréable sur celles en noir et blanc.
Les Soumises : Séances de dressage, pas besoin de faire un dessin (un comble pour une BD !) avec un titre aussi explicite. Deux histoires tournant autour du thème de la domination/soumission avec son petit assaisonnement fétichiste, lesbien, BDSM. Dessin tout en noir et blanc, et c’est une bonne chose, même si je n’ai pas trop accroché au trait épais. Affaire de goût, en soi rien à reprocher au style, qui a le mérite d’être à la fois réaliste, précis, détaillé sans surcharge. Une BD bien ficelée (c’est le cas de le dire) pour celles et ceux que la thématique intéresse.
Catlady : Dans la chaleur de la nuit nous emmène sur les traces d’une version hyper lubrique de Catwoman. Étant grand fan de la femme-chat – ce qui n’étonnera personne – je ne pouvais passer à côté de cet album. Voleuse de bijoux, Catlady s’introduit chez les riches… et parfois dans les riches. Joignant l’utile à l’agréable, ce personnage au grand cœur n’hésite pas à marquer une pause lors de ses cambriolages pour punir les maris volages et réconforter les épouses délaissés. Fétichisme, lingerie, bondage, sex-toys, pegging, cuir et latex, il y en a pour tous les goûts dans cet album qui fait la part belle aux fantasmes lesbiens (classique chez Duvet). Mon album préféré du bonhomme (ce qui, là encore, n’étonnera personne).

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Publié le Catégories Critiques express

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