Critiques express (23) Milo Manara

J’avais parlé du gars Manara à propos de L’art de la fessée. On reviendra sur son cas à l’occasion d’une chronique dédiée à son œuvre phare, Le Déclic.
Pour patienter en attendant de faire mumuse avec le fameux boîtier à fantasmes, voici un florilège de quelques titres. Le bon côtoie le dispensable, la faute souvent à l’histoire, vu que Manara, s’il excelle sur le dessin, reste un piètre scénariste.

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Projection privée
(Courts métrages et Candide caméra)

Albin Michel / L’Écho des Savanes

Cet album en regroupe deux qu’on peut se procurer à l’unité et qui tournent autour de la télé et du cinéma : Courts métrages et Candide caméra.
Courts métrages est bourré de clins d’œil au petit et au grand écran Fellini, Chaplin…). Son thème évoque le pouvoir de l’image et les excès qu’elle peut entraîner. L’ensemble tient davantage de la revue Metal Hurlant que de l’érotisme, avec des références appuyées à Moebius. Pas un défaut en soi, sauf que l’album a été glissé par l’éditeur parmi le reste des œuvres olé-olé de Manara, autant dire que la lecture ne comble pas les attentes qu’on pouvait en avoir, la charge érotique étant à peu près nulle. Album inégal par ailleurs, avec beaucoup de farfelu, d’absurde et de psychédélique.
Candide caméra est une histoire à sketches, très décousue niveau scénario et plutôt gentillette sur le versant de l’érotisme. Pas la meilleure bande dessinée de Manara.

Le piège
Albin Michel / L’Écho des Savanes

Deux nénettes s’exhibent sur le Net, activité beaucoup moins en vogue à l’époque de la parution de la BD – fin des années 90 – que de nos jours. Une troisième donzelle les rejoint et en piste pour l’aventure ! À l’arrivée, un bon album qui ravira les amateurs de bande dessinée érotique.

Rendez-vous fatal
Albin Michel / L’Écho des Savanes

Un album à la tonalité dramatique, qui voit la femme d’un politicard criblé de dettes se faire violer tous les jours à heure fixe jusqu’à ce que son mari ait remboursé son ardoise. N’ayant aucune appétence pour le fantasme de viol, je n’ai pas du tout accroché à ce Rendez-vous fatal.
(À noter qu’on peut retrouver cette BD et la précédente regroupées dans le double album Noirs desseins.)

Le parfum de l’invisible
Drugstore

Deux volumes au compteur pour ce Parfum de l’invisible. Le premier, capiteux, met en scène un chercheur qui a découvert le secret de l’invisibilité (ou plutôt qui l’a pompé sur H. G. Wells). Le gazier en profite pour se faire plaisir (tu m’étonnes…). Comme on ne peut pas le voir, c’est Miel – personnage récurrent de l’œuvre de Manara – qui occupe le premier rôle “visible” pour enchaîner péripéties rocambolesques et galipettes.
Le second tome, en revanche, ne sent pas la rose, avec un scénario insipide et un érotisme réduit à la portion congrue.
Mieux vaut préférer la version noir et blanc de ces opus, l’édition couleur est moche, criarde et baveuse.

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Publié le Catégories Critiques express

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