Né en 1432 ou 1433 selon les sources, celui qui allait devenir l’abbé des Hessaimes voulait dans sa prime jeunesse devenir dompteur de lions, porté qu’il était sur les fouets et les crinières. Peu enchantés à cette idée, ses parents l’orientèrent très tôt vers une carrière ecclésiastique, seul débouché accessible à leur second rejeton, son frère aîné étant destiné à récupérer le domaine de cette famille de petite noblesse picarde. Au scriptorium de l’abbaye, il se découvre une passion pour le dessin et commence à mettre en scène la vie des moines sous forme de petites vignettes accompagnées de textes : la bande dessinée était née. Un avancement rapide le catapulte à la tête de l’abbaye, où il entreprend de réformer la règle en y introduisant du fouet à foison, parce qu’on revient toujours à ses premières amours. Esprit en avance sur son temps, il invente entre deux prières le martinet, le bâillon-boule et les pinces à tétons, ce qui ne sera pas trop du goût de l’Église, qui aime bien la pénitence mais pas trop la gaudriole. L’abbé des Hessaimes finit brûlé vif pour avoir un peu trop tiré sur la corde. Par chance, certains de ses plus fervents disciples parviendront à échapper à l’Inquisition et, entrés dans la clandestinité, formeront de nouveaux adeptes pour transmettre les enseignements de leur défunt abbé, dont l’héritage perdurera ainsi jusqu’à nos jours.
Aline et les 7 péchés capitaux
Chris
International Presse Magazine
Pour raconter les aventures d’Aline, Chris pond un album moyen. Le dessin n’est pas fou, pas indigne mais pas la réussite de l’année non plus, vu le nombre de mentons foirés bien comme il faut. Le récit ne remportera pas l’Oscar du meilleur scénario : des scènes de boule dont chacune correspond à un des péchés capitaux, le tout raconté par l’intéressée lors de ses confessions auprès d’un curé.
Alors que chez Chris, les femmes ont souvent tendance à servir de jouets sexuels, on a pour une fois une Aline qui mène son monde à la b(r)aguette et s’offre même une scène de domination pour illustrer le péché de colère.
Soumise, T.1 (Kinky Slave)
Soumise, T.2 (Fetish Affaire + Hypnowitch)
Coax
Murano Publishing
Murano Publishing s’y connaît autant en édition que Long John Silver en saut à la perche, on ne sera donc pas surpris que la “série” Soumise n’en soit pas du tout une.
Le premier tome reprend la série qui s’appelait en VO Kinky slave, rééditée par la suite sous le même titre par Dynamite.
Quand au tome 2, il compile deux histoires sans rapports entre elles ni avec le tome 1 : Fetish Affaire, un genre de Cinquante nuances de Grey hardcore aussi nase que son modèle, et Hypnowitch, trois historiettes rigolotes qui voient des mecs transformés par une maîtresse de l’hypnose en bimbos soumises.
Kinky slave
Coax
Dynamite
Ce récit de soumission découpé en trois tomes fait le tour de tout un tas de fétichismes du BDSM. Pas piquée des hannetons si on ne connaît rien au sujet, hyper classique si on est renseigné sur la question. Le résultat n’est ni bon ni mauvais, juste moyen faute de raconter une histoire pour se contenter de pure description. On dirait une version appauvrie du livre Le lien de Vanessa Duriès, qui parvenait à transmettre des sensations et des émotions à travers son texte, là où Coax bande mou question narration.
Le collier
Coax
Murano Publishing
Rare publication de Murano à tenir la route tant sur le plan éditorial que sur le contenu, la chose est assez rarissime pour être soulignée.
On suit au cours de huit historiettes collées bout à bout les aventures sexuelles de Zero, soumise jusqu’aux tréfonds de son âme. Le style cartoon n’est sans doute pas le plus adapté pour le BDSM, mais il fonctionne ici à travers l’esprit que Coax insuffle à son travail. Il s’agit d’une soumission consentie, hardcore dans ce qu’elle montre mais décontractée dans son ambiance, très loin de ce que proposent la majorité des auteurs du genre, très portés sur le viol, le glauque, le malsain.
Liens conjugaux
José Mantega
International Presse Magazine
François, représentant en lingerie, est un queutard invétéré qui se tape toutes les femmes croisant sa route pour combler sa frustration conjugale. Sa femme, Claire, profite des absences de son mari pour s’envoyer en l’air avec sa meilleure amie Vera.
Vu que les gens dans cette BD en sont encore à s’envoyer des télégrammes pour communiquer quand le téléphone ne répond pas, on n’est pas sur du récent, ça sent bon les années 70. Le “scénario” prétexte rappelle ceux des films de Brigitte Lahaie à sa grande époque, dans les mêmes eaux.
Cette histoire serait quelconque si elle ne se pimentait pas de SM à la fois très BCBG, vu la classe sociale des protagonistes, et très nature, sans attirail cuir et latex.
La marquise sadique
Kussomoto
Magic Strip
Histoire imbitable avec un film intitulé La marquise sadique, une école d’art dramatique, un donjon au Brésil, du SM de carnaval, une domina accoutrée comme si elle sortait d’un Mad Max, un kidnapping, des souvenirs qui se posent là comme un cheveu sur la soupe, un arc narratif qui ne va nulle part pour laisser sa place à un autre… On ne pige rien à ce que machin essaye de raconter, comme si Kussomoto dessinait tout ce qui lui passait par la tête, sans trier pour virer ce qui ne fonctionne pas et sans agencer ensemble les éléments qui lui viennent pour essayer de former un tout. Le dessin quelconque ne rattrape en rien le vide narratif. Passez votre chemin.
La marque du maître
Kussomoto
CAP
Comme La maîtresse sadique du même auteur, on n’aura à se mettre sous la dent qu’un immonde gloubiboulga narratif aussi incompréhensible qu’indigeste, servi ici par un dessin abominable. En prime, l’esprit des années 80, où dès qu’une femme râle, elle prend une torgnole. Une belle tartine de chiasse que cet album.
Amateurs et amatrices de BD olé-olé, rendez-vous dans les autres zones érogènes du blog…
Recueils de chroniques :
– fourre-tout
– un petit coup de fouet
– chaleur hivernale
– l’Histoire, avec un grand H et un petit cul
– winter is cuming
– boule et bulles
– cul en vrac
– fesse-tival
– un grand coup dans ton cul
– et paf !
– pas de l’art mais du cochon
– les vingt culs écrivent l’Histoire
– le jeu de l’amour et du braquemart
– une aiguille dans une botte de fions
– quand on tire, on raconte pas sa vie
– coupure de chauffage
– les choses de l’amour
– sur la commode
– chaleur automnale
– le vice sans la vertu
– histoire(s) de fesses
– invitation au voyage
– voyage en classe X
– la vie privée des zobs
– explosion de foufoune
– parc d’attrape-fion
– un jour sans fion
– passage sous tes reins
– scénario catastrophe
– donjons sans dragons
– total rectal
Dossiers :
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