Cérémonie des K d’Or 2018

Aujourd’hui, c’est mon anniversaire ! Une date à marquer d’une pierre blanche dans l’histoire de l’humanité.
C’est aussi le jour tant attendu des K d’Or, récompense suprême de la république des Lettres !

K d'Or les cadors Un K à part

Bon, j’ai peut-être exagéré un tantinet avec la formule “récompense suprême”. En cherchant parmi les 250000 prix littéraires – dont le nombre démontre à lui seul l’inanité – on trouverait peut-être un ou deux prix plus prestigieux.
Avec le mien, pas de chèque à la clé, pas de bandeau rouge, pas de réception avec champagne, petits fours et call-girls à volonté. Prix de pauvre, petit budget oblige… Juste on rigole et c’est déjà pas mal.
Alors après, il y en a toujours un ou deux qui rigolent un peu moins que les autres, mail plein de ouin-ouin, de bruit et de fureur à l’appui. Je rappelle aux rageux que l’emblème du blog est une banane, fruit dont la forme me dispense d’expliciter où vous pouvez vous la carrer.
Bref, on est là pour se faire plaisir, let’s go!

bananes
Si une seule banane ne suffit pas, voici des munitions. Cadeau, ça me fait plaisir.

Cette année, histoire de faire comme les grands, j’ai demandé au graphiste et au responsable de com’ du blog de plancher sur ces fameux bandeaux écarlates. Voici le résultat de leurs travaux pour les éditions 2016, 2017 et 2018 (non, pas de lien sur la dernière date, tu es déjà dessus). À charge pour les éditeurs et auteurs concernés de se débrouilleur avec l’imprimeur…
PS : Les deux clowns ont été virés, j’ai donc des postes à pourvoir, envoyez les CV !

Ce sera le seul changement en 2018, les modalités restent les mêmes que lors des éditions précédentes :
– En lice, tous les bouquins lus depuis le 12 novembre dernier, soit une grosse centaine de titres.
– Un jury limité à l’essentiel : je.
– Si la cérémonie baigne dans l’esprit potache et n’a d’autre vocation qu’amuser la galerie, j’opère quand même la sélection des lauréats avec un minimum de sérieux. Faut que le bouquin 1) soit bon niveau écriture, 2) qu’il me plaise et 3) qu’il me parle. (J’accepte aussi les chèques, virements, paiements en nature et faveurs sexuelles, mais ça n’influe pas sur le verdict.)

Cette année, le discours d’ouverture sera prononcé par Angelina Jolie. Comme d’hab’, au point que je vais l’intégrer dans les modalités des K d’Or 2019.

Angelina Jolie K d'Or 2018

Discours d’ouverture
de la 3e cérémonie des K d’Or

Si vous ressortez des K d’Or, les louloutes, si vous survivez à ma remise de prix, vous deviendrez un auteur, vous deviendrez un prêtre de l’écrit implorant la plume ! Mais en attendant ce moment-là, vous êtes du brouillon, vous êtes le niveau zéro de la vie éditoriale, vous n’êtes même pas publiables, bande de scribouillards ! Vous n’êtes que du littéromane végétatif, des paquets de feuilles blanches, du Twilight ! Parce que je suis une peau de vache, vous me haïrez, mais plus vous me haïrez et mieux vous apprendrez ! Je suis vache mais je suis réglo ! Aucun sectarisme ici : je n’ai rien contre les auto-édités, primo-romanciers ou nouvellistes. Ici, vous êtes sur Un K à part et j’ai pour consigne de balancer tous les bras cassés qui n’ont pas la pointure pour recevoir mon cher prix ! Tas de punaises, est-ce que c’est clair ?
(D’après le sergent Hartman dans Full Metal Jacket.)

KK de bronze Un K à part

Le KK de bronze 2018

E. L. James : Cinquante nuances de Grey
Tout le monde aux abris, étron intergalactique en approche ! Le top du top dans son genre !
Personnages insipides, dialogues débiles, style niveau CP, rien à sauver, affligeant de A à Z.
Côté érotisme, soi-disant y en aurait, je le cherche encore. Même un épisode de Derrick est plus excitant et tu avoueras qu’il faut en vouloir pour se tirer sur la nouille devant Horst Tappert.
En prime, un message malsain idéalisant les pervers narcissiques, seuls aptes à faire connaître l’Amour aux faibles femmes. Ben voyons…

Détournement Cinquante nuances de chiasse par Un K à part

Le plus dur est passé, on va pouvoir parler de vrais bons bouquins.
Mon contact à Ouashinetone dit qu’on n’a pas affaire à des élèves mais qu’on a affaire aux professeurs. Quand un éditeur veut sortir un livre qui ne doit pas échouer, c’est à eux qu’il fait appel pour le rédiger. C’est le genre d’auteurs qui boiraient un bidon d’encre pour pondre du texte même pendant qu’ils sont aux gogues. Ces gens-là, tu les largues au pôle Nord, sur la banquise de la page blanche avec un slip de bain pour tout vêtement, sans un stylo à bille, et demain après-midi tu les vois débarquer dans ta maison d’édition avec un manuscrit sous le bras et la tête bourrée d’inspiration. Ces gens-là sont des professionnels. S’ils ne reçoivent pas de K d’Or, on sautera tous et il ne restera plus qu’un grand trou au beau milieu de la bibliothèque. Alors on va trouver ces gens, lire leurs bouquins et leur filer un prix.
(D’après Terrain miné, avec Steven Seagal. )

K d'Or les cadors Un K à part

Les K d’Or 2018 vont à…

Dans la catégorie
Champions olympiques du lancer de plume

– Morgane Caussarieu : Techno Freaks et Dans les veines
– Paul Colize : Zanzara
– Anthelme Hauchecorne : Âmes de Verre

Quatre bouquins qui a priori n’ont rien à voir et pas beaucoup plus a posteriori. Deux points communs quand même.
D’une, les personnages principaux appartiennent à la grande famille des gens borderlines, freaks, marginaux.
De deux, ces quatre titres sont des sans-faute. Mécanique de précision niveau intrigue, narration, construction, dialogues, personnages. Romans qui ne se contentent pas d’être de belles histoires mais te racontent quelque chose en plus à travers les thèmes abordés. Recherche du mot juste.
Les trois loustics sont d’excellents faiseurs, d’excellents conteurs et d’excellents stylistes. La totale.

Dans la catégorie
La lecture n’attend pas le nombre des années

– Morgane Caussarieu : Rouge Toxic
– Tiphaine Croville : pour l’ensemble de la trilogie Phitanie

Ces titres jeunesse ne contiennent aucune licorne mais ils sont très bien quand même (sans doute pour cette raison, d’ailleurs). Ils sortent du lot pour leurs choix d’écriture intéressants, qui les démarquent du YA lambda et calibré. En prime, ils ont su me renvoyer à mes vertes années de lecteur. À mon âge, les cures de jouvence, ça n’a pas de prix.
Caussarieu – ma grosse révélation de l’année avec un triplé couronné – parvient à se renouveler dans son domaine vampirique sans se renier pour autant. Elle joue sur les codes du vampire et j’adore ça.
Croville, j’attendais de voir comment Destinée allait boucler sa trilogie et je n’ai pas été déçu : le dernier tome tient ses engagements et le cycle assure du début à la fin. Une première publication qui pose de bonnes bases d’écriture et une auteure pleine de promesses.

Dans la catégorie
Que quelqu’un réédite ce bouquin, nom d’une banane flambée !

– Maxime Gillio : Batignolles Rhapsody

Une de mes rares relectures de cette année et un des meilleurs bouquins du sieur Gillio. Titre épuisé et c’est bien dommage. Si personne ne se décide à le rééditer, je me verrai dans l’obligation de déployer l’Étoile noire. Il y aura encore une grande perturbation dans la Force et ça va piquer aux fesses.

Batignolles Rhapsody K d'or 2018

Dans la catégorie
Croiser les effluves, c’est bien

– Clément Bouhélier : Olangar
– Patrick Mc Spare : Harley King

Les genres étant ce qu’il sont – mi-artificiels mi-usés jusqu’à la corde – je kiffe quand des auteurs gomment les frontières et redessinent la carte littéraire.
Olangar combine fantasy, thriller politique, aventure, steampunk et western avec en prime une réflexion sociale.
Harley King associe polar et urban fantasy, avec des touches de thriller et de comics (à noter que ce bouquin a été une formidable source d’inspiration pour l’interview la plus délirante de tous les internets).
Deux excellents titres pour sortir des chemins balisés.

Dans la catégorie
Histoire et […………]

– Fabien Clavel : Le châtiment des flèches
– Claude Vasseur : La dernière croix
– Laurent Whale : Les pilleurs d’âmes et Goodbye Billy

Histoire et fantasy (Clavel), histoire et polar (Vasseur), histoire et SF (Whale), histoire, western et thriller (Whale 2, le retour).
Là où d’autres confondent les métiers de romanciers, historiens et encyclopédistes, ces trois auteurs savent mixer documentation historique et fiction dans de justes proportions. Avec en prime le croisement de genres qui va bien.

Dans la catégorie
C’est vieux mais ça fonctionne encore

– Pierre Louÿs : Manuel de civilité pour les petites filles à l’usage des maisons d’éducation
– Fred Saberhagen : Les Berserkers
– Norman Spinrad :
Le chaos final / Ces hommes dans la jungle

Parce que chroniquer des bouquins, ce n’est pas juste parler des dernières sorties pour faire du buzz sur l’actu.
Des siècles de littérature avant nous, ce serait ballot de ne pas en profiter.

Quand j’avais dit que les bandeaux étaient la seule nouveauté de l’année, j’ai menti. Je sais, pas bien, bouh le vilain, tout ça, tout ça.
Or donc s’ajoute une “mention spéciale” qui se rapporte à l’objet-livre.

Mention spéciale
Beau dehors et bien dedans

– Terry Pratchett : Tout Ankh-Morpork chez L’Atalante
– Anne-Céline Dartevel, Marin Ledun, Elena Piacentini & Carlos Salem : Autour de minuit aux éditions in8
Stéphane Melin : L’Appel des Élements (tomes 1 et 2), auto-édité

Catégorie particulière pour la qualité éditoriale de ces bouquins qui en jettent. Les deux premiers, c’est le grand luxe, on dirait des éditions collector tellement elles sont superbes. Le dernier atteint une qualité professionnelle qui le démarque de bien des bricolages auto-édités.

Ainsi s’achève la remise des K d’Or 2018. Une très bonne année de lecture dans l’ensemble, avec un paquet de découvertes… et beaucoup d’attentes pour la suite.

Je profite de cette cérémonie pour adresser mes remerciements aux gens qui suivent Un K à part ici et sur les réseaux sociaux. C’est une banalité de le dire, mais ça n’en est pas moins vrai : un blog n’est rien sans ses lecteurs. Merci pour les likes, partages, commentaires publics et mots doux en privé. Merci du temps de lecture que vous me consacrez et de l’intérêt que vous portez à mes élucubrations.
Avec une pensée particulière – le K d’honneur – pour la poignée de fidèles qui m’a soutenu à la charnière de septembre-octobre quand je me suis ouvert à eux de mes doutes sur la poursuite de ce blog. Je vous revaudrai ça.
Show must go on!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *