Coup de projecteur : Sophie Jomain

Sophie Jomain… Son nom revient souvent sur Un K à part. Ça doit beaucoup à une conversation au retour de la Nuit des Livres d’Esquelbecq en juillet 2016. La même année que la naissance du blog. Le même mois. Oh ! quelle coïncidence ! L’idée d’un blog littéraire me travaillait depuis un moment, cette discussion a fait tilt.
Sophie, je l’aime bien et j’aime bien ses bouquins. D’où cette mise en lumière. Je sais, lui mettre un coup de projecteur dans la figure, c’est pas une façon de la remercier. Mais un peu quand même.

Sophie Jomain princesse Leia Star Wars

Marraine involontaire du blog, Sophie Jomain inaugure aujourd’hui une nouvelle série de publications : les portraits d’auteurs sauce Un K à part.
En quoi consiste cette fantaisie ?
Présenter quelqu’un qui écrit des bouquins (un portrait d’auteur, quoi), un peu comme dans une interview sauf qu’il s’agit de la version monologue : y a que moi qui parle. Pour dresser ce portrait, je pars des informations officielles (site de l’auteur, Wikipedia, interviews, notices biographiques fournies aux salons…) et derrière, je remplis les blancs en inventant de toutes pièces.
Note pour ceux que ma méthode dérangerait : je rappelle que j’ai suivi un cursus universitaire dédié à la chose historique, formation qui donne les compétences ainsi que le droit de réécrire et manipuler l’Histoire.
Maintenant que les bases rigoureuses (hum…) de l’exercice sont posées, place à la star du jour !

Sophie Jomain Wonder Woman portrait Un K à part unkapart

Sophie Jomain
Portrait d’une Wonder Woman

Concernant l’ascendance prestigieuse de Sophie, je vous renvoie à mon article Les anges ont le drapeau rouge, dans lequel j’établis de façon indéniable (sic) sa filiation avec rien moins que Karl Marx.
Sophie naît le 10 décembre 1975 à Villefranche-sur-Saône. Fatigués de se tourner les pouces depuis près de deux mille ans, les rois mages rendent visite au bambin et lui apportent trois cadeaux précieux : de la myrrhe, des M&M’s à la cacahuète et un tube de rouge à lèvres destiné à laisser une trace indélébile sur bien des dédicaces (voir figure 1).

Dédicace apocryphe Sophie Jomain Le monde de Fleurine Rétoré
Fig.1 Bisou magique

Cette enfant aussi rebelle que dynamique se lance dans moult entreprises téméraires. Ainsi, à peine en âge de marcher, Sophie fugue en tricycle rose et blanc pour découvrir le vaste monde (voir figure 2).
Son voyage la mène en Cappadoce pontique où elle rencontre Hippolyte, dont le nom rime avec marque-page (private joke). La reine des Amazones assure à Sophie une formation de super-héroïne et la charge de protéger la planète sous l’identité de Wonder Woman. Bien des années plus tard, lors d’un congrès réunissant des porteurs de capes, elle croisera la route d’un certain Batman, mais ceci est une autre histoire.

FLR 2019 tricycle rose et blanc
Fig.2 L’objet est aujourd’hui exposé au Musée des Invalides, entre l’armure de Philippe Auguste et la chaise percée de Louis XIV.

De retour en France, Wonder Sophie entreprend un tour du monde à la nage en suivant le rebord de la Terre – qui est, comme chacun sait, plate, il n’y a pas à revenir sur la chose, mainte fois démontrée (voir figure 3). Ce périple imprimera son œuvre à venir, en témoigne le temps que passent les héroïnes de ses romans en milieu humide (sous la douche, dans une baignoire ou encore en baie de Somme où il pleut 364 jours par an).

Carte tour du monde de la Terre plate
Fig.3 Le trajet filmé depuis l’espace par le satellite PlatistSat 3.

À l’âge de 18 ans, on retrouve Sophie exilée dans la perfide Albion, chanteuse de jazz dans un piano-bar. Pendant son temps libre, elle entreprend la construction d’une tour près de Wick, en Écosse. Cette bâtisse servira plus tard de cadre à son œuvre phare (de Noss Head).
Sa maîtrise de la langue anglaise la conduit aux States d’Amérique où elle tente de percer dans le cinéma. Son rêve d’incarner la princesse Leia dans Star Wars (voir photo en tête d’article) ne se concrétise pas, la faute à un maniement pour le moins aléatoire du pistolet laser, qui cause la mort d’une douzaine de techniciens lors du casting.
Sophie repart en France, sur les bancs de l’école pour apprendre un vrai métier plutôt que jouer les saltimbanques à Hollywood. Diplômée d’une école de commerce, elle se rend compte que la voie du capitalisme la conduira en l’enfer pour l’éternité. Elle se tourne alors vers l’archéologie, profession qui consiste pour l’essentiel à profaner des tombes. Est-ce que c’est tellement mieux au fond ? (Clin d’œil à la guéguerre universitaire entre les gentils historiens tout propres comme moi et les méchants archéologues couverts de poussière et de boue.)
Démarre alors un nouveau cursus qui la voit manier truelle et pinceau, pratiquer la brouette lyonnaise, se passionner pour la Gaule (avec une majuscule) et expliquer à des vieux barbons qu’une herminette et une hache de guerre c’est pas tout à fait pareil. Pressentie pour incarner Lara Croft au cinéma, elle refusera le rôle au profit d’Angelina Jolie pour donner naissance à une petite fille (voir figure 4).

Lou dessin super heroine
Fig.4 Super Lou, la fille de Super Sophie (j’ai jamais prétendu être un super dessinateur).

Sophie se lance alors dans l’écriture d’un roman, le premier tome de la série Les Étoiles de Noss Head. Depuis, on ne l’arrête plus !
Fantastique young adult (Noss head), romance paranormale (Pamphlet contre un vampire), urban fantasy (Felicity Atcock), comédie romantique (Cherche jeune femme avisée, D’un commun accord, Gâteau d’amour, Fais-moi taire si tu peux), comédie policière (Thérapie du crime), témoignages de mineurs isolés (Je suis migrant et je souris), artbook (Apocryphe), romans psychologiques (Quand la nuit devient jour, Et tu entendras le bruit de l’eau), quelques nouvelles, soit une bibliographie galopante et touche-à-tout en peau de joie (c’est comme une peau de chagrin mais qui s’agrandit au lieu de rétrécir).

Sophie Jomain Azkaban prison Harry Potter Have you seen this wizard par Un K à part unkapart

Entre deux manuscrits à elle, Sophie se penche aussi sur ceux des autres. Du temps où elle fut directrice de la collection Pepper pour L’Atelier Mosésu, on citera Journal d’un marchand de rêves d’Anthelme Hauchecorne et L’autre monde, premier tome de la série Phitanie de Tiphaine Croville (qui atterrira finalement chez Rebelle Éditions suite à la fermeture de Mosésu).
Et comme si cela ne suffisait pas à remplir son emploi du temps, Wonder Jomain baigne jusqu’au cou dans l’événementiel littéraire, comme organisatrice de salons du livre avec Orcus Événements (Nuit des Livres d’Esquelbecq jusqu’en 2016, Envie de Livres jusqu’en 2018, Halliennales, Festival du livre romantique).
Aujourd’hui, Sophie Jomain vit dans les Hauts-de-France, sauf que chez nous on appelle toujours ça la Picardie. (Petite concession à l’académisme, vu le nombre de biographies en quatrième de couverture qui se terminent sur “l’auteur vit aujourd’hui à tel endroit”, comme s’il s’agissait de l’info du siècle, primordiale pour comprendre son œuvre.)

Dédicace Fred Sophie Jomain Festival du livre romantique 2019 Dunkerque
Si tu regardes bien, c’est marqué “pour Fred”. Hé, hé !

Une auteure à part

J’ai découvert le travail de Sophie par le biais d’une relecture du manuscrit de Les anges ont la mort aux trousses co-écrit avec Maxime Gillio. Hasard du calendrier, une semaine plus tard, on se rencontrait IRL lors d’une dédicace à la librairie Studio Livres d’Abbeville. Je me rappelle avoir acheté Les anges mordent aussi. Je l’ai lu, il m’a bien fait marrer. L’engrenage fatal. Depuis que j’ai mis le doigt dedans (dans l’engrenage, j’entends), plus moyen de m’en dépêtrer.
Le deuxième titre a été Quand la nuit devient jour. Un tournant. J’ai découvert que Sophie, en plus d’être une auteure rigolote qui assure le taf en littérature de divertissement, était aussi une auteure avec des choses à dire, profondes et sources de réflexion. C’est là que je suis passé de “intéressé par son travail” à “admiratif”.
À partir de là, je me suis enfilé tout Jomain (sa bibliographie, j’entends). Verdict : très bonne auteure, avec un renouvellement dans les genres, des tonalités très variées allant du comique au tragique, un travail sur l’écriture dont le style s’est amélioré de livre en livre, un propos intelligent, qu’il forme la base de certains ouvrages (i.e. l’euthanasie et la dépression dans Quand la nuit devient jour) ou se promène mine de rien en arrière-plan (i.e. le harcèlement scolaire dans Pamphlet contre un vampire).
J’ai trouvé dans chacun de ses livres quelque chose d’intéressant et ce alors que je me situe à mille années-lumière du lectorat visé par la plupart d’entre eux sinon tous. Le young adult, j’ai passé l’âge. La romance, c’est pas mon truc, je suis plutôt polar, SF, fantasy. Tout ce qui entre dans les catégories fourre-tout de la “littérature blanche” et de la “littérature contemporaine” a tendance à me plonger très vite dans un profond sommeil. Et pourtant…
C’est ce qui fait selon moi la marque d’un bon livre (et donc d’un bon auteur). Cette capacité à dépasser son cœur de cible, à atteindre une portée plus large que ce que prévoient les études de marché et les petites cases étriquées des éditeurs.

Non contente d’être une auteure qui en a sous la pédale, Sophie est aussi une personne des plus adorables. À l’écoute, généreuse, prévenante, débordante de chaleur et d’attentions, Sophie mériterait d’être inscrite au patrimoine de l’humanité, parce que de l’humanité, elle en a beaucoup.
Bravo et merci !

Intégrale collection bibliographie Sophie Jomain romans et nouvelles

Bibliographie

Interviews

Sophie Jomain Fred Un k à part unkapart FLR 2019
Bisou Sophie !

L’ensemble de la documentation iconographique (photos, dessins, montages…) de cet article est issu des ateliers Un K à part. Merci de citer la source si vous les repostez à droite à gauche (ainsi qu’en haut, en bas, au milieu ou dans n’importe quelle direction).

2 réflexions sur « Coup de projecteur : Sophie Jomain »

  1. Hello, bravo pour ce portrait rigolo. J’en ai appris plus sur Wonder Sophie et apres avoir lu Noss Head et Felicity, j’ai encore plus envie de la lire et la rencontrer.
    Belle continuation
    Bisous ( sans trace..)

  2. Merci ! Ce portrait a été un plaisir à écrire et j’espérais bien qu’il donne envie de lire Sophie et de la découvrir, tout comme les prochaines victimes sur ma liste. ^^

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *