Terreur in the pocket (1)

De la terreur plein les poches… ou pas, avec ce premier volet consacré à cinq titres dispensables parus chez Pocket dans la fameuse collection rouge et noir.

Collection Terreur Pocket Anne Rice Peter Straub Robert McCammon Garfield Reeves-Stevens

Soif de sang
Robert McCammon

Les vampires prolifèrent dans la ville de Los Angeles qui, comme par hasard, se retrouve isolée du reste du monde par un tremblement de terre. Quelque part, tout est dit : ce bouquin fait le taf dans l’ensemble mais sans se priver de grosses ficelles un peu trop faciles. Le choix de la cité des anges pour donner de l’ampleur à l’invasion, oui, mais c’est grand Los Angeles et très peuplé. D’où pas mal de virées à droite à gauche pour suivre telle ou telle personne, telle ou telle action, tel ou tel lieu… Le procédé de la mosaïque ne marche pas à tous les coups et donne une sensation générale d’éparpillement, avec trop de personnages qui passent et rapassent (ou trépassent), sans être assez approfondis ou sortir assez du lot pour qu’on s’intéresse plus que ça à l’un ou l’autre. À vouloir tout raconter de tous les côtés, McCammon accouche d’un roman en dents de scie niveau rythme et intérêt : le prologue est bon, la présentation et le développement longs et mous, le dernier acte pêchu mais torpillé par un dénouement foireux.
Donc pas mauvais, mais trop classique – voire trop facile – dans ses ressorts narratifs, à la fois trop touffu et trop superficiel, bref trop long pour ce que c’est faire.

Le violon
Anne Rice

De la nouvelle La Musique d’Erich Zann de Lovecraft aux violoneux à mulet sur YouTube, on le sait tous, le violon ouvre en grand une porte sur l’horreur indicible. Celui d’Anne Rice n’échappe pas à la règle : une horreur littéraire.
Deux bons points : 1) beaucoup de choses à découvrir sur la musique classique (mais est-ce vraiment le sujet ?…) ; 2) par rapport à certains pavés de Rice, on s’en sort bien avec trois cent quarante et quelques pages. Sauf que l’histoire aurait pu tenir sur la moitié. Il y a une quantité phénoménale de redites dans les propos et pensées de l’héroïne ! Sachant qu’en plus, ces propos et pensées dégoulinent de pathos, d’auto-apitoiement, de déni, de ouin-ouin… Imbuvable.
Le violon aurait pu être une bonne nouvelle, à l’arrivée c’est un mauvais roman.

Le lien maléfique
Anne Rice

Premier tome de la Saga des sorcières… et dernier pour moi qui ai eu du mal à survivre à cet indigeste pavé d’ouverture.
Le gros travail de construction généalogique autour de l’héroïne est certes bien fait et pose beaucoup d’éléments mais trop pour une simple présentation : 750 pages de worldbuilding et pas grand-chose à côté. Le lien maléfique ressemble moins à un roman qu’à une mise au propre de notes de travail pour construire le background d’une famille de sorcières.
S’ajoutent les mêmes défauts que Le violon de la même auteure : redites à foison, digressions à l’envi, héroïne amorphe qui passe son temps à végéter, ressasser, larmoyer.
Alors maléfique, d’une certaine façon, oui, parce que ce bouquin assommant fait très mal aux yeux, à la tête et à la réserve de patience du lecteur.

Mr. X
Peter Straub

Encore un bouquin qui aurait pu être bien meilleur s’il avait été plus court. Multiplication de détails, de personnages, de bouts d’intrigues qui ne mènent nulle part, même l’auteur semble s’être perdu dans son labyrinthe. Touffu et confus. Dommage vu le potentiel de cette histoire à la croisée des chemins, avec dedans du fantastique, de l’enquête, de la quête, du Lovecraft, du double maléfique, du tueur en série, des secrets de famille. De bonnes idées noyées par un déluge logorrhéique.

Contrat sur un vampire
Garfield Reeves-Stevens

Bouquin ni bon ni mauvais, qui aurait pu… qui a plus ou moins… mais pas que tant ça… mais ça passe le temps…
Une bonne idée de départ que la confrontation de deux machines à dézinguer du pékin : une vampire et un tueur à gages. Et c’est à peu près tout.
Si on aime l’action et les rebondissements, y en a, donc on peut y trouver son compte. Après, faut pas s’attendre à des folies d’originalité, tout est classique, prévisible et attendu comme un cahier des charges d’actioner hollywoodien.
Développer le background de l’univers aurait donné une profondeur intéressante. Mais c’est pas fait. Comme dans les films Blade et Underworld, qui esquissent une société vampirique complexe pour ne rien en faire derrière, parce que baston, bagarre, tatane. Donc on a ici un vampirisme présenté sous l’angle scientifique d’une maladie et point. Le monde des vampires reste superficiel alors qu’il y avait de quoi approfondir. Le bras armé des Jésuites pareil.
On ne passe pas un mauvais moment en termes de détente, mais ça ne vole pas bien haut. Alors que ça aurait pu si l’auteur avait bossé au lieu de se contenter de la facilité. Gâchis.

Collection Pocket Terreur

De la terreur à en retapisser ses fonds de culotte

Publié le Catégories Critiques express

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