Cérémonie des K d’Or 2017

A l’occasion de mon anniversaire, comme l’an dernier, c’est bibi qui distribue les cadeaux : les K d’Or, la récompense littéraire ultime, mieux que le Goncourt, le Renaudot et le Tutti Quanti réunis. De quoi faire gonfler les chevilles des récipiendaires au moins autant que les miennes.

En quoi consistent ces K que la république des Lettres attend chaque année avec impatience ?
Un K à part monte un jury – là, je reconnais, concept pas super original, j’ai repiqué l’idée aux autres prix. Petit budget, petit collège, il se compose en tout et pour tout de moi. J’aurais pu inviter des auteurs et des éditeurs à voter, mais bonjour le conflit d’intérêt. Consœurs et confrères d’Internet, pourquoi pas, sauf que la diversité des goûts et des lectures aurait entraîné des délibérations à n’en plus finir. Quant à choper des gens au pif dans la rue, pas envie de finir au poste pour harcèlement.
En outre, comme disent les fabricants de gourde, un jury de un représente le summum du pratique. Tu tombes vite d’accord avec toi-même en général. Pour les auteurs et éditeurs en mal de lauriers, moins de gens à soudoyer ; pour les jurés ripoux, moins de petits camarades avec qui partager la galette.
Une fois en place, l’auguste jury passe en revue l’ensemble des chroniques parues sur le blog depuis le 12 novembre de l’année précédente. Enfin, ça, c’est la version officielle. En vrai, je prends des notes tout le long de l’année pour éviter de passer huit heures d’un coup à me relire la veille du jour J.
La sélection s’opère sur la base de 178 critères. Passons sur les 175 fictifs qui ne servent qu’à gonfler le chiffre, sauf erreur de calcul il en reste autant que le cheval d’Homère :
1) les qualités objectives d’écriture ;
2) le plaisir subjectif de lecture ;
3) à la charnière des deux, le bouquin doit être capable de me dire quelque chose au-delà de l’histoire qu’il raconte et de la façon dont il la raconte.
En résumé, ça vaut que ça vaut.

Grâce à Photoshop, tout devient possible…

Cette année, la cérémonie est présentée par Angelina Jolie (encore) et Jean-Claude Van Damme (parce que).

Le KK de Bronze 2017

Anonyme : Le livre de la mort
On commence par la purge pour être débarrassé. Deux ignominies en lice, Le livre de la mort l’emporte d’une courte tête. Tellement mauvais que j’envie les autres moi qui, dans des univers parallèles, auront échappé à cette lecture pénible. Mes yeux saignent, je veux mourir…


Les K d’Or 2016 vont à…

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Il fallait un libellé conventionnel, c’est tombé sur la fantasy

Cédric Ferrand : Wastburg
A la place des dragons, des elfes et des brouettes d’objets magiques, des choix d’écriture qui sortent des sentiers battus. What else?

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L’envahisseur

Marc Falvo
Six volumes de Série B plus un bonus (Aenigma), D’occase, Le Cri, Terreur Terminus. Ce type me prend un fric fou, un temps fou et, dans ma bibliothèque, une place folle. C’est pour la bonne cause, je ne lui en veux pas.

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De 9 à 99 ans (plus ou moins)

Jess Kaan : Créature du miroir
Anthelme Hauchecorne : Le Carnaval aux Corbeaux
Deux bouquins estampillés jeunesse qui parleront aussi aux plus vieux. Ambiance plus sombre que le Bisounoursland habituel, références bien utilisées, très belles plumes, que du bon (et pour me faire apprécier du jeunesse, faut se lever tôt). Offrez-les à vos enfants pour Noël, ensuite volez-leur. Toute la famille en profitera, tout le monde sera content (plus ou moins).

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Ça pique et c’est pour ça qu’on aime

Maxime Gillio : Ma fille voulait mettre son doigt dans le nez des autres
Pour avoir lu une quinzaine de romans avec des autistes dedans cette année, faut croire que ce trouble est tendance. Je rappelle aux auteurs que les autistes ne sont ni des jouets ni des phénomènes (de foire comme de mode). Ce bouquin fait exception à deux titres : pas un roman mais une histoire vraie, et l’auteur sait de quoi il parle, lui. Dur, tendre, drôle, sérieux, grave, cynique, le bouquin le plus humain que j’aurais lu cette année (et pour me titiller sur cette fibre, faut s’accrocher à ses bretelles).
Morgane Caussarieu : Chéloïdes
Là encore, ça fait plaisir de voir un auteur qui sait de quoi elle parle (version maison de l’écriture inclusive, tu reprends le sujet masculin par un pronom féminin, y en a pour tous les goûts). Errance et souffrance au programme sur fond de milieux underground qui ne versent pas dans le pittoresque de bazar.

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Ma PAL est tellement longue qu’on l’appelle Rocco,
mais je me paye quand même le luxe de relire des bouquins

– Chuck Palahniuk : Fight Club
– Emmanuel Leroy-Ladurie : Montaillou, village occitan
– Maurice Pinguet : La mort volontaire au Japon
Trois incontournables qui allient le fond ET la forme sur des sujets parfois inattendus.

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Autocongratulation parce qu’on aurait tort de se priver

– Elena Piacentini : Carrières Noires
– Patrick McSpare : Mérovingiens
– Marc Falvo : D’occase
Les trois chroniques sur lesquelles je me suis le plus éclaté cette année, bien aidé par le matériau inspirant. Excellents bouquins, très belles plumes, un caviar à chroniquer.
Pour la route, j’ajoute l’intro de la chronique de L’outre-blanc (Oksana et Gil Prou) qui me fait toujours autant marrer. Sa place est dans un musée.

Classe et élégance.

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Nouvelles têtes, vieux souvenirs

Tiphaine Croville : Phitanie (L’autre monde et Les quatre royaumes)
Sire Cedric : L’enfant des cimetières et Du feu de l’enfer
Patrick McSpare : Mérovingiens
Trois plumes intéressantes, chacune dans des styles et genres différents (fantasy pour Tiphaine Tarte Aux Fraises, historique pour Patrick Piou-piou, fantastique/thriller pour Cédric Rock’N’Roll). Trois découvertes sur le papier, assorties des “premières rencontres” parmi les plus marquantes lors de mes virées en salons de cette année (nouvelles têtes, récents souvenirs). Des bouquins qui m’ont ramené 30-35 ans en arrière, catapulté dans le temps et les vieux souvenirs. La Phitanie et ses pégases m’ont renvoyé à ma première lecture en solo (Les plus belles histoires de la mythologie), Mérovingiens aux romans d’aventures pleins d’Histoire (Les Trois Mousquetaires, Michel Strogoff, Le capitaine Fracasse…), mister Angelizer à mes premiers pas dans l’horreur/épouvante (la collection Terreur de Pocket, la fameuse).

Voilà pour cette année, rendez-vous en 2018 !

6 réflexions sur « Cérémonie des K d’Or 2017 »

  1. Génial, j’en ai lu « encore » aucun, mais certains sont dans ma PAL 🙂

    Je vote pour la meilleure catégorie : « Ma PAL est tellement longue qu’on l’appelle Rocco,
    mais je me paye quand même le luxe de relire des bouquins » avec une incompréhension forte, je ne peux pas relire mes bouquins si je suis si en retard dans ceux à découvrir :). Ma seule exception, la série de Karen Marie Moning : les Fever…

    1. Perso, je fais au plus simple : je considère que je ne suis jamais en retard dans mes lectures. Comme ça, je lis ce que je veux quand je veux et ça prend le temps que ça prend pour avancer dans ma PAL. (Très vandammien en fait, comme philosophie. 😀 )

  2. C’est un véritable honneur pour moi de remporter un K d’Or … Et un plaisir d’avoir découvert la nouvelle friandise littéraire que constitue ce discours de remise des prix 🙂 Merci à toi, Fred !

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