Les Chroniques de la Lune Noire – François Froideval

J’en avais parlé vite fait il y a trois ans à l’occasion d’un article sur les lectures de vacances, l’heure est au retour exhaustif sur une saga qui occupe une grosse place dans ma bibliothèque et m’a poursuivi une bonne partie de ma vie : Les Chroniques de la Lune Noire.

Les Chroniques de la Lune Noire François Froideval intégrale présentation

Trente ans que ça dure ! Vingt-neuf albums en comptant préquelle, hors série et spin-off ! À la fois marathon, monstre imposant et gouffre financier, ce sont Les Chroniques de la Lune Noire !
On va régler d’emblée la question fatale. Est-ce que la série vaut le coup d’investir 400 € pour son ensemble ? Ensemble qui n’est d’ailleurs pas terminé, la “saison 2” suit toujours son cours.
Non.
Hors de prix pour ce que c’est faire. Le scénario pèche très souvent, s’embourbe et traîne en longueur et on termine plus d’un album en se disant “tout ça pour ça”. La préquelle En un jeu cruel est nase mais quasi indispensable pour obtenir quelques bouts de réponses aux questions que la série principale n’a pas su donner. La qualité des Arcanes est aléatoire. Le spin-off Methraton est à éviter, catastrophique.
Cela dit, la série reste un monument de la bande dessinée heroic fantasy, ce serait dommage de passer à côté sans y jeter un œil. Elle n’est pas mauvaise, loin de là, avec même d’excellents tomes à ses débuts, elle a surtout le gros défaut de s’être étirée ad nauseam. Drame d’une saga qui a très bien démarré mais n’a pas su s’arrêter à temps et qui, au lieu de resserrer son propos, l’a étiré en mode Olive et Tom (quarante pages pour te raconter un bout d’histoire qui tiendrait aussi bien en trois planches), en plus de s’être perdue en séries dérivées et suites dispensables…
À ceux qui veulent tenter l’aventure, je conseillerais de se limiter au cœur des Chroniques, à savoir les tomes 1 à 14. Empruntez les deux ou trois premiers tomes en bibliothèque pour vous faire une idée. Si vous n’accrochez pas, laissez tomber, vous n’aimerez pas la suite. Si cette découverte vous botte, procurez-vous les albums de la saison 1 et si vous n’êtes pas repus à (ou déçus par) la fin du numéro 14, vous pourrez compléter avec le hors-série (L’Empire de la Négation) et les Arcanes.

Pour ma part, je continuerai jusqu’au bout. Je ne me suis pas tapé trente ans de Chroniques pour craquer à trois mètres du bol de sangria. C’est une série que j’aime beaucoup pour ses qualités et malgré ses défauts. Au rang des qualités, l’ampleur, les batailles titanesques, l’humour potache, le côté gros bill et bourrin assumé, les personnages de Whismerhill, Pile-ou-Face, Ghorghor Bey et l’éphémère Feydreiva.
S’ajoute un attachement tout ce qu’il y a de subjectif. À l’heure actuelle, je ne guette plus les sorties comme aux premiers temps, la saison 2 ne m’emballe pas plus que ça, et pourtant… Trente ans, quoi, ça crée des liens. Une BD que j’ai découverte à l’adolescence, période charnière s’il en est, il en reste toujours quelque chose. Un parfum de nostalgie…
Première fois que j’ai mis le nez dans les Chroniques, c’était en 1989, j’avais 13 ans. Plusieurs planches du premier tome avaient été reproduites en encart d’un numéro du magazine Casus Belli (fondé par le même Froideval en 1980). En les voyant, je m’étais dit “wow !” et j’avais foncé chez mon libraire acheter Le Signe des ténèbres. Depuis la série m’accompagne sans qu’on sache trop qui d’elle ou de moi a vu grandir l’autre.
Les Chroniques de la Lune Noire sont toujours rattachées dans mon esprit à cette époque d’insouciance, la dernière avant que ne démarre le voyage au bout de la nuit. Le temps béni du jeu de rôle sur table, avec beaucoup d’Advanced Dungeons & Dragons, l’inspiration majeure desdites Chroniques. Ce Signe des ténèbres et les quatre volumes suivants font partie d’un tout lié à l’ambiance de cette période, à la construction de mon imaginaire, à la découverte d’une tripotée d’auteurs cités dans les magazines de JdR (Casus et Dragon), à l’écriture de mes premières vraies nouvelles. Toutes choses qui font encore partie de mon quotidien aujourd’hui.
D’où un rapport pas toujours très objectif aux Chroniques de la Lune Noire, très marqué par l’affectif, où l’émerveillement et la déception sont surressentis. Comme un ado, quoi.

Les Chroniques de la Lune Noire Arcanes intégrale Froideval Ledroit Pontet Angleraud

L’univers de la Lune noire

Opus I – Les Chroniques de la Lune Noire
0 – En un jeu cruel (2011)
1 – Le Signe des Ténèbres (1989)
2 – Le Vent des Dragons (1990)
3 – La Marque des Démons (1991)
4 – Quand sifflent les serpents (1992)
5 – La danse écarlate (1994)
6 – La Couronne des ombres (1995)
7 – De vents, de jade et de jais (1997)
8 – Le Glaive de justice (1999)
9 – Les Chants de la négation (2000)
10 – L’Aigle foudroyé (2002)
11 – Ave Tenebræ (2003)
12 – La Porte des Enfers (2005)
13 – La Prophétie (2006)
14 – La Fin des temps (2008)
HS – L’Empire de la Négation (2013)
=> Chronique de la saison 1

Opus II – Terra Secunda
15 – Terra Secunda (Livre 1/2, 2012)
16 – Terra Secunda (Livre 2/2, 2014)
17 – Guerres ophidiennes (2015)
18 – Le Trône d’Opale (2017)
19 – Une semaine ordinaire (2018)
20 – Une porte sur l’enfer (2019)
=> Chronique de la saison 2

Opus III – Chroniques du Trône d’Opale
Annoncé dans la liste des titres du cycle à la fin du tome 19.

Les Arcanes de la Lune Noire
1 – Ghorghor Bey (2001)
2 – Pile-ou-Face (2007)
3 – Parsifal (2010)
4 – Greldinard (2017)
=> Chronique des Arcanes

Methraton
1 – Le Serpent (2001)
2 – Le Crâne (2003)
3 – Pharaon (2006)
=> Chronique de Methraton

Aux BD s’ajoutent un RTS (Chroniques de la Lune noire, 1999), un wargame avec figurines (Le Retour des Dieux, Chroniques de la Lune Noire, 2004), deux MMORPG au développement assez nébuleux (Black Moon Chronicles : Wind of War et The Chronicles of Black Moon: Battle songs), un wargame (Ave Tenebrae, 1986) et son extension (Fiefs et Empires, 1988).

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On ressort les antiquités !
Publié le Catégories Les chroniques

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