Hollywood Buvard (12) L’ennemi intérieur

Pas besoin d’aller chercher des gens à castagner à l’autre bout de l’univers quand l’ennemi est déjà là, chez toi, prêt à te bondir dessus pour le meilleur (rarement) et pour le pire (le plus souvent).

Affiche film Inside Man l'homme de l'intérieur Spike Lee 2006

Inside Man : l’homme de l’intérieur
Spike Lee (2006)

Sous ses airs malins, Inside Man est quand même pas mal balourd sur les bords. Très tranché dans son manichéisme et ce ne sont pas les personnages censés tirer sur le gris (Jodie Foster en négociatrice retorse et Denzel Washington en flic peut-être ripou, peut-être pas) qui feront croire le contraire. Des astuces scénaristiques à la limite de la grosse ficelle et de la facilité d’écriture. Et pourtant, le film marche plutôt bien et réussit à embarquer le spectateur grâce à une réalisation aux petits oignons et surtout grâce à la dynamique des relations entre les personnages. Tout y passe, coups fourrés, compassion, racisme, gros débiles et petits malins, monsieur et madame Tout-le-Monde, le défilé complet de tout ce que New York comporte comme types de population, qui cohabitent avec plus ou moins de bonheur et de tensions.
Agréable à revoir, même si moins emballant que la première fois. À la différence d’un Usual Suspects, Inside Man est un film qui, quand on connaît l’astuce de la fin, ne gagne pas une nouvelle dimension au second visionnage.

Affiche film La firme Sydney Pollack 1993

La firme
Sydney Pollack (1993)

À la base un roman de Grisham, un de ses premiers, et on sent autant l’expert du monde des avocats que le calibrage du thriller selon un modèle déjà trop éprouvé. Faudra donc pas s’attendre à des masses de surprises scénaristiques, le fil de l’intrigue se déroule sans accroc en suivant le chemin balisé.
Tom Cruise est un jeune avocat embauché par un cabinet où tout il est beau et parfait (si on aime l’ambiance WASP en tout cas), avant de découvrir que ses employeurs chient tranquillos sur la légalité, entre clients mafieux, assassinats de collaborateurs et surfacturation d’honoraires. Tommy la Malice va donc tenter de déglinguer la firme de l’intérieur pour sauver sa peau et son intégrité.
Ça se laisse regarder, même si c’est très bavard et sentencieux par moments et beaucoup trop long pour ce que l’histoire a à raconter (2h30, c’est une bonne demi-heure de trop).

Affiche film The insider Steven Soderbergh 2025

The Insider
Steven Soderbergh (2025)

L’ennui XXL… Un espion sur lequel on ne sait rien se voit confier par un autre espion sur lequel on en sait encore moins la mission de trouver une taupe à l’identité inconnue, qui aurait volé un système informatique dont on ne sait pas ce qu’il fait pour le revendre à un acheteur dont on ignore qui il est.
Sur cette base ô combien nébuleuse se déroule une enquête mollassonne qui distille au compte-gouttes trois infos et demi, plutôt vers la fin, ce qui te laisse dans le brouillard tout du long. Le manque d’information crée du suspens, son absence rien que du vide. Ça bavasse beaucoup sans pour autant raconter grand-chose et de toute façon, on ne pige rien aux tenants et aboutissants avant le dénouement où on se décide enfin à t’en toucher un mot, sauf que ça fait un moment que tu n’en as plus rien à battre.
Tous les protagonistes sont des espions. Poker face tout du long, personne ne lâche rien, glaciaux comme pas permis, autant dire qu’on a du mal à s’intéresser au sort de ces statues de cire inexpressives.
Creux, verbeux, poussif.

Hollywood Buvard, l’intégrale :
– épisode 1 : polars
– épisode 2 : morts-vivants
– épisode 3 : bourrinage
– épisode 4 : monstres
– épisode 5 : fourre-tout
– épisode 6 : super-héros
– épisode 7 : Asie
– épisode 8 : film noir
– épisode 9 : pan, pan !
– épisode 10 : thrillers
– épisode 11 : action
– épisode 12 : vous venez de le lire, je ne crois pas utile de mettre un lien qui vous mènera là où vous êtes déjà.

Publié le Catégories Chroniques ciné

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