Carnet de bord : Envie de Livres 2018

Affiche Envie de Livres 2018Après une édition 2017 réussie, le salon Envie de Livres remettait la sauce ce week-end. J’y étais et ça valait le détour ! Youhouhou !

Pour bibi, Envie de Livres ne démarre pas le dimanche mais le samedi. Moi qui adore les histoires de voyage dans le temps, le ton est donné, je suis aux anges (un point commun avec Felicity Atcock).
Trajet à bord de la Jomainmobile, je m’attends à tout, j’ai l’habitude (et même une clause spécifique dans mon assurance, mais ça reste entre nous). Je ne suis pas déçu ! On commence par quelques emplettes ubuesques. La caisse rapide va moins vite que les autres, les citrons se transforment en melons, le générique de La quatrième dimension me trotte dans la tête, va savoir pourquoi… Là-dessus le GPS se mange un hiver nucléaire, pas moyen de calculer le trajet. On traverse des patelins ravagés par les inondations et les coulées de boue. Bienvenue dans Mad Max: Sophie Road !

Une ellipse narrative plus tard, on débarque au château de Sailly-Labourse, le lieu du crime, où attendent Maxime Orcus Gillio et le grand manitou Richard Angevin. C’est l’heure du tangram XXL, jeu qui consiste à déplacer des tables dans tous les sens sur 200 m². Quand tu penses que Sisyphe râle pour un malheureux caillou, pas gonflé, le mec…
Nappage, ramage, plumage, plan-de-tablage, nettoyage, on pourrait en faire une chanson (Desireless, si tu m’entends…).

Achats Envie de Livres 2018
Un franc succès où tu laisses un paquet d’euros, c’est de bon aloi (blague de numismate).

Largage (tiens, encore un) des affaires à l’hôtel, où je suis enregistré sous un faux nom pour éviter qu’une horde de fans ne campe sous ma fenêtre. Note pour la prochaine réservation : choisir une identité plus crédible, genre Brad Pitt ou Stephen King. Là, j’ai bien vu en rendant ma clé le lendemain que le réceptionniste tiquait. Avec ma barbichette à la Fu Manchu, pas trop la tête à m’appeler Annabelle, faut reconnaître.

Arrive l’heure de la bouffe. Le personnel de la MECS – dont on soulignera l’énorme mobilisation pour la mise en place et le déroulement du salon – a mis les petits plats dans les grands. Service aux petits oignons et repas gastronomique, on a même trois couteaux et trois fourchettes chacun, assez de couverts pour déboussoler le gars mézigue, habitué à becqueter avec juste une paire de baguettes.
Bonne chère et bonne ambiance en compagnie d’une tablée qui envoie plus de bois que Charles Ingalls : Gabriel “Macarena” Katz, Laura Trompette, Stéphanie Pélerin, Nicolas Jaillet, Méropée Malo, Don Ricardo Angevin, l’imperator maximus Gillio, la sophia basileia Jomain, le cuistot et la cuistote.
Au retour, je rate l’audition pour le rôle de Sam. Moitié parce que je pourrais envoyer un ballon à l’autre bout de la galaxie dans une traînée de couleurs lovecraftiennes hors du prisme, moitié parce que je ne sais pas conduire.

L’hôtel… Ah, l’hôtel… A chaque salon, je repousse toujours plus loin les limites de l’insomnie. Un jour, je finirai par me lever avant de m’être couché.
Jusqu’à trois heures du mat’, des gens ont débarqué dans leurs piaules avec ce que j’ai supposé être des valises à roulettes. Enfin au bruit, on aurait cru une division de Panzer. Je finis par m’endormir vers quatre heures. Les premiers chars d’assaut quittent les lieux sur le coup cinq heures trente et me tirent du lit. Merci pour ce réveil “extrêmement matinal” (clin d’œil à Laura Trompette et son correcteur qui ne partagent pas la même notion du matinal).
Rassemblement au petit déjeuner, où je n’avale rien en vertu d’une conception personnelle du p’tit déj’. De toute façon, ayant eu le temps de griller une demi-douzaine de clopes, je suis rassasié. Comme les dieux antiques, je me nourris de vierges fumée.
En route pour l’aventure et pour Sailly-Labourse à bord de la Pélerinmobile (et son GPS qui marche à moitié, y a vraiment un truc dans la région qui n’aime pas la géolocalisation, peut-être des interférences dues aux bases reptiliennes cachées sous les terrils).

Le salon a à peine ouvert ses portes qu’il y a déjà un monde fou ! Si c’est pas une preuve de succès ! Parce que les dédicaces du dimanche matin, en général, y a pas foule. Là, si.

Café en compagnie de Ludovic Bertin (ponctuel pour une fois) et Justine Jotham, ensuite roulez jeunesse !
La journée sera une longue suite d’échanges stimulants et de fous rires, de potins de salon (mais ce qui se dit à Sailly reste dans Labourse), de retrouvailles et de nouvelles rencontres.
Coucou à La Mare aux Diables (merci pour Les Chasseurs de Dune), Valérie (merci pour le cadeau), Delphine (merci pour la bière), Emi Lie, Fann et [………………………….] (au cas où j’aurais oublié quelqu’un, ajoute ton nom en le gravant sur ton écran avec une pointe de compas).
Côté auteurs et autrices (ou auteurs, auteures, auteuses, autesses, profitez d’avoir le choix dans la graphie avant que la pontifiante Académie ne décide à votre place), en vrac, le stand Jomain & Gillio (icelui en chemise blanche, pour une fois)… Thierry Declercq, croisé l’an passé pendant les préparatifs… Ludovic Bertin, à qui je rafle le dernier exemplaire de Vétérans (il n’en a même plus pour lui, le pauvre)… Claude “Balthazar is back” Vasseur, pas revu depuis un bail et ça manquait… Nicolas Jaillet et son enthousiasme communicatif… Gabriel Katz, qui me dessinera un coquetier aux prochaines Halliennales… Laurent Whale, parce que pour une fois qu’il y a de la SF, j’allais pas me priver !… Patrick Morel, qui m’a harponné pour me remercier d’une chronique sur Les bras en croix (pas de quoi, ton bouquin la méritait)… Elena Piacentini qui me déballe son coffret (n’allez pas vous imaginer des trucs grivois, on parle d’un recueil de nouvelles).

Comme j’ai la langue bien pendue – là en revanche par contre, vous pouvez lécher la bride à votre imagination sur le salace – je n’ai jamais le temps de voir tout le monde dans un salon. Donc ce coup-ci, j’avais pris trois bras droits : celui qui est accroché à mon épaule, mon frère (qui a passé pas mal de temps avec Whale et Debouverie) et ma mère (qui a vu presque tout le monde – faudra que tu m’expliques ta méthode).
Môman gardera longtemps le souvenir de la tablée du midi avec Nine Gorman, Marianne Levy, Emily Blaine et le clan Gillio, ainsi que son passage chez Hernu, Callens, Dierckens, Jotham, Vandermeersch et “les autres écrivains” (elle et la mémoire des noms…). Idem sa conversation avec Gabriel Katz sur les poules carnivores. On notera au passage un certain talent familial pour les discussions surréalistes…
Madame ma mère me charge de l’excuser auprès des auteurs à qui elle n’a rien acheté. Beaucoup de titres la tentaient, mais elle ne gagne qu’une petite retraite (impactée par la hausse de CSG qui devait paraît-il l’épargner, merci Manu…).

Tant qu’on est dans les excuses. Un certain nombre de gens ont manifesté leur déception de ne pas m’avoir vu tout nu, ainsi que je l’avais annoncé sur Facebook.
Que dire si ce n’est : ne croyez pas tout ce que vous lisez sur Internet. Surtout quand ça vient de moi.
Alors j’aurais bien voulu, mais EdL est un salon familial, il y a des enfants, ça serait passé moyen, je crois… En plus la région défraye déjà assez la chronique avec des histoires d’enfants et de monsieurs tout nus pour que je ne remette pas une giclée par-dessus.
Cela dit, vu qu’il y a une offre et une demande, on garde l’idée pour une autre fois. Le jour où Orcus Evénements organise un salon de la littérature érotique, je serai au garde-à-vous rendez-vous dans la tenue appropriée.

D’excellents salons avec une bonne ambiance, il y en a plein. Mais Envie de Livres a un petit quelque chose en plus. J’ai l’empathie d’une brique et j’arrive quand même à percevoir ce truc qui fait que, c’est dire !
Tu le vois sur la tête des gens. C’est dans l’air. Si ça se trouve, c’est ça qui dérègle les GPS. La pierre bat les ciseaux et la bonne humeur en live bat les gadgets technologiques aux voix désincarnées.

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