Codex Tyranides (Warhammer 40,000 V2) – Andy Chambers

Codex Tyranides V2
Andy Chambers

Games Workshop

Codex Tyranides Warhammer 40,000 V2

La couverture ne laisse planer aucun doute sur les sources d’inspiration des Tyranides, dont l’apparence emprunte beaucoup au xénomorphe d’Alien et un peu au yautja de Predator. Autant dire qu’aujourd’hui encore, je rigole chaque fois que j’entends parler d’un quelconque procès de Games Worshop pour défendre tel ou tel point de sa propriété intellectuelle, vu que dans l’univers de 40K tout est pompé à droite à gauche, y compris la propriété intellectuelle des autres (Alien pour les Tyranides, Judge Dredd pour l’Adeptus Arbites, Terminator pour les premiers Necron, le terme Eldar est piqué à Tolkien, etc.).

Sans doute le codex le plus frustrant, parce qu’au final on ne saura rien des Tyranides. Le bouquin est présenté d’un point de vue humain, comme si l’auteur avait oublié que la personne qui joue Tyranide est censée être un Tyranide, donc connaître son espèce. La dizaine de pages d’historique au début raconte deux incursions avec force batailles et moult bastons. Et c’est tout. La lecture des fiches d’unités permet de glaner quelques infos sur le rôle de chaque bestiole, leur stratégie d’invasion planétaire, leurs tactiques sur le terrain, mais pas davantage.
On en sort sans idée très claire de ce qu’on appellera faute de mieux la “société” tyranide. Pas un pet d’info sur leur origine, comment ils ont débarqué dans notre galaxie, pourquoi celle-ci plutôt qu’une autre.
Alors en V2, ça peut se concevoir. La V1, Rogue Trader, ne savait pas trop où elle allait ni ce qu’elle voulait être, à mi-chemin entre jeu de rôle et wargame d’escarmouche, avec des éléments d’univers encore très balbutiants. La V2 se pose comme un wargame avec figurines au sein du cadre qu’on connaît encore aujourd’hui, mais l’univers, si ses grandes lignes sont déjà tracées, comporte encore pas mal de trous. C’est donc normal qu’on ne sache pas tout sur tout et tout le monde, d’autant que les concepteurs ne le savent pas eux-mêmes. Plus que normal, c’est de toute façon indispensable d’avoir des zones inconnues, certaines qui doivent le rester ad aeternam, des mystères sur lesquels chacun pourra faire travailler son imagination (i.e. les Légions Astartes II et XI rayées des archives et sur lesquelles on ne sait à peu près rien) ; et d’autres qui au contraire seront dévoilées au gré des éditions, histoire d’enrichir l’univers et le faire évoluer. Clairement, l’origine des Tyranides relève de la seconde catégorie. Que leur origine soit mystérieuse en V2, dans un monde où il y a encore beaucoup à construire, parce que la franchise est encore jeune, OK, mais trente ans après, on en est toujours là. Qu’un joueur Tyranide ne sache pas qui il est ni d’où il vient laisse perplexe. Alors que c’est une armée qui me branche en termes de modélisme, son identité réduite à sa plus simple expression est un vrai repoussoir pour m’investir dedans.
On goûtera (ou pas) l’ironie qu’une faction dont le mot d’ordre est “manger” doive se contenter d’un background famélique qui n’offre rien de consistant à se mettre sous la dent.

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