Bilan 2020 et projets 2021

Un K à part Fred Angélique figurines Lego

“Parce qu’on a un peu claqué le pognon dans la boisson, la bouffe et tout ça,
eh ben on est un petit peu sec sur l’argent qui reste pour les sketches.
Alors y en a toujours un qui va être moins bon, avec moins de moyens, et c’est celui-ci.
Alors ce qu’il faut, c’est remplir trois minutes en faisant des conneries.”
Monsieur Manatane

La fin de l’année sonne l’heure de l’exercice barbant traditionnel : le bilan.
Ce moment où l’on se rengorge et s’auto-félicite de réussites dérisoires comme si on avait changé le monde, alors qu’on s’est juste pignolé sur son petit bout de web.
Ce moment où l’on déballe les statistiques de visiteurs sur le blog comme si ce nombre était gage de quelque chose. Certes la qualité peut attirer la quantité, m’enfin la merde en tout autant capable avec de bien meilleurs rendements, ce ne sont pas les ventes par millions de Cinquante nuances de Grey qui me contrediront.
Ce moment, enfin, où l’on se livre aux effets d’annonce concernant des projets qu’on ne mènera jamais à terme.
Bref, on l’aura compris, l’exercice du bilan m’emmerde. Va pourtant falloir serrer les fesses pour ce passage obligé de tout blog aux derniers jours de décembre. Pas le choix, c’est marqué noir sur blanc dans la charte des blogueurs, section “Publications venteuses et baudruchiennes”, article XXIV, alinéa 272.

Bon ben maintenant que j’ai bien vendu le truc, en route pour ce bilan, el famoso. Bonne lecture et surtout bonne chance !

Cigarettes au chocolat de Montcuq
Sinon, j’ai eu ça pour Noël. Jolie périphrase pour parler d’étron, c’est dans le ton !

2020, poil aux mains

Alors, si on reprend dans l’ordre…
Première moitié 2020, pas grand-chose à signaler. D’autres chats à fouetter et d’autres préoccupations que la lecture et le blog en pleine pandémie. Soi-disant la période idéale pour lire, parce que confinement, temps à tuer, besoin d’évasion, tout ça. Se changer les idées, s’aérer l’esprit, se détendre grâce à la lecture, oui, c’est très bien… à dose homéopathique. Quand ça devient systématique, c’est juste du déni, la politique de l’autruche, des œillères glamour à paillettes mais des œillères quand même. On ne fait plus que ça depuis 1945, s’évader, se divertir au sens pascalien du mot pour se cacher les problèmes du monde. On voit le résultat aujourd’hui… La planète est une poubelle, on a pété les stats d’inégalités pire qu’au Moyen Âge, manifester en France est devenu aussi dangereux qu’en Tchétchénie, j’en passe et des pires. L’évasion tous azimuts a atteint ses limites, il est temps de lever le nez des bouquins.
Donc j’ai pas beaucoup lu au printemps, concentré que j’étais sur les réalités d’une situation pandémique et sur certaines choses essentielles, comme éviter à ma compagne de virer barjot au fond de son cloître ou de crever en s’étouffant dans ses glaviots, ce genre de choses un peu plus immédiates et prégnantes que des péripéties fictives dans des univers fantaisistes.
Ensuite, l’été, ben j’ai pas beaucoup plus lu, suite à quelques “petits” problèmes de santé qui ont failli m’envoyer ad patres. Comme on dit, c’est dans ces moments-là qu’on voit sur qui on peut compter. Bonne nouvelle, je ne risque pas de me perdre dans les calculs : ma mère, un, ma meuf, deux, fin de l’équation.
La rentrée de septembre et les semaines suivantes, je les ai passées à panser mes blessures et me retaper, d’où l’absence de publications sur le blog pour la période donnée, faute de pouvoir être à la fois au four, au moulin et en convalescence. Même Dieu a dû se reposer au septième jour et moi aussi j’ai mes limites (moins que lui, mais quand même).

L’automne aura été marqué par la rupture avec la république des Lettres. Les ouin-ouin-rouvrez-les-librairies m’ont définitivement gavé de cet univers nombriliste.
Je ne pensais pas qu’il y avait autant de macronistes dans le secteur du livre, à mettre ainsi en avant les préoccupations économiques avant les réalités sanitaires, à penser pognon avant de penser santé.
Je ne pensais pas non plus qu’il y avait autant de gros cons chez les grands lecteurs, ces amoureux des livres qu’ils achètent à la tonne, pourvus de bibliothèques fournies et de piles à lire jusqu’au plafond (je sais de quoi je cause, c’est mon cas, je fais partie des “grands lecteurs”), mais qui ne peuvent pas se passer quelques semaines d’acheter encore plus de livres qui moisiront des plombes dans leur PAL. Le Covid, on veut bien vivre avec, voyez, mais faudrait surtout pas que ça bouscule notre petit confort de privilégiés et nos petites habitudes de consommateurs enfants pourris gâtés finis à la pisse. Patienter un mois, c’est pas possible, tout, tout de suite, c’est ça qu’on veut et tant pis si on refile nos miasmes aux employés de librairie !
Perso, en PQ comme en bouquins, j’ai vécu sur mes réserves de papier, employé mon temps à d’autres occupations… et relégué l’axiome qui veut que “la lecture ouvre l’esprit” au rang des assertions gratuites et fausses, à égalité avec “les jeux vidéo rendent violent” et “la masturbation rend sourd” (j’entends une gomme tomber sur de la moquette à trois cents mètres, et c’est pourtant pas faute d’avoir travaillé du poignet depuis le collège). Et ce qui vaut pour la lecture vaut aussi pour l’écriture, qui relève moins de l’ouverture aux choses de l’esprit qu’à celle des vannes de l’ego.
Bref, ce remue-ménage hors sol m’a gonflé, presque dégoûté d’ouvrir un roman, alors j’aurais pas lu beaucoup non plus pendant l’automne. D’autant que j’avais séquestr… proposé à ma chère et tendre de venir se confiner à la maison. Quarante-six jours d’enfermement, l’un sur l’autre dans tous les sens du terme, à plonger le nez dans des endroits autrement plus intéressants et chaleureux que les bouquins. À construire et vivre un lien humain. Autant dire que lire, et même écrire, en comparaison de ça, c’est fadasse.

Un K à part photo en pied
“À m’asseoir sur un banc cinq minutes avec toi (…) en serrant dans ma main tes petits doigts”, comme dirait l’autre.
PS : histoire d’éviter tout malentendu, je précise que mon pied est celui de droite.

Donc une année relou et difficile. Comme tout le monde. M’enfin je m’en sors bien, je vais pas me plaindre, l’essentiel est sauf.
Le blog a vivoté un an, j’ai pas glandé grand-chose dessus. Sans regrets. Ç’aurait été le cas même sans Covid. Le passage à vide était en germe depuis la fin de l’année dernière. Repasser au seul exercice de la chronique après la folie de l’opération Savonnette ne s’annonçait pas palpitant, palpitant. Prendre de la distance se sera avéré salutaire et à la petite échelle du blog 2020 se clôture sur une happy-end. Année profitable, donc, que je termine recentré sur l’essentiel et les vraies priorités, tant au niveau des activités que des gens.

Puisqu’on parle de gens, j’adresse un vaste remerciement à tous les lecteurs et lectrices du blog qui se sont joints au délire Cthulhu en mars dernier. J’avoue ne pas avoir l’habitude d’être suivi dans mes fantaisies par autant de monde (joie de la solitude autistique… ou plutôt de l’art du rejet pratiqué à haut niveau par les valides neurotypiques). Merci à tous ceux qui ont soutenu cette année le blog d’une façon ou d’une autre et pris deux minutes de leur temps pour s’intéresser à mes élucubrations.
Merci à Clément et Stéphane pour leurs envois de bouquins, et surtout pour le geste gratuit qu’ils représentent, pas courant dans un univers littéraire régi par l’égoïsme et l’intérêt. Rares ont été les bonnes surprises cette année, celles-ci de taille et de valeur ont été (Yoda, sors de ce corps…).
Merci à Patrice pour une conversation stimulante sur l’écriture dont le souvenir m’a empêché plusieurs fois de jeter le bébé, l’eau du bain, la baignoire et la plomberie. Tu avais raison : je suis Brigitte Bardot – moins les cuissardes et la moto – et je n’ai besoin de personne. Encore un truc dont je n’ai pas l’habitude : le respect de mes pairs. Merci pour le tien.
Merci à Olivia et Ludo pour leur confiance et leur courage (ou leur inconscience) en ayant osé se frotter à mon gros stylo rouge de bêta-lecteur intraitable qui pinaille sur le moindre détail (mais c’est pour votre bien). Vos manuscrits sont tombés à point nommé pour me remettre en selle dans des moments de doute concernant l’écriture.
Merci à Angélique-Catwoman, dont les pitreries félines m’ont souvent détourné du blog cette année (mais c’était pour mon bien).
Merci à …………………………………… (des fois que j’aurais oublié quelqu’un dans la liste, t’as juste à graver ton nom sur l’écran avec une pointe de compas, de rien, c’est cadeau).

Fred Angélique Un K à part Lego
Mon alter-Lego en charmante compagnie. C’est ça, le comble de la classe (ou du narcissisme, y a deux points de vue) : posséder une figurine Lego à sa propre effigie.

2021, poil aux mains (aussi)

Alors pour 2021, quels projets sur Un K à part ?
Aucun.
Comme ça, on n’est pas trop encombré de projections dans l’avenir, de plans sur la comète, de perspectives foireuses, de promesses non tenues.
Autant d’habitude, en bon autiste, j’ai horreur du flou et de ne pas savoir où je vais, autant là, pour une fois, je ne ressens aucune anxiété face à l’absence de cadre. De toute façon, faut être réaliste, tant que Jojo le Covid traînera dans nos pattes, les projets resteront aléatoires, soumis aux contingences virales. Les salons, on ne sait pas quand ils reprendront ni dans quelles conditions. Beaucoup de petites ME, dépendantes des ventes en salon, vont couler, donc guetter des sorties qui ne verront jamais le jour n’a pas grand sens. Et, tous éditeurs confondus, le calendrier est un joyeux foutoir avec, au gré des confinements, des publications maintenues, annulées ou repoussées, ça dépend. De quoi, on ne sait pas, juste ça dépend. Seule constante de ce merdier : l’auteur reste la variable d’ajustement sacrifiable et le lecteur une vache à lait.
Donc en l’état actuel de la situation, pas de grand projet de la mort au programme. Pas plus mal. Parce que ça signifie aller où le vent me portera. Très rōnin dans l’âme. Une liberté totale face à l’infini champ des possibles. Autant dire que ça risque de déconner sévère. Moi, sans garde-fou, je vous laisse imaginer ce que ça peut donner…

Qu’on se rassure (ou pas), je ne pars pas non plus sans biscuits, j’ai quand même deux, trois trucs dans mes cartons :
– Quelques réajustements de la ligne éditoriale du blog (un conseil : prévoyez de la vaseline), ainsi qu’un recentrage sur mon cœur de lecture.
– Une interview prête à être publiée pour la première quinzaine de janvier, sur le thème Histoire et écriture.
– Plusieurs chroniques en retard en cours de rédaction et à paraître dans les jours/semaines à venir.
– Le recyclage d’une série d’anciens articles issus d’un vieux blog à bibi, pour faire croire que je bosse alors qu’en vérité non (mais si quand même, parce que gros boulot de réécriture et de refonte stylistique). Entre Japon, Histoire, aventure, source d’inspiration, exercice d’écriture et transmission culturelle, on s’intéressera à l’art de prendre le sujet le plus soporifique et le plus académique possible pour le transformer en récit épique et déjanté.
– Un copieux stock d’idées allant de pas trop con à débilissime (chroniques d’ouvrages qui n’existent pas, biographies d’auteurs fictifs, chroniques croisées de films et des livres dont ils ont été adaptés, technique d’écriture…). À creuser en fonction de l’inspiration du moment, je ne promets rien.

Reste un gros truc pour lequel je me tâte. Pas ma bite, j’ai déjà quelqu’un pour s’en occuper. Cessez de m’envoyer vos CV, mensurations, photos, petites culottes, le poste est attribué. Je vous demande de vous arrêter, comme disait l’autre vieux tromblon.
La grande interrogation concerne la publication de fiction sur le blog. En l’occurrence les miennes de fictions. Parce que…

Bibliographie Fred Un K à part oeuvres complètes Pléiade
Je vais vous épargner le calcul, il y en a 333, soit la moitié de 666.

Donc voilà, la photo est explicite (la partie gauche en tout cas, la droite est un photomontage mensonger, je ne suis pas édité pour de vrai en Pléiade, j’avoue, votre honneur). Je dispose de “quelques” textes sous le coude, des nouvelles pour l’essentiel. Certaines pourraient trouver leur place sur le blog, parce que pourquoi pas. Ça pourrait être le cas aussi d’un roman en cours d’écriture, que j’envisage éventuellement-peut-être-je-ne-sais-pas de publier ici sous forme feuilletonnesque.
Le cœur du problème, c’est la protection légale des textes. Internet, vaste libre-service livré au pillage, voilà quoi. Je trouve déjà ici et là certaines de mes chroniques plagiées et paraphrasées bien comme il faut, ça a tendance 1) à me gonfler et 2) à dissuader de partager d’autres travaux, à plus forte raison ceux qui me tiennent à cœur…
À méditer, voir si je trouve une solution satisfaisante, si je balance tout en mode rien à foutre ou si je continue à garder tout ce bazar à l’abri dans un fond de tiroir…

Affaire à suivre…
Une chose est sûre, Un K à part n’a pas encore dit son dernier mot (et continue à parler de lui à la troisième personne, mais ça, c’est un autre débat).

Publié le Catégories Le blog

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *