Carnet de bord : Abbeville 2018

J’ai passé le week-end dans un salon de province et c’était glop.

Tu étais à Livre Paris ce week-end ? Toutes mes condoléances pour ton portefeuille qui a pris super cher rien que pour t’ouvrir les portes de la honte. A 12 euros l’entrée pour chaque journée, je compatis, j’en ai l’anus qui saigne rien que d’y penser.
Je suis un gars radin malin, j’ai préféré aller au Salon du livre et de la francophonie d’Abbeville avec madame ma mère. L’entrée est gratuite (je parle du salon, hein, pas de ma mère).

Je t’avoue que j’avais quelques appréhensions après avoir épluché la programmation du salon. Beaucoup de poètes (et moi la poésie…), beaucoup d’illustrateurs pour les jeunes (et moi les enfants…), pas des masses de choses susceptibles de m’intéresser sur le papier.
Après, pour ceux qui ne sont pas moi, le salon et la semaine de la francophonie dans lequel il s’inscrit proposent une tonne d’ateliers, manifestations, lectures, spectacles, plus une quarantaine d’auteurs. De tous les salons que j’ai pu fréquenter, c’est un des plus riches et des plus diversifiés, avec des activités pour tous les âges et toutes les bourses (sauf erreur, les tarifs des différents trucs de la semaine se situent entre zéro euro et rien du tout). L’entrée du salon est gratuite. Les intervenants n’ont pas à pleurer pour être rémunérés (#PayeTonAuteur, c’est sur la chaîne parisienne).
Comme quoi, mener une politique culturelle accessible à tous et satisfaisante pour toutes les parties n’a rien d’une mission impossible.

Or donc, samedi midi, couscous en famille ! Après les nourritures terrestres, place aux spirituelles. Direction l’espace Saint André, autrefois cultuel et maintenant culturel. Sur la route, on se pèle les miches, il y a du brouillard, de la neige, des loups affamés et une touche d’exagération pour donner du souffle épique à un pauvre trajet de cinq minutes en bagnole.
A l’entrée, on nous demande si on vient pour le salon du livre. Ben non, je pensais assister au tournoi de pétanque. Faute de boules, on décide de jeter un œil sous les couvertures.

Est-il besoin de préciser qui de ma mère ou moi a eu l’idée d’acheter “La princesse qui pète” ?…

La photo parle d’elle-même : les idées qu’on peut se faire d’après une liste d’auteurs/illustrateurs sont une chose, la réalité du terrain en est une autre. On a quand même trouvé de quoi remplir notre musette, dans la moyenne de nos achats des années précédentes.
Dans le genre liste éclectique, entre cimetières et altesses pétomanes :
– Annabelle Blangier : L’intrus (Rebelle)
– Mlle Dejardin : La Préceptrice (Encrage)
– André Guerville : Le patrimoine funéraire des cimetières en pays de Somme (Richesses en Somme / F. Paillart)
– Jess Kaan : Le secret de la petite demoiselle (Pôle Nord) et Punk Friction (Lajouanie)
– Lamotte, Thierry : Le grand voyage d’un petit nuage (Miette)
– Maud Roegiers : La princesse qui pète (Alice jeunesse)
– Enel Tismaé : Les temps d’une vie, tomes 1 et 2 (Nats) et Seconde Chance (Sharon Kena)

Mention spéciale à maman… Cette année, aucun auteur ne l’a prise pour ma femme (vous carburez à quoi, sérieux ?…), mais elle s’est rattrapée.
– C’est bien ce qu’il écrit, ton ami, l’auteur belge ?
– Nan mais le drapeau noir, jaune et rouge sur le chevalet, c’est juste pour décorer. Il est pas belge, le gars. Sinon, oui, tous ses bouquins ou à peu près sont dans ma bibliothèque et je n’ai pas pour habitude d’investir dans des tocards.
– Ah, d’accord. Sa voisine, je ne pensais pas qu’elle était belge aussi, je croyais qu’elle était de la région.
– Maman, elle est de la région ! Tout le monde n’est pas belge !

Enel Tismaé et Jess Kaan, les fameux auteurs “belges” (faut avouer que le chevalet peut induire en erreur).

Après mon tour de salon, j’ai pas mal squatté du côté d’Enel Tismaé et Jess Kaan. On a bien rigolé et échangé un paquet de vannes pas toutes racontables, plus les habituels potins de salon. Ce qui se dit à Abbeville reste à Abbeville.
Pour préparer Envie de Livres, je me suis laissé tenter par L’intrus d’Annabelle Blangier. Au moment d’aller me le faire parapher par l’auteur, paf, harponné par une amie (coucou, Cindy !). On discute, on papote, on s’amuse, on ne pleure pas, on rit. Ensuite, Blangier discutait avec une lectrice et j’ai pour principe de ne jamais court-circuiter une conversation, question d’éducation. Et pis après, ben, la fin du salon approchant, elle était partie. Enfin, j’arriverai bien à la choper sur un coin de table à Envie de Livres, ce n’est pas perdu pour la dédicace.

Voilà un samedi après-midi bien occupé, avec des gens sympathiques et une bonne ambiance. On a même remis le couvert dimanche.
Les visiteurs étaient au rendez-vous, sans qu’on se marche pour autant les uns sur les autres. La première édition avait atteint le millier, la seconde les 1300. Si mes calculs sont exacts, celle-ci devrait tourner entre 1600 et 1800 (je table sur 1753).

I’ll be back in 2019!

Notes bonus pour les organisateurs :
– Un meilleur fléchage extérieur ne serait pas du luxe pour les non-Abbevillois, qui ne savent pas forcément où se situe l’espace Saint André.
– Il paraît que la foi déplace des montagnes, la mention “entrée gratuite” sur l’affiche du salon permet de déplacer les foules.
– Une page Facebook spécifique au salon, présentant les intervenants, les auteurs et cetera ne coûte rien et donnerait à l’événement une plus grande portée. On est au XXIe siècle, Internet est un incontournable de la com’.

Mis à part ces défauts de communication faciles à corriger, le salon en lui-même est une belle réussite, avec une philosophie du respect économique et culturel, aussi bien vis-à-vis des professionnels que des lecteurs (un point dont les hautes sphères du gouvernement et certains salons devraient s’inspirer…).
Voilà le genre d’événement qui donne envie de revenir. Et je reviendrai !

4 réflexions sur « Carnet de bord : Abbeville 2018 »

    1. Ma mère lit beaucoup, c’est même elle qui m’a filé le virus dès que j’ai été en âge de lire. Autant dire qu’elle n’est pas difficile à convaincre quand il s’agit d’aller faire un salon. 😀

        1. Oui, elle a pu découvrir quelques auteurs que je connaissais par ce biais (par exemple Lucienne Cluytens lors de l’édition 2016 ou Jess Kaan cette année).
          Pour ça, les salons sont une excellente opportunité.

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