J’étais parti pour reconstituer à l’identique une vieille boîte de Lego Pirates : le set 6279, Skull Island, sorti en 1995.
Ça a foiré.
Pas pu me retenir de prendre de menues libertés avec la notice de montage, dont je me suis un peu éloigné en quelques occasions.
Traduction : j’en ai fait qu’à ma tête 95% du temps et à l’arrivée, il n’y a que le crâne pivotant en commun entre l’original et ma version.
C’était censé ressembler trait pour trait et brique pour brique à ceci :
Il ne subsiste que l’idée générale, les grandes de ligne de l’agencement et le crâne qui lui donne son nom.
Comment le projet a pu partir en couille à ce point ?
Il me manquait deux pièces.
Comme quoi, il en faut pas beaucoup pour que ça dérape. On est peu de chose…
Avant de démarrer, j’avais quand même prévu de modifier le set en virant deux éléments qui ne me convainquaient pas : la grue tout en haut et l’essentiel du ponton latéral.
La baseplate 32×32 a été réduite à des dimensions moins encombrantes (27×16) afin de gagner de la place pour cause de crise du logement sur les étagères. Pas gênant, on y perd surtout de la flotte sans intérêt et le ponton archaïque posé sur des bancs de sable hideux en briques jaunes carrées.
Au moment d’attaquer dans le socle de falaise, problème, je ne possède pas les deux parois rocheuses qui servent de base. Pas grave, au lieu de pièces d’un seul tenant, je commence à assembler des briques pour recréer la forme tarabiscotée des machins, prenant au passage quelques libertés pour casser les surfaces trop lisses et les arrêtes trop rectilignes. La totalité de la roche est uniformisée dans la même couleur au lieu d’un mix de gris que je ne trouve pas très esthétique. Tout en gris foncé permettra au crâne gris clair de mieux ressortir.
Dans la lignée des modifications de coloris, le jaune vif du sable est remplacé par du bien-nommé sable, foncé au contact de l’eau, clair pour le reste.
Le bout de ponton conservé sur un côté a été modernisé, parce que bon, les gros piliers marron, le plancher gris, le garde-fou noir, c’était incohérent en termes de coloris, simpliste dans le design et moche comme tout.
À ce stade, j’aurais pu raccrocher les wagons avec la notice et rester à peu près dans les clous. Les choses en seraient restées à une poignée de finitions sur le socle rocheux et un peu de bidouillage chromatique.
Mais plus j’avançais, moins j’étais convaincu par le mélange noir/rouge du bâti. L’astuce était courante à l’époque pour représenter le bois, ces deux couleurs étant les plus proches du marron. Si la teinte était pas mal utilisée pour les accessoires (armes, coffres, tonneaux, rames…), elle était rare pour les briques elles-mêmes.
Je me dis que je vais juste remplacer les pièces noires et rouges par les mêmes en marron, et hop, le tour sera joué. Inconvénient : le risque d’obtenir un gros bloc monochrome à l’arrivée, ce qui ne rend en général pas grand-chose. À cela s’ajoute que le bâtiment originel est construit d’un seul tenant alors que je préfèrerais pouvoir dissocier les étages. Deux facteurs qui auguraient de joyeuses modifs tant au niveau de la structure que des couleurs et allaient encore éloigner le projet d’une reconstitution minutieuse pour le faire tourner au remake maison délirant.
La base des étages est de couleur sable, pas le meilleur choix de teinte, qui ressort un peu trop. Je pense que du sable foncé ou du marron foncé auraient davantage convenu, sauf que je n’en avais pas sous la main. J’ai fait sans, vu que l’idée en me lançant là-dedans, c’était de faire avec les moyens du bord, histoire que mon stock de briques serve à quelques chose. Et puis c’est plus fun de se creuser le citron pour trouver des solutions de remplacement aux pièces manquantes plutôt que juste sortir la carte bancaire et les commander.
Sable clair, donc.
À compter de cet instant, les instructions de montage ne représentent plus qu’une vague ligne directrice.
Je recule les piliers de soutènement du toit pour ménager au premier étage une terrasse où sera installé un petit canon. Au briques classiques sont substituées des cannelées. Si Lego aime les espaces ouverts, ce n’est pas mon cas : dans l’esprit du bastion de L’île au trésor, je fortifie le tout en ceignant les deux étages d’une enceinte en rondins. Plancher partout pour lisser les tenons apparents disgracieux. Clin d’œil à la forteresse de l’Eldorado avec sa pétoire en surplomb de l’entrée, j’en ai casé une paire. Quelques avancées de toiture çà et là pour donner du relief à la façade et aux pignons.
Sur le toit, un nid-de-pie pour accueillir la traditionnelle vigie avec sa longue vue (ou regarde-œil, comme j’appelais ça quand j’étais tout petit).
Pour le fignolage, on saupoudre d’accessoires : un coffre, des caisses, des tonneaux, une lanterne, une carte au trésor, une lettre cachetée, un verre, une bouteille et bien sûr le drapeau. Les quatre personnages, bricolés et équipés à partir de pièces de récup, accompagnés d’un perroquet et d’un singe, prennent leurs quartiers dans le fortin.
Bilan des courses : au moment où je fixe le crâne sur son pivot, c’est bien le seul élément identique à la boîte d’origine (et encore, pas à 100%, j’ai ajouté des flammes dans les yeux).
L’eau, j’avoue que j’ai galéré, n’ayant jamais réalisé de flotte auparavant. Là, je dirais que l’écume, ça va. Le reste, moins convaincant. J’ai peut-être trop réduit le socle du diorama pour disposer d’un espace suffisant qui permettrait de nuancer davantage le dégradé et de dessiner un rivage moins rectiligne. Le bleu que j’ai choisi – le basique – n’aide pas non plus, trop foncé, du medium azure ou du dark azure aurait peut-être mieux convenu. Ni très réussi ni tout à fait raté, classique quand on essuie les plâtres.

Si le résultat final n’a rien à voir avec ce que j’étais censé faire au départ, j’en suis satisfait, surtout pour un MOC sans réflexion préalable, improvisé en allant, sur la base des briques en stock sans achat supplémentaire.







