Kaamelott, L’armée du nécromant – Alexandre Astier & Steven Dupré

Après les ouvrages fictifs 50 Nuances de gras et Le druidisme expliqué aux personnes âgées, il est enfin question sur le blog d’un vrai livre avec du Kaamelott dedans ! Comme quoi, tout arrive…

Kaamelott
Tome 1, L’Armée Du Nécromant
Alexandre Astier (scénario) & Steven Dupré (dessin)

Casterman

Kaamelott bande dessinée BD tome 1 L'armée du nécromant Alexandre Astier Steven Dupré Casterman

La série télé, je connais sur le bout du doigt depuis un bail ; la version bande dessinée, je n’avais pas encore mis le nez dedans. C’est la sortie au début de l’été du tome 9, Les renforts maléfiques, qui m’a poussé à me lancer dans les BD et à remonter le temps vers l’année 2006, date de sortie de ce premier opus. Près de quinze ans, déjà… Kaamelott aura été une sacrée école de la patience pour ceux qui suivent la saga depuis le début.

Or donc, la BD s’adresse plutôt à un lectorat qui connaît la série. L’Armée du Nécromant plonge dedans direct, sans passer par la case présentation des personnages et exposition de l’univers. On est prévenu d’entrée de jeu que cette aventure est “contemporaine du Livre I de la série télévisée”, c’est donc mieux d’avoir vu au moins les épisodes la première saison. Pas que pour des raisons de background d’ailleurs. Quand tu lis, tu “entends” les voix des acteurs, les intonations, la rythmique. Le texte sort de sa dimension écrite pour retrouver la musique de l’oralité. Les dialogues sont toujours aussi bons et collent toujours autant aux personnages. Pas de phrases cultes qui se détachent, c’est peut-être le seul bémol, mais pas non plus de recyclage de celles de la série, ce qui est bienvenu pour éviter les redites.
Niveau action, le cadre de l’univers s’élargit. À l’époque, c’était la première sortie de la série de son cadre télévisuel d’origine pour s’aventurer dans un autre média. Avantage de la BD, budget illimité en matière de décors et d’effets spéciaux, ce qui permet d’aligner à pas cher une armée de morts-vivants. Astier et Dupré se sont lâchés… mais pas trop. L’Armée Du Nécromant s’offre le luxe de montrer beaucoup sans montrer trop, loin de la démésure baroque des Chroniques de la Lune noire, par exemple.
Je dirais que le titre, explicite, dispense d’entrer dans les détails du scénario. Un bon vieux nécromancien avec pour projet de lâcher sur le monde sa horde d’outre-tombe, on part sur du classique de l’heroic fantasy… avec, pour faire face au péril, une bande de bras cassés qui n’ont rien d’héroïque. Le destin des personnages mis en scène étant connu dans les livres suivants de la série télé, on n’est pas stressé par la tension dramatique quant au devenir de leurs alter ego de papier. Après le ton dark des Livres V et VI, se plonger dans la BD a donc quelque chose de reposant tout en apportant de l’inédit.
Le dessin de Dupré fonctionne, on reconnaît (à peu près) les personnages. Pas 100% réaliste, mais entre les tronches et les costumes, on sait qui est qui, et bon si ç’avait été pour être fidèle poil de barbe près, autant faire du roman-photo, pas de la BD.

Alors, détail amusant, c’est le rythme. J’ai lu L’Armée du Nécromant et juste derrière j’ai enquillé avec Les renforts maléfiques. J’en suis ressorti avec l’impression que le second m’avait duré trois heures quand le premier avait été plié en dix minutes. Il m’a pourtant fallu autant de temps pour lire chacun des deux. Le fait est que dans le premier, l’action file à tout berzingue, alors que dans le dernier les personnages vont jusqu’à prendre le temps de se poser sans rien faire, ce qui permet de souffler, aussi bien eux que le lecteur.
Enfin en tout les cas, pour ceux qu’auraient peur que les BD Kaamelott soient juste du produit dérivé bien commercial, ce n’est pas le cas. La qualité est au rendez-vous, la virée se déroule à la fois en terrain connu et inexploré, l’essence kaamelotienne reste bien présente… ce qui coule de source avec Alexandre Astier à l’écriture. Avec un autre aux commandes, le truc aurait foiré bien comme il faut.

Publié le Catégories Les chroniques

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