Carnet de bord : salon de la littérature érotique 2019

Ce week-end avait lieu à Paris la quatrième édition du salon de la littérature érotique, annoncé avec fracas il y a deux semaines. Un événement découverte, puisque je n’y avais encore jamais mis les pieds ni le reste de mon anatomie.

Salon de la littérature érotique 2019 Paris

Avant chaque salon, la nuit est courte. Pas moyen de dormir, je me sens toujours excité comme une puce dans un concours canin, effervescent pire qu’un cachet d’aspirine. Ça ne loupe jamais. Dimanche n’a fait exception : réveil à cinq heures. Train prévu à 11h30, ça me laisse une belle marge, comme dirait Pierre1.
(Ellipse narrative sur la palpitante épopée de la douche et du petit déjeuner.)
En guise de mise en bouche, j’attaque les premières mondanités de la journée : bourse aux jouets et brocante. Je parle de vrais jouets, pas d’une métaphore pour des sex toys. En quête de Lego, une de mes marottes ! Le grand écart entre mes préoccupations de la journée pourra surprendre. Il faut plutôt voir le point commun. Lego et érotisme, même combat : s’emboîter est le maître mot.

Batman et Catwoman Lego DTC Comics
The Dark Knight Rises, interprétation personnelle

Crochet par l’appart’ de ma dulcinée (mise en bouche, le retour), puis direction la gare à bord de la Catwomanmobile. Adieux déchirants, j’ai le nez collé à la vitre du wagon, l’air perdu comme un pioupiou de 1914 en route pour le front, pendant que ma chère et tendre pagaye comme une malade pour suivre la mise en branle du train à bord de son canoë – elle a noyé les quais sous trois mètres de larmes 2.
(Ellipse narrative sur l’épopée ferroviaire au cours de laquelle je me suis tapé un gâteau d’amour.)
Une fois dans la grande ville moderne, je suis rejoint par Purdey, ma cavalière pour la journée, qui cumule les casquettes d’amie, nounou, guide et photographe. On l’applaudit bien fort pour sa présence, ses photos (toutes celles dans la galerie en fin d’article sont d’elle), ainsi que pour son endurance : une après-midi à supporter mon festival de vannes débiles à raison d’une toutes les trente secondes, chapeau l’artiste ! D’autres avant elle n’ont pas survécu, tombés au champ d’honneur du calembour foireux et enfermés depuis à triple tour à l’asile d’Arkham. Purdey, un grand merci à toi et bravo !
La suite du programme en version accélérée : clope, manger, clope, café, clope, métro, clope, marche, clope, re-clope. On notera l’effort d’immersion dans l’environnement : je ne me contente pas de jouer les touristes mais apporte ma petite contribution à la pollution de l’air parisien. Cadeau.
(Au passage, petite pensée pendant le repas pour une amie absente, en week-end à Ceton pendant que je l’étais à Téton. Déjeuner remis à une prochaine fois, on s’est manqué à une lettre près…)

À quinze heures moins j’ai pas regardé ma montre, nous arrivons en vue de La Bellevilloise un peu en avance au rendez-vous de nos promesses. Des gens font la queue (au sens file d’attente, il n’y avait pas d’orgie avec des monsieurs tout nus sur le trottoir).
À l’entrée, personne ne me demande mes papiers, ce qui tombe plutôt bien. Quatre lettres en commun – F-R-E-D sur l’air d’O-D-I-L – entre le nom de scène qui figure sur l’invitation et celui inscrit sur ma carte d’identité, ça fait peu et nécessite parfois de longues explications3.
Nous récupérons le tote bag, rebaptisé “tototte bag” par mes soins. Des goodies garnissent la musette : le dossier de presse, le programme, un livre (Contes érotiques de Noël) et une poignée d’artefacts utilisables au choix comme chewing-gums, bombes à eau ou préservatifs. À noter que, même sans protection, les risques de grossesse ou de MST restent assez faibles pendant la lecture d’ouvrages érotiques. Mais bon, on n’est jamais trop prudent.
Dans la foulée, on nous explique à l’accueil les défis d’écriture. Des cartons petit format, vierges (et il n’y a qu’eux à l’être en ce jour), chacun portant une consigne d’écriture associée à un auteur. Là, panne d’inspiration, j’ai séché devant les questions. Par exemple pour le meilleur ordre à donner à sa soumise, le seul truc à m’être venu, c’est “libère-toi”. Le défi “une façon élégante d’avouer son infidélité” m’a rappelé une merveilleuse citation de Bernard Frédéric dans le film Podium. “Reviens, Véro, c’était juste un petit coup de bite !” (j’avoue avoir une approche assez personnelle de la notion d’élégance). Pas sûr qu’on se situe dans les réponses attendues.

Littérature érotique tote bag programme billet préservatifs
Les goodies

Une fois dans la place, direction le bar… où je fais une fois de plus du moi. Un café. Question du serveur : court ou long ? Réponse de bibi : moyen. Entre défis d’écriture et comptoir, faut reconnaître au gars Fred un certain talent pour le décalage systématique des réponses. Joie des profils atypiques, mais on reparlera de mon dossier médical le jour où la littérature psychiatrique aura son propre salon.
Cette descente au bar est l’occasion de la première rencontre avec rien moins que Flore Cherry, l’organisatrice en chef ! Elle m’a tout de suite reconnu, v’là ce que c’est d’être une star internationale. Hé !
Flore, je te renouvelle mes remerciements pour le contact et l’invitation, c’était très gentil !
Commence ensuite la tournée de Purdey et monsieur Modeste. Bon là, c’est mieux d’être sur place et de l’avoir vécu. À raconter dans un compte-rendu, on perd beaucoup. J’ai vu telle auteure et discuté de ci, une autre, on a parlé de ça. Forcément, ça manque un peu de vie sur papier. Mais vivant, ça l’était in situ !
On baguenaude, on papote, on prend des photos… Il y avait du monde et ça fait plaisir de voir un événement fonctionner et attirer du public. Ambiance très sympa, détendue du gland et du clito, organisation nickel, conférences intéressantes, que du bon !
Pour retenir quelques moment marquants, je citerai…
– L’échange intéressant avec Eva Delambre autour de ses ouvrages BDSM.
– Juste avant sa conférence “Tenir une maison d’édition érotique en 2019”, une discussion informelle en terrasse avec Anne Hautecœur (directrice éditoriale de La Musardine), à se remémorer le salon La Nuit des Livres d’Esquelbecq d’il y a trois ans, où elle était intervenante (salon qui a marqué l’acte de naissance du blog, la boucle est bouclée).
– Une très chouette rencontre avec Blanche de Saint-Cyr, à discuter histoire et sources documentaires autour de son roman Liù, esclave impériale (lecture terminée, chronique coming soon4, ALERTE SPOILER : bon livre, j’ai bien aimé).
– Mes clowneries au stand Lelo. Demander des renseignements sur le modèle du fond, dressé de toute sa hauteur d’un bon mètre et surmonté d’une extrémité sphérique, c’est fait. Il s’agissait d’un micro sur pied.
– Rencontrer Brigitte Lahaie en vrai, pour un cinéphile, c’est un moment qui compte ! Une chance que je sois rodé aux stars du petit et du grand écran, sans quoi je serais tombé dans les pommes.

Avant-première film Salt Paris Angelina Jolie Grand Rex
Au fond, Nyarlathotep, toujours dans le sillage des plus grandes stars.

Nous avons dû partir un poil plus tôt que prévu, Purdey étant à deux doigts (façon de parler) de finir à genoux (métaphorique aussi). Sciatique en folie. J’ai moi-même fini avec les pieds en sang, et là par contre, c’est au sens propre : trois orteils cisaillés par les coques de mes vieilles rangers, tu m’étonnes que j’avais mal aux petons. (Note pour moi : penser à demander des grolles neuves au père Noël.)

Le mot de la fin sera un grand

MERCI !

(Ouais, je suis “un petit peu” littéral à mes heures perdues.)
Donc un grand merci à Flore Cherry et aux Polissons pour l’invitation et pour l’accueil. Ce salon fut une belle découverte événementielle et l’après-midi un chouette moment de plaisir littéraire (et la soirée en rentrant à la maison, je vous raconte pas…).
Et un grand merci à Purdey pour sa compagnie et sa patience. J’espère qu’on aura l’occasion de refaire d’autres salons ensemble dans une ambiance aussi détendue. L’avenir le dira…

Notes :
[1] Pierre Bellemarge : c’est comme Pierre Bellemare mais avec un (point) G en plus. #prixDuCalembour
[2] J’avoue, j’ai enjolivé la scène. En fait, on s’est juste dit au revoir avec un petit bisou. Niveau tension narrative, c’est pas magique, fallait en rajouter un peu.
[3] En même temps, ça n’aurait pas pu être pire que la fois où j’avais réservé une chambre d’hôtel au nom de Bruce Wayne. Un jour, je vous raconterai…
[4] Venant bientôt (note du traducteur stagiaire).

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