L’Appel des Éléments, Le Déferlement – Stéphane Melin

L’Appel des Éléments
T.3 Le Déferlement
Stéphane Melin

Trilogie L'appel des éléments Stéphane Melin

Là où dix ans s’étaient écoulés entre L’Appel et Le Soulèvement, Le Déferlement reprend pile où le tome précédent s’était arrêté. Les tomes 2 et 3 forment donc un diptyque d’un seul gros bloc au sein de la trilogie.
On retrouve les personnages là où on les avait laissés, pataugeant dans les difficultés, plus les doutes qui vont avec. Ils reprendront du poil de la bête par la suite pour boucler l’histoire, suivant ainsi un schéma narratif classique ascension/chute/renaissance, dont la trilogie du Dark Knight de Nolan constitue un exemple canonique qui parlera au plus grand nombre.
Au menu, de la péripétie en-veux en voilà, pour un récit punchy et dynamique, en un mot épique (et colégram).
Sur à peu près tous les plans, Le Déferlement est dans la lignée des deux opus précédents. Je soulignerai une fois encore la qualité professionnelle de l’objet-livre, qui a bénéficié de finitions soignées à tous les niveaux (correction, mise en page, couverture, reliure) pour un résultat qui se situe au-dessus de ce que proposent les trois quarts de l’auto-édition ET les trois quarts des éditeurs. Pour le reste, je vous renvoie à mes chroniques sur le sujet pour éviter la répétition. J’ai horreur de la redite. J’ai horreur de la redite.
Une différence majeure tout de même, celle propre à un tome de clôture. Dans beaucoup de trilogies, tu trouves un, deux, voire les trois volumes négligés. On ne compte plus les premiers tomes qui se limitent à une longue exposition où il ne se passe rien de plus que du world building soporifique. Pas plus que les bons premiers tomes où l’auteur claque tout ce qu’il a et enchaîne sur un second qui fait office de ventre mou avant de redresser la barre pour le final. On ne compte pas non plus les derniers tomes qui font pshit à te proposer une fin qui ne résoud rien, laisse les trois quarts des questions en suspens ou accouche d’un dénouement tout nase, le fameux “tout ça pour ça”. Rien de tous ces défauts dans L’Appel des Éléments où chaque volume est bien fourni en contenu et remplit son rôle de début-milieu-fin. Dans le cas de ce Déferlement, on a de quoi se mettre sous la dent, les réponses attendues, le bouclage du destin de chaque personnages. L’arc narratif “dix ans après” commencé avec Le Soulèvement et l’histoire globale de la trilogie trouvent leur conclusion. Et une bonne conclusion.

Prise dans sa globalité, la trilogie propose un cycle d’heroic fantasy dans la veine du classicisme, très Warhammer dans l’esprit, avec tous les éléments traditionnels (univers imaginaire plein de magie et de monstres, quête, parcours initiatique, combats titanesques…), respectueux des codes du genre (un peu trop pour moi qui aime voir les codes détournés, mais là c’est affaire de goût de lecteur, pas un défaut en soi). L’Appel des Éléments ne révolutionne pas le genre mais fonctionne très bien dans sa catégorie. Pour une première œuvre, c’est du bon boulot.
Après, on accroche plus ou moins selon vers quel type de fantasy on est porté. Moi qui ai déjà pas mal bourlingué dans le domaine et suis plutôt attiré aujourd’hui par la “fantasy critique” à la Pratchett ou à la Bouhélier, il en faut plus pour m’emporter qu’une aventure bien racontée, j’ai besoin d’un regard réflexif sur le monde, de remise en question des codes du genre. Si mes appétits de lecteur n’ont pas été rassasiés sur ce plan, L’Appel des Éléments aura tout de même été une lecture agréable pour le parfum de nostalgie, le renvoi au temps jadis où je découvrais le genre et le lancer de boules de feu dans ta face.
Si tu ne sais pas par quoi commencer pour te lancer dans l’heroic fantasy, si tu aimes la fantasy classique, si tu adores Donjons & Dragons, World of Warcraft, Magic: The Gathering et Warhammer (figurines, jeu de rôle ou Total War), si tu veux de l’aventure, de l’évasion et du souffle épique, tu trouveras ton bonheur dans cette saga !

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