Super-héros, Origines – Maxime Gillio

Super-héros
T.1 Origines
Maxime Gillio

Flammarion jeunesse

Une série de super-héros baptisée Super-héros, un tome sur les origines intitulé Origines, un tel sens de l’évidence touche au génie. J’en connais un qui peut remballer la camelote : battu à plate couture, le père La Palice.

Couverture Super-héros tome 1 Origines Maxime Gillio Flammarion Jeunesse Lego

Ce bouquin parle des premiers pas (Origines) de super-héros (Super-héros), qui disposent de super-pouvoirs (sans blague ?!?) et apprennent à les maîtriser au sein d’une académie pour les gens comme eux, genre de Poudlard où les collants colorés remplacent les robes de sorciers (un jour faudra qu’on m’explique d’où vient ce lien entre pouvoirs surnaturels et fringues WTF…). Le tout est destiné à un jeune public autour de 13 ans (Flammarion Jeunesse). Comme le Port-salut, tout est marqué dessus, autant dire que ce paragraphe ne sert à rien du tout.

Batman The Dark Knight rises

On connaît tous le point commun entre Maxime Gillio et de la pâte feuilletée garnie de hachis : les super-héros, il en est friand. Élevé à coups de comics et tu sens qu’il aime ça ! Ce qui n’est pas mon cas. Je suis arrivé sur le tard à la version illustrée des foufous en costumes bariolés. En grande partie à cause des oripeaux justement : quelle crédibilité de justicier tu veux avoir en tenue d’Arlequin ? Aucune, on est bien d’accord. Imagine une intervention du GIGN avec des gus portant uniforme vert pomme, bottes jaune canari, cape rouge vif et casque à ailettes…
Cela dit, j’ai quand même baigné dans les super-héros via d’autres médias. Mon premier contact remonte aux figures originelles, celles de l’Antiquité, qui proposaient un peu plus de fond que la version américano-Disney contemporaine (cf. Les plus belles histoires de la mythologie). “L’avantage d’avoir reçu une éducation classique”, disait en son temps le philosophe allemand Hans Gruber. La suite s’est passée à la télé à coups de séries comme L’Incroyable Hulk avec Lou Ferrigno et de dessins animés (Les Quatre Fantastiques, L’Araignée). En 1989, une fois à l’âge adulte (donc 13 ans selon la définition du young adult commune aux éditeurs et aux pédophiles), ce fut le Batman de Tim Burton au cinéma et sa suite en 1992 avec Catwoman. Depuis, la chauve-souris et la minette restent de loin mes préférés. Côté grand écran, mis à part le Spiderman de Sam Raimi (2002), le premier Iron Man (2008) et la trilogie du Dark Knight (2005-2012), le déluge cinématographique des décennies 2000 et 2010 m’a laissé de marbre (il s’agit d’une métaphore, je ne m’appelle pas Marbleman et mon corps n’est pas taillé dans la pierre pour de vrai). Je n’ai mis le nez dans le papier qu’à la charnière des années 1990-2000 en tombant sur le Dark Knight de Frank Miller chez un pote qui était fan de Batman (quelle drôle d’idée…). J’ai bien essayé de m’intéresser un peu au truc, mais j’ai vite été lassé du festival reboot, relaunch, retour à la case départ, tout ceci n’était en fait qu’un rêve/un univers parallèle/une astuce éditoriale pour continuer à utiliser le personnage et vendre du PQ alors qu’on n’a plus rien à raconter (rayez les mentions inutiles). Tout ça pour dire que les super-héros format bouquin, avec ou sans images, j’ai pas trop l’habitude.

Marvel Iron Man

Ce qui nous amène à Origines. Le Repaire qui forme les jeunes super-héros tient à la fois de Harry Potter et des X-Men. Pour le premier, l’ayant lu adulte, je n’ai pas l’attachement générationnel de ceux qui ont grandi avec. Quant aux seconds, j’ai horreur des X-Men, le film de 2000 m’a barbé et vacciné contre les diplômés de la prépa Xavier. Ce qui n’empêche pas la Gillio’s School for Gifted Youngsters de fonctionner au sein du roman. Un jeune lecteur y entrera sans problème, moi je suis resté à la grille à regarder les autres s’amuser dans la cour de récré (toute ma jeunesse d’éternel laissé-pour-compte…). Faut dire que j’ai dépassé de beaucoup l’âge du lectorat ciblé par Super-héros. Difficile de m’identifier aux personnages, dont je pourrais être l’arrière-arrière-grand-père (eh oui, je suis très très vieux). À l’inverse de beaucoup de prêtres, je ne rentre pas dans du douze ans, je les préfère adultes. Moi, ce que j’aime, ce sont les héros solitaires, tourmentés et tragiques, habités de questions existentielles sur la solitude, le sens de la justice ou encore la meilleure façon d’enlever à Catwoman sa combinaison moulante. Batman, donc. Origines propose l’exact opposé. Pas un défaut en soi, puisque le décalage vient non pas du bouquin mais du lecteur.

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Quand je disais “je suis très très vieux”, ça dépend pour quoi.

Laissons de côté l’aspect subjectif et parlons technique.
Les premières pages, illustrées, mettent dans le bain direct et bâtissent un pont entre comics et roman. Bien vu pour le clin d’œil au support canonique du genre.
Au final, une bonne pioche pour vos marmots. Origines constitue un bon tome de lancement pour découvrir les personnages, leur environnement, leurs pouvoirs (mention spéciale à celui de Sam, très original). L’écriture est dynamique et rythmée, avec une action qui évoque la poitrine de Catwoman en train de courir : pleine de rebondissements.

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