Critiques express (31) Cul en vrac

Disclaimer interdit moins de 18 ans

Je profite des frimas hivernaux pour bouquiner sous la couette la tonne de BD qui traîne dans un carton depuis cinq ou six ans.
En langage BCBG d’éditeur, on appelle ces albums des “bandes dessinées érotiques” pour que ça sonne classe. Ne nous voilons pas la face : quand les personnages passent une quarantaine de pages à se faire mettre le cul en vrac, à bouffer du chibre au kilomètre et à prendre des torrents de foutre sur la poire, c’est de la pornographie, du X gras et qui tache. Des livres qui se lisent d’une main, comme on dit dans le métier (et de l’autre tu tiens le bouquin, pendant que tu tournes les pages avec les dents).
En route pour une virée revigorante qui va mettre de la chaleur dans les chaumières et du soleil dans les caleçons !

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Parcours de lecteur : ces livres qui ont marqué ma vie

Lors des dernières vacances, la mise en place puis le retrait de la déco de Noël ont été l’occasion de remettre un peu d’ordre dans ma bibliothèque. Épisode ô combien palpitant de mon parcours d’aventurier littéraire, appelé à constituer le cœur de 3615 MaLifeDeOuf, autobiographie en douze volumes reliés cuir pleine peau de mammouth.

Le remue-ménage peut ne pas sauter aux yeux, les photos ci-dessus ne rendant pas à mon sens de l’effort l’hommage héroïque qu’il mérite. Toujours est-il qu’à un moment ou un autre de l’épopée, chaque livre a quitté son rayonnage pour passer entre mes blanches mains et recevoir son coup de chiffon dépoussiérant, avant de retourner auprès de ses petits camarades ou, pour quelques malchanceux, rejoindre la “bibliothèque de la honte” dans la pièce d’à côté, où atterrissent bannis, parias et autres réprouvés dont je regrette d’avoir croisé la route.
Chaque livre. Et ça fait beaucoup. Beaucoup de manipulations, beaucoup de poussière, beaucoup de souvenirs surtout. Parce qu’un livre, c’est deux histoires : une dedans et une autour. À chacun, sa méta-histoire : comment j’en ai entendu parler, quand je l’ai acheté, où, pourquoi, qui me l’a offert et dans quelles circonstances, le ressenti de lecture, ce que cette dernière m’a apporté en termes de réflexion, de divertissement, de savoir, etc.
Dans le lot, quelques poids lourds pour lesquels il y a un avant et un après, des titres qui n’ont pas seulement marqué mon parcours de lecteur mais ont changé le cours de mon existence. Si on les retire de l’équation, des pans entiers de ma vie disparaissent, c’est dire ce qu’ils représentent.
Or donc, en avant pour le tour d’horizon de ces bouquins sans lesquels je ne serais pas du tout la personne que je suis aujourd’hui.

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Bilan 2020 et projets 2021

Un K à part Fred Angélique figurines Lego

“Parce qu’on a un peu claqué le pognon dans la boisson, la bouffe et tout ça,
eh ben on est un petit peu sec sur l’argent qui reste pour les sketches.
Alors y en a toujours un qui va être moins bon, avec moins de moyens, et c’est celui-ci.
Alors ce qu’il faut, c’est remplir trois minutes en faisant des conneries.”
Monsieur Manatane

La fin de l’année sonne l’heure de l’exercice barbant traditionnel : le bilan.
Ce moment où l’on se rengorge et s’auto-félicite de réussites dérisoires comme si on avait changé le monde, alors qu’on s’est juste pignolé sur son petit bout de web.
Ce moment où l’on déballe les statistiques de visiteurs sur le blog comme si ce nombre était gage de quelque chose. Certes la qualité peut attirer la quantité, m’enfin la merde en tout autant capable avec de bien meilleurs rendements, ce ne sont pas les ventes par millions de Cinquante nuances de Grey qui me contrediront.
Ce moment, enfin, où l’on se livre aux effets d’annonce concernant des projets qu’on ne mènera jamais à terme.
Bref, on l’aura compris, l’exercice du bilan m’emmerde. Va pourtant falloir serrer les fesses pour ce passage obligé de tout blog aux derniers jours de décembre. Pas le choix, c’est marqué noir sur blanc dans la charte des blogueurs, section “Publications venteuses et baudruchiennes”, article XXIV, alinéa 272.

Bon ben maintenant que j’ai bien vendu le truc, en route pour ce bilan, el famoso. Bonne lecture et surtout bonne chance !

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Publié le Catégories Le blog

Rouge – Pascaline Nolot

“Καὶ εἶδον, καὶ ἰδοὺ ἵππος χλωρός,
καὶ ὁ καθήμενος ἐπάνω αὐτοῦ ὄνομα αὐτῷ ὁ Θάνατος,
καὶ ὁ ᾅδης ἠκολούθει μετ’ αὐτοῦ.”

Aujourd’hui, je débarque à Malombre. Pour la discrétion, râpé. Pas tant à cause de mon canasson pâle des genoux, mais l’enfer me suit, voyez, alors les arrivées en loucedé, je peux faire une croix dessus. Remarquez, les croix, dans mon métier, c’est dans le ton.

Rouge
Pascaline Nolot

Gulf Stream

Couverture Rouge Pascaline Nolot Gulf Stream éditeur Electrogène
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Blacklight – Denis Albot

Polars en Nord de Ravet-Anceau (passée depuis 2019 dans le giron d’Airvey éditions), c’est l’histoire d’une collection victime d’inflation galopante, voire délirante quand elle est passée du poche au grand format. En dix ans, les bouquins ont grimpé de 9 à 13€ !
Blacklight, 140 pages, ramenées à 130 pour le texte proprement dit, donc un très, très court roman. 130 pages de texte, 13 boules… Je ne sais pas qui s’occupait de la grille tarifaire de Polars en Nord, mais s’il aime l’escalade vers les cimes, une carrière d’alpiniste semble plus indiquée. Sinon, j’ai bien une autre idée impliquant une catapulte, mais elle va moins lui plaire.
Notez que ça vaut tous éditeurs confondus. On peut bien tartiner tout ce qu’on veut sur la littérature de masse et l’accès du livre au plus grand nombre, on est encore loin de la lecture pour tous. Parce que la lecture coûte cher. Les brochés à 20-25€ (ceux qu’ont connu le franc, je vous laisse convertir et vous représenter la somme pour UN livre) n’ont rien d’accessible au plus nombre. Si j’étais mauvaise langue j’ajouterais qu’ils ont même été conçus pour ne pas l’être (merci la loi du tarif unique ; cf. cette analyse qui décortique le bousin, notamment la partie Le malheur du lecteur).
Après on s’étonne que beaucoup de Français (pas loin de 50%) n’achètent pas un seul livre dans l’année. Dans un pays où 15% de ces mêmes Français vivent sous le seuil de pauvreté, avec ce genre de tarif qui fait de la lecture un loisir de droite au même titre que le golf ou l’équitation, je vois pas trop où y a de quoi s’étonner. La lecture reste un luxe que beaucoup ne peuvent pas s’offrir.

Au tarif éditeur rédhibitoire, Blacklight, je ne l’aurais pas acheté. Et c’est con, parce qu’il s’agit un bon petit bouquin qui t’occupe une soirée sans avoir l’impression de perdre ton temps. Coup de bol, j’ai pu me le procurer au tarif auteur-qui-vide-son-grenier, bien plus accessible, directement auprès de l’auteur qui vidait son grenier.

Blacklight
Denis Albot

Ravet-Anceau

Couverture roman Blacklight Denis Albot Ravet-Anceau Polars en Nord Un K à part
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