Les Têtes Brûlées – Baa Baa Black Sheep

“Pendant la Deuxième Guerre mondiale, le commandant des marines Greg Pappy Boyington était à la tête d’une escadrille de pilotes de chasse. Celle-ci était composée de marginaux et d’aventuriers qui devinrent les terreurs du Pacifique Sud. On les appelait Les Têtes Brûlées.”

Les Têtes Brûlées série TV Robert Conrad

Voilà une série qui a marqué mon enfance et celle de bon nombre de gamins de ma génération. Deux saisons pour un total de 36 épisodes, ce qui est peu au regard des standards actuels où le fleuve interminable est devenu la règle.

Série télé Les Têtes Brûlées casting acteurs Robert Conrad Dana Elcar

Créée par Stephen J. Cannel et diffusée entre 1976 et 1978, Baa Baa Black Sheep, rebaptisée ensuite Black Sheep Squadron, Cette série s’inspire des exploits de Gregory Boyington, as de la Seconde Guerre mondiale, et de son escadrille de fortes têtes, la VMF 214, surnommée The Black Sheep Squadron (les “moutons noirs” ou brebis galeuses).
Historiquement, l’escadrille était basée sur l’île de Vella Lavella dans l’archipel des îles Salomon du Pacifique sud, et l’état-major sur l’île d’Espiritu Santo, noms qui furent modifiés dans la série en Vella la Cava et Espritos Marcos.

Gregory Papy Boyington Black Sheep Squadron

Dans la réalité comme dans la série, Gregory Boyington était indiscipliné, buveur et amateur de femmes, tout comme son escadrille… et comme Robert Conrad qui l’incarne sur le petit écran. Son surnom de “papy” lui vient de son âge : il a 31 ans lorsqu’il est nommé à la tête de l’escadrille en 1943, soit dix de plus que la moyenne d’âge des pilotes. Son escadrille revendique 97 victoires aériennes dont 22 au crédit de Boyington (qui en totalise 28 sur l’ensemble de sa carrière).
Le titre original de la série, Baa, Baa Black Sheep, est celui du livre de Gregory Boyington. Il fait référence à une comptine.
Le vrai Gregory Boyington, conseiller technique sur l’ensemble de la série, fait une apparition dans chaque saison.

Gregory Boyington pilote
Gregory Boyington IRL

Une partie des combats aériens est tirée du film de 1969 la Bataille d’Angleterre. Sur certains plans, on peut distinguer les croix d’avions allemands. D’autres extraits proviennent d’archives d’époque et servent sur plusieurs épisodes. La palme revient au gros plan sur l’aile de Corsair ouvrant le feu qui est toujours la même.
Chaque épisode est précédé d’un laïus historique style flash info tel qu’il s’en diffusait dans les cinémas avant les films. Plutôt juste sur un plan historique quoique très orienté Amerika über alles. Cela dit, le ton de l’exposé cadre avec les infos de l’époque “propagandisées” pour le public.

Aile Corsair mitrailleuse Tetes Brulees

Outre les pilotes, la série comporte deux stars peu communes : le Chance Vought F4U Corsair et le Mitsubishi A6M Zero sen (cf. Le Vent se lève, biographie romancée de son concepteur Horikoshi Jirō par Miyazaki). Faute de vrais Zéros disponibles, les appareils “japonais” qu’on voit sont en fait des North American T-6 maquillés. Inutile de chercher le réalisme, une foule de détails techniques ne cadrent pas avec la réalité de l’époque.

Chance Vought F4U Corsair
Corsair
Avion Mitsubishi A6M Zero
Zero

Série typique de son époque… et donc culte aujourd’hui pour ma génération. L’arrière-plan historique n’est qu’un vague prétexte pour montrer des duels d’avions et déballer un décor exotique de type Club Med militaire. Avec leur dégaine de Beach Boys, les Têtes Brûlées ressemblent davantage à une bande de mercenaires qu’à une unité régulière… Quant à leur comportement, on dirait le manuel du futur condamné par la cour martiale. Pour eux, tout est prétexte à arnaque, drague, beuveries et baston. Pas étonnant qu’à l’époque la série ait eu un tel succès en France, patrie des Pieds Nickelés.
On ne peut pas s’empêcher de rigoler à leurs feintes à deux balles, l’humour décalé étant la marque de la série. Une série bien de son époque, pleine du fun des années 70… et à mille années-lumière de la réalité historique. La dureté des combats sur le théâtre Pacifique transparaît peu dans cette ambiance fun et décontractée. Mais bon, la série cherche à divertir et n’a pas vocation d’œuvre historique ou réaliste.
Malgré le caractère redondant d’un épisode à l’autre (comme nombre de séries de cette période), on se plaît à la revoir avec amusement et nostalgie. J’ai un faible pour la VF, puisque c’est dans la langue de Molière que j’ai découvert la série tout gamin.

Publié le Catégories Chroniques ciné

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