Le Fossoyeur de Films et Nexus VI

Vous êtes nombreuses et nombreux à l’avoir demandée après leur dernière collaboration en date, la voici !
La fanfiction yaoi ultime entre le Fossoyeur de Films et le Capitaine du Nexus VI !

Fossoyeur de Films Porte des Etoiles
Passer par la Porte des Etoiles. Allégorie.

Bon, en fait, comme disait Cahuzac John Matrix à Sully dans Commando, “j’ai menti”. Pas de récit brûlant où les compères se caresseraient qui le blaster, qui le manche de pelle. Pas de montage Photoshop olé-olé en mode XXX sans Vin Diesel. J’ai une éthique (monnayable, cela dit, et pour pas cher).
Or donc du sérieux. Comme toujours.
(Là, c’est le moment où tu t’attends à ce que je dise “bite” pour le contrepoint, mais non, je resterai coi.)

Or donc (bite bis), deux chaînes YouTube. Qu’est-ce qu’elles viennent fiche sur un blog littéraire ? Ben déjà, seul maître à bord avant Dieu, bibi conduit et choisit la musique. Estime-toi heureux d’échapper au Petit bonhomme en mousse ou à un papier de 2000 mots sur la couleur de mes chaussettes.
Si j’en parle, c’est parce qu’il y a “comme même” un rapport avec le blog. Dans le cas contraire, je l’aurais inventé, mais ce n’est pas le sujet.
Les deux bonshommes traitent de genre, au sens de famille typologique d’œuvres, pas le truc avec les monsieurs et les madames. Le docteur De Films comme généraliste sur le cinéma de genre. Le professeur Vi en tant que spécialiste des pathologies SF. T’auras remarqué que le “de genre” se taille la part du lion dans mes lectures, les gais compagnons de la chronique vidéo sont donc dans le ton.
A bord du Nexus VI, des tonnes de références papier quel que soit le média abordé et du papier tout court (La saga des 7 soleils, La trilogie de Mars, L’aube de la nuit, Les Mondes d’Aldebaran). Dans la musette du manieur de pelle, un paquet de films adaptés de bouquins (Blade Runner, Dune, Conan le Barbare, Bilbo le Hobbit, Seul sur Mars, Le Nom de la Rose, Dracula…). De là à en conclure que le cinéma n’aurait rien à raconter si la littérature n’existait pas… (C’était un communiqué du CBGTF, Collectif du bon gros troll des familles.)

Le Fossoyeur de Films et Pupuce YouTube
La tête que tu fais quand tu tombes à zéro de SAN…

Le Fossoyeur de Films
(YouTube, broadcast Pupuce)

Dans les temps jadis, on appelait ça un podcaster. Terme auquel je ne me suis jamais habitué… Passé trop de temps sur World of Warcraft, jamais pu assimiler un caster à autre chose qu’un mage. Encore que, de fossoyeur à nécromancien, le pas soit vite franchi. Mais je m’égare, comme disait le poète Théognis.
Aujourd’hui, François Theurel est vidéaste.
Cinq ans que cet intrépide larron égaye la toile de chroniques cinéma chatoyantes pleines de bruit, de fureur et de poussière dans ta face, alliant humour et intelligence, pelle et mitaines, poire et fromage.
Le Fossoyeur de Films, dit le FdF, dit l’homme au chapeau melon (d’après un témoin épris de boisson), dit “l’ingénieux barbu à la pelle foudroyante” (Homère, Iliade, chant XLII), dit le gredin qui a décapité Pupuce.
La plupart des fossoyeurs enterrent, lui, il déterre. Pas des gens, me privant d’un jeu de mot sur “déterre-gens” et c’est bien dommage… Comme le port-salut, c’est marqué dessus : Fossoyeur de films.
Pelle-mêle (ah, ah !), il aborde aussi bien Dune, Bunker Palace Hotel, Dune, Prince des Ténèbres, Dune – oui, c’est un peu  une obsession chez lui – que les suites de trop, les seconds couteaux, la peur au cinéma, ou l’autre Dune, celui d’Alejandro Jodorowsky…

Mad Max Garde à vue par Un K à part
Parfois, le Fossoyeur fait des lapsus. Par exemple sur Claude et George Miller. Moi, je passe derrière (enfin, on se comprend) et je fais ça.

Je me souviens de ses débuts… Un type habillé en noir, avec barbe et mitaines, l’affiche des Sept Samouraïs en arrière-plan, la litanie contre la peur du Bene Gesserit en fond sonore. Un homme de bien, forcément. (Toute référence à l’auteur de ce blog ne serait que pure coïncidence, je n’y peux rien si j’ai le même look, les mêmes lectures herbertiennes et la même affiche dans mon bureau. Juste, j’ai un katana, moi, pas un outil de jardin.)
Une quintaine d’années plus tard, “c’est différent, c’est pas pareil”, chanterait le redondant Balisto. Le jardinier solitaire travaille désormais en équipe, avec davantage de moyens techniques, dont une machine à fumée démoniaque. La petite chaîne a bien grandi et compte beaucoup plus d’abonnés que mes doigts ne peuvent en dénombrer. Cas d’école qui prouve que mainstream (parce que ça représente BEAUCOUP plus que mes doigts) n’est pas un gros mot.
Tout change, rien ne change. La chaîne s’est améliorée au niveau visuel, la fiction s’est invitée pour donner du souffle aux chroniques, l’écriture, déjà bonne au départ, s’est affinée, mais ça, limite, on s’en fout. Enfin, c’est très bien pour le spectateur et l’identité de la chaîne mais pas le plus important. Deux éléments essentiels, aussi vitaux que le petit Danny, ont perduré.
Primo, l’intelligence du propos, qui reflète les trois facettes du père Theurel. L’universitaire pour l’esprit de synthèse, la construction et la profondeur de l’argumentation, la réflexion sur les thèmes de la représentation et de la perception. Le vidéaste, avec l’expérience pratique du sujet, puisqu’une vidéo, comme un film, demande un travail d’écriture, de choix de décor, d’ambiance musicale, de cadrage comme ci, de palette chromatique comme ça… Le spectateur, enfin, moitié pour ce qui touche à la réception d’une œuvre et moitié pour la transmission de son propos (à lui, pas à l’œuvre). Le FeuDeFeu s’adresse à d’autres spectateurs, des gens qui n’ont pas envie de se taper des exposés imbitables et soporifiques, d’où humour, accessibilité, intelligibilité.
Deuzio, la créativité et la prise de risques qui va avec, à travers une remise en question et une réinvention permanentes, très Alexandre Astier dans l’esprit (cf. les métamorphoses de Kaamelott). En cinq ans, le FdF a tenté pas mal de choses en parallèle à ses chroniques. Des formats annexes ont popé et RIPé. Du bon, du moins bon, il a essayé plutôt que se contenter de la vitesse de croisière du “qui marche”, facilité d’encroûtement qui a coulé un paquet de podcasts. Même le cœur de la chaîne a évolué avec l’ajout de fiction il y a deux-trois ans, quand les chroniques commençaient à tourner en rond. Et comme dit la pub, c’est pas fini. Le personnage du Fossoyeur part à la retraite ! Sacré pari, vu que la chaîne s’est construite sur les fondations qu’il a creusées. Après, je ne m’inquiète pas trop de la suite, le gars en a sous la pédale. Wait and sea, sex and sun.

La chaîne n’a que deux défauts. Ne pas avoir présenté la chronique de Zardoz dans la tenue de Sean Connery, LA faute de goût impardonnable. J’ai failli demander à être remboursé de mon abonnement… Et puis, il y a l’épisode 34. Mec, t’as décapité Pupuce ! Ne nie pas, on te voit faire dans le bêtisier !

(Edit : tu peux aussi retrouver le Fossoyeur sur papier avec la chronique de T’as vu le plan ?)

Cockpit Nexus VI YouTube
“Dis donc, Joey, tu avais déjà vu un cockpit ?”

Nexus VI
(Pimp my YouTube)

Vivement l’équivalent de Nexus VI en fantasy ! Mais bon, une chaîne consacrée à la SF et rien qu’à la SF, je suis preneur.
Le Nexus VI est un vaisseau spatial de marque Renaud (non, non, y a pas de faute sur le nom du constructeur), qui sert de décor à une version contemporaine de Temps X avec plus de tonus et moins de menton. Pour la prononciation, plusieurs écoles se déchirent entre les tenants de :
– six, en référence aux androïdes Nexus 6 de Blade Runner (ah, Pris, les draps s’en souviennent encore…) ;
– vi, parce que ça ne peut pas être des chiffres romains, les Romains ne possédaient pas de vaisseaux spatiaux (et le Colisée n’a pas été bâti par les mêmes extraterrestres que les pyramides d’Egypte, peut-être ?) ;
– vé-bâton, comme l’initiale de Valjean, le bastonneur dans Les Miséroïdes.

A bord du Nexus, le Capitaine et son équipage, une galerie de caractères quelque part entre Han Solo, Cobra, Albator, Cowboy Bepop, liste non exhaustive (Austin). Ce petit monde vogue “aux quatre coins de la Galaxie”, qui est, comme chacun sait, un quadrilatère.
Quand il n’est pas occupé à tripoter le manche de la Sainte Pelle son engin sidéral, le Capitaine se lance dans des chroniques. Film, BD, roman, série, jeu vidéo, tous les supports passent à la casserole quantique (en SF, tout il est quantique des quantiques, donc hop, j’en mets). Tous ? Non, quelques villages résistent encore – le jeu de rôle, par exemple – mais je me dis que le Nexus y fera escale un jour ou l’autre.

Terre plate par Un K à part
Les quatre coins de la galaxie, associés à une expression que les journalistes aiment bien, les “quatre coins du globe” (un globe, c’est tout plat, c’est bien connu).

L’esprit global est proche de la chaîne du Fossoyeur : des chroniques avec de l’analyse pertinente dedans, de la fiction autour et un gros taf de réalisation par-dessus. Le fond allié à la forme. Manière pêchue, humoristique et intelligente d’aborder les thèmes et questionnements de la SF. Et nuancée aussi. Pas de discours sur la “vraie SF” qui chierait sur le reste. El Capitan aborde la science-fiction dans sa globalité, aussi bien dans ses aspects “prenons-nous le chou sur des questions philosophiques” que dans sa dimension esthétique ou divertissante, inhérente à tous les genres de l’imaginaire. La SF ne se limite ni à du mindfuck ni à du piou-piou-piou-les-aliens-font-tout-péter. Et ça fait plaisir de voir autre chose que des querelles de clocher débiloïdes, la SF c’est comme ci, non c’est comme ça et pas autrement, et tu connais rien à la vraie SF, ad nauseam. Tu m’étonnes que le genre soit parfois perçu comme un monde enfantin/infantile vu l’ambiance cour de récré… Der Kapitän, lui, il te parle de la SF comme elle est, pas comme certains ayatollahs de la philo dans l’espace voudraient qu’elle soit.

Seul défaut – une bizarrerie plutôt – de la chaîne, la prononciation des noms et des titres en VFQ plutôt qu’en TrueFrench. Pourquoi ? A quoi ça sert ? Pour le japonais, admettons (juste parce que je suis de parti pris et fatigué du massacre habituel de la langue de 三島). Mais quand tu cites Mad Max, personne ne connaît Djowdge Mileuwe. Alors que Jorjmileur, si.
Fais comme Lalanne, mec, francise.

Le capitaine et l'équipage du Nexus VI avec le Fossoyeur de Films version Un K à part
Parfois, les deux chaînes font “des choses” ensemble, la preuve.

Sources et crédits iconographiques :
– Photo d’ouverture “c’est pas du tout ce que vous croyez” : capture d’écran de l’épisode Cowboy Bepop sur la chaîne Nexus VI ;
– Le Fossoyeur de Films : page Facebook de la chaîne ;
– Mad Max Garde à vue : bricolage Un K à part d’après un lapsus original du Fossoyeur ;
– Nexus VI : page Facebook de la chaîne ;
– Terre plate : WiP Un K à part (que peut-être un jour je me déciderai à terminer…) ;
– Nexus VI et le Fossoyeur : Bout d’essais pour la photo originale ; bidouillage additionnel Un K à part et putain quelle idée de prendre une photo de groupe que c’est super fastidieux à détourer cette foule de gens pour virer le fond et en ajouter un de mon cru façonné de mes petites mains parce que j’aime faire des choses avec mes doigts et si tu ne sais pas quoi faire des tiens ajoute de la ponctuation dans cette phrase ; les deux logos proviennent des pages Facebook respectives (et quantiques) de leurs propriétaires.

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