Codex Tau (Warhammer 40,000 V3) – Andy Chambers, Pete Haines & Graham McNeill

Codex Tau V3
Andy Chambers, Pete Haines & Graham McNeill

Games Workshop

Codex Tau Warhammer 40,000 V3 Andy Chambers Pete Haines Graham McNeill Games Workshop

La V3 de Warhammer 40,000 voit naître l’empire Tau, faction mal branlée, fourre-tout et dont Games Workshop n’a jamais trop su quoi faire : l’évolution majeure depuis son apparition, c’est dans son nom qu’on la trouve, qui prend désormais une apostrophe et s’écrit T’au.
Logique, les Tau sont nés pour de mauvaises raisons : aller chercher les joueurs de Starcraft (hop, on colle des Protoss) et les lecteurs de mangas (hop, on colle des armures et des méchas à la Appleseed). Et pour une raison inconnue, on ajoute des genres d’hommes-lézards, les kroots, dont on se demande ce qu’ils viennent foutre là, sortis de leur préhistoire anachronique.
Bilan, on se retrouve avec une armée au design certes original par rapport au reste de l’univers de 40K, mais qui détonne et peine à s’intégrer visuellement dans l’ambiance médiévale gothique qui prévaut.
Gameplay original aussi, puisque basé sur le tir, pour ainsi dire sans corps-à-corps… mais avec le défaut d’être compliqué à gérer pour l’adversaire sur une table trop dégagée, avec des lignes de vue à foison qui permettent de de lessiver à distance sans pouvoir y faire grand-chose, et tout aussi compliqué pour le Tau dans un décor chargé qui l’empêche d’utiliser son tir à plein potentiel et l’expose à des combats rapprochés où il n’a aucune chance.
Bref, une armée qui ne ressemble à rien dans son concept, doublon des Eldars pour le mélange de haute technologie et de spiritualité et des Orks pour la horde sauvage. Quitte à mixer des gugusses sortis des bois avec des troupes pourvues d’un équipement high-tech, il y avait plus simple : concevoir une armée d’Exodites qui tienne la route, réclamée, elle, par beaucoup de joueurs plutôt que nous pondre ce canard boiteux.

Le livre d’armée dédié à cette faction hétéroclite issue d’un néant qu’elle n’aurait jamais dû quitter a au moins le mérite d’être un des rares codex de la V3 à tenter de faire son taf. Il y a du lore à foison pour présenter les Tau, chose assez rare pour être soulignée dans cette troisième édition où il est le parent pauvre. Après, comme la faction a été ajoutée artificiellement dans un univers où aucune place n’était prévue pour elle, on a droit à de la grosse ficelle scénaristique pour justifier sa présence. Le premier contact avec l’Imperium remonte à 6000 ans, mais c’est juste maintenant qu’on en parle et qu’on découvre que les Tau sont censés être là depuis Rogue Trader. Astuce narrative foireuse, aucun historique pour étayer ces six millénaires d’existence (ce qui n’est peut-être pas un mal, parce que ce serait une mine d’incohérences). Un contact récent aurait tout aussi bien marché : la faction apparaît parce qu’on vient de la découvrir. Et voilà, pas besoin d’essayer de la faire rentrer de force dans le background existant en bricolant une narration plus branlante qu’un accro au porno.
Pas parfaite, donc, cette entrée en matière, mais au moins il y en a une, c’est toujours mieux que les codex creux qui se contentent de compiler les fiches d’unités sans rien te raconter de la faction à laquelle elles appartiennent (cf. les codex de la Garde impériale, des Eldars ou encore des Eldars noirs, par exemple).
Le codex n’est pas avare non plus d’aspects de civilisation, histoire de donner un peu de corps aux Tau au-delà des stricts aspects de jeu. Excellente idée d’avoir creusé ce versant, qui permet de mieux s’immerger dans une faction dont on commande l’armée. Comme quoi, quand l’éditeur se rappelle qu’il y a un univers autour des règles de jeu et des figurines à vendre, il peut en ressortir du bon. On regrettera juste que ces éléments soient éclatés n’importe où n’importe comment au gré du bouquin, dont l’agencement est à l’image du reste : fouillis.

Soit un codex qui fait son taf, même s’il part dans tous les sens. On regrettera que cette énergie déployée pour une armée aussi exotique qu’elle est inutile n’ait pas profité aussi aux factions plus iconiques qui forment l’ossature de 40K.

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