Série B, l’intégrale – Marc Falvo

Ça doit faire un an, un an et demi que ce double pavé zone dans ma PAL. D’aucuns diront que c’est long. Bah, par rapport au plus ancien bouquin de ladite PAL, qui attend son tour depuis 2011, le délai n’a rien d’excessif. Tout est relatif, comme disait un célèbre moustachu.
J’attendais le bon moment. Parce qu’un Stan Kurtz se déguste, c’est pas le genre de bouquin que je tire de la PAL comme ça parce que pourquoi pas. J’adore le personnage et ses aventures, j’ai envie d’en profiter à fond. Ce qui implique le bon état d’esprit au bon moment.
Et ça tombe maintenant.
Boum.

Série B, l’intégrale
Marc Falvo

Faute de Frappe

Série B intégrale Marc Falvo Stan Kurtz Faute de Frappe

Série B, saga au long cours qui nous renvoie aux débuts de ce blog. Une première rencontre avec Marc Falvo lors de la Nuit des Livres d’Esquelbecq, salon qui a marqué l’acte de naissance d’Un K à part. Emballé par la lecture de deux de ses bouquins achetés en ces temps immémoriaux, je me lance dans Série B quelques mois plus tard après un autre salon littéraire. Depuis Stan Kurtz alimente le contenu du blog au gré de ses aventures. Deux histoires parallèles, la mienne et la sienne, qui se croisent et se recroisent… ce qui n’est pas du tout conforme à la définition des parallèles mais on s’en fout, on n’est pas là pour parler géométrie.
Or donc, Série B, j’adore. Le personnage de détective privé incarné par Stan Kurtz, les histoires, le mélange des genres (le polar, le noir, le techno-thriller, la SF, l’horreur…), le style, les références…
Pour éviter de me répéter/paraphraser/résumer, je vous renvoie aux chroniques linkées en fin d’article vers mes laïus sur les différents opus du père Kurtz pour le détail de mes avis, ressentis, analyses et autres flamboyances de blogueur de l’extrême.

L’intégrale

Cette intégrale contient la totalité des œuvres qui composent ou se rattachent au cycle de Série B. D’où le nom de Série B, l’intégrale : c’est Série B et il y a tout. Deux tomes, 1400 pages l’ensemble, 23,90€ par volume (soit le prix d’un roman broché classique), pour un total de 9 romans (dont chacun revient à 5€, ce qui est moins cher qu’un poche).
On y trouve ce qu’on a appelé en son temps “la saison 1” de la période Fleur Sauvage (c’est le nom de l’éditeur, pas un chef cheyenne) :
Série B : entrée en scène de Stan Kurtz dans une histoire qui démarre à la Philip Marlowe pour se terminer à la Resident Evil.
Triviale Poursuite : Kurtz se lance sur les traces de sa nouvelle némésis, le Révérend, genre de docteur Maboul mais en très, très vilain, et c’est parti pour la visite du labo du savant fou.
La meute : entre Les rats de Frank Herbert et les films de cannibales du cinéma d’horreur, Stan doit se coltiner une horde de créatures très vénères qui hantent les égouts de sa ville.
Dernier baptême : hommage au genre carcéral (Tango et Cash, Coups pour coups), Kurtz se retrouve en prison.
Jusqu’à l’aube : ambiance croisée Une nuit en enfer et Alone in the Dark (le jeu vidéo de 1994) pour un survival horror au fond des bois.
Terribles tropiques : un épisode numéroté 6/6 à l’époque, donc le dernier a priori, qui n’apportait pas la fin attendue et laissait un goût d’inachevé.
La première lecture m’avait jadis emballé pour les cinq premiers tomes. Le sixième était sans mauvais jeu de mot un cas à part, excellent au plan narratif, mais grand écart émotionnel arrivé à la dernière page entre la déception de ne pas avoir de fin et l’enthousiasme de savoir que Stan Kurtz reviendrait pour de nouvelles aventures.
À la relecture, toujours le même plaisir à suivre les tribulations de l’infra-détective. Bien sûr, il n’y a plus l’attrait de la nouveauté et de la découverte qui faisait une partie du charme de la lecture originelle, mais à la place une agréable ambiance de retrouvailles, donc ça se vaut. Autant y a des relectures chiantes, autant là, c’était fun. Et sachant que cette intégrale comportait la fin de l’épopée, j’ai pu profiter davantage de Terribles tropiques pour ce qu’il est : un épisode intermédiaire, pas ce que tu crois être la conclusion alors qu’en vrai pas du tout.
On enchaîne sur la période LBS après le naufrage du premier éditeur :
Nouvelle donne : à sa sortie, je l’attendais comme un épilogue, sauf que non, il s’agissait d’un épisode de transition vers on savait pas trop quoi. À la relecture, j’ai peut-être un peu moins accroché que la première fois, parce qu’au niveau de la construction narrative, un roman entier ne s’imposait pas et le tout aurait pu être condensé pour former la première partie du dernier roman de la série. Bref, un intermède qui pose beaucoup de choses et il faut patienter jusqu’à Révérence pour que l’ensemble prenne du sens.
Mister Iceberg : celui-ci, c’est l’inverse, j’ai davantage accroché à la relecture que la première fois. Cet épisode présente la particularité de n’avoir rien à foutre là tout en étant parfaitement à sa place, genre de super chat de Schrödinger qui parviendrait à occuper en même temps deux états contradictoires. L’intrigue est celle d’un stand-alone, un épisode indépendant qui voit Stan aux trousses d’un serial-killer-un-quoi-un-serial-killer-un-quoi-un-tueur-en-serie-ah-un-serial-killer sans lien direct avec la trame narrative de Série B. Mais tout autour, à commencer par le relationnel de Kurtz avec certains autres personnages, pas mal de choses changent et la trajectoire des protagonistes s’inscrit bien, elle, dans la continuité de Série B.
On conclut avec la période Faute de Frappe suite à un nouveau changement d’éditeur en cours de route :
Révérence : la fin, the end, la conclusion, le terminus, le bout du bout.

Intermède

Alors perso, si c’était moi qui avais écrit Série B, j’aurais condensé à mort Nouvelle Donne pour en faire un long prologue ou un acte I de Révérence et j’aurais enquillé direct sur cette fameuse Révérence. Ensuite j’aurais écrit Mister Iceberg comme un épisode 100% indépendant, glissé dans la chronologie entre deux opus de Série B, comme c’est le cas d’autres aventures de Stan Kurtz (Détour, Un banquet de squales).
Les six premiers épisodes forment clairement un bloc. Derrière, on attend un septième titre de dénouement sans s’aventurer à droite à gauche dans d’autres tribulations. Ou, dès lors qu’il y a une “nouvelle donne”, une saison 2 complète. Parce qu’une transition vient entre deux parties, pas avant la conclusion.
Après, on n’est pas volé, on ne peut pas dire que l’ensemble soit mal branlé, mauvais, indigeste. Même bancal serait injuste, parce que tout se tient en gros, c’est juste qu’on se dit qu’il y avait moyen de faire plus simple et plus direct, sans partir dans tous les sens, avec des épisodes qui ne sont pas tout à fait Série B mais un peu quand même ou l’inverse.
La saga Série B telle que rassemblée dans cette intégrale manque un peu de cohésion au niveau de la charnière Nouvelle Donne / Mister Iceberg. Par contre, dans une intégrale de Stan Kurtz qui regrouperait toutes ses aventures, le noyau dur Série B comme les one-shots, que ses péripéties le fassent valdinguer dans tous les sens comme une boule de flipper qui roule, qui roule, ça ne gênerait pas, la cohésion s’opérant au niveau de l’univers kurtzien. Après, c’est surtout une question de construction d’un ensemble, donc de la pure mécanique auctoriale et éditoriale, donc (bis) un truc dont le lecteur lambda n’a rien à battre. En soi, l’intégrale de Série B regroupe tout Série B et c’est surtout ce qu’on lui demande, le reste n’est – littéralement – que littérature.

Révérence

Chronique dans la chronique pour le tant attendu titre de clôture de la saga Série B.
Bon ben on n’est pas volé, l’opus est à la hauteur des attentes.
C’est le gros risque d’avoir mis si longtemps à écrire la fin. Parfois l’auteur n’est plus dedans et sort une conclusion fadasse et à côté de la plaque qui te laisse un goût de tout ça pour ça. D’autres fois, ce sont les lecteurs qui ont eu le temps d’imaginer tellement de trucs que, quoi que tu leur serves, tu seras toujours en dessous ou au mieux devancé. Pas le cas ici.
Du Kurtz pur jus, toujours dans le même esprit et la même ambiance, avec les réponses à toutes les questions qu’on pouvait se poser, plus ou moins celles qu’on imaginait et attendait mais pas que, les surprises sont aussi au rendez-vous.
La construction est assez complexe puisque le récit doit raccrocher les wagons avec Terribles Tropiques (suite et fin des aventures sur l’île mystérieuse), Nouvelle Donne (suite et fin des questions sans réponses) et Mister Iceberg (suite et fin de l’évolution des personnages et de leurs relations). Tiercé gagnant, le titre réussit son coup sur les trois tableaux sans te paumer dans une narration confuse. À l’arrivée, Falvo nous sert un feu d’artifice pour clore son épopée avec un opus très dense, chargé en action et en révélations. Et c’est une vraie conclusion, la fin de Série B. Pas un entre-deux, un “à suivre au prochain numéro”, une fin ouverte qui ne termine rien. Il reste bien des trucs ouverts, mais parce que la vie continue pour les personnages (ceux qui ont survécu en tout cas). Pour le reste, le Révérend, Amphitryon, l’Académie, l’affaire est close, même si on peut toujours imaginer des suites, relances, revivals, développements, retours d’entre les morts, etc. Mais en l’état, le mot fin a bien le sens qu’il est censé avoir, pas une annonce de suite qui ne dit pas son nom.
Révérence est une bonne conclusion et sans doute un des meilleurs tomes de la série.
En plus, j’ai l’insigne honneur de figurer dedans par le biais d’un personnage à mon nom. Alors j’en entends déjà dire “ah mais c’est pour ça que tu dis que c’est bien”. Commencez pas à déconner, je trouvais déjà que Série B était excellente avant même que Falvo n’écrive le premier mot de Révérence. Des années que je le clame haut et fort sur ce blog. En plus, je savais même pas que j’étais dedans, je l’ai découvert en le lisant. Après être entré dans Les Chroniques de la Lune Noire comme maître Frédegon, me voici désormais catapulté au casting de Série B. Je suis une légende. Ah ben non, c’est déjà pris par Matheson. Je suis un mythe.
Merci Marc, pour ce clin d’œil aussi inattendu que plaisant, et merci pour cette fin à la hauteur du reste de la série.

Stan Kurtz, l’intégrale des chroniques du blog :
Série B, premier du nom
Série B tomes 2 à 6 et chronique globale de la série
– épisode bonus audio Aenigma
– le retour de Stan Kurtz dans Nouvelle Donne
Mister Iceberg
Détour
Un banquet de squales

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