Les Haut-Conteurs – La Voix des rois

Les Haut-Conteurs
Olivier Peru et Patrick Mc Spare
T.1 La Voix des rois
Pocket

Intégrale Haut-Conteurs Olivier Peru Patrick Mc Spare
Ces livres sont posés sur… ben rien en fait. Magie.

Première partie d’une chronique en deux temps pour Les Haut-Conteurs. Tome 1 détaillé et vue d’ensemble pour les suivants, histoire d’éviter les redites d’éléments communs (comme j’avais fait pour Série B de Marc Falvo et Felicity Atcock de Sophie Jomain).

J’imagine d’ici Patrick Mc Spare bondir en voyant son nom en tête de chronique. “Nan mais Fred, le tome 1, je ne l’ai pas écrit, c’est Olivier Peru tout seul”, qu’il va me dire de sa voix (de roi) suave et rocailleuse. C’est vrai. Mc Spare intervient à partir du deuxième volume. Pour le détail de la répartition des tâches, je te renvoie à Les Haut-Conteurs Origines. Toujours est-il que si on prend la série dans sa globalité, faut mettre les deux noms, donc je les mets et c’est comme ça (d’ailleurs, astuce, je les ai casés entre le titre de la série et celui du roman). Après, reste toujours l’option de ramener des témoins pour régler l’affaire en champ clos au petit matin, j’ai encore de la place sur mon mur pour empailler quelques têtes.

Qui sont ces Haut-Conteurs ? Des hommes et femmes qui sillonnent le monde pour raconter des histoires. Reconnaissables à leur cape pourpre, les Conteurs sont des genres de ménestrels slash bardes slash aèdes slash troubadours, les grelots aux pompes et la balisette en moins. Vecteurs de la tradition orale, ils transmettent des récits édifiants via la “Voix des rois”, technique mystique qui fait autant appel aux exercices de diction qu’à la magie du verbe.
Au XIIe siècle, l’itinérance est synonyme d’aventures, le monde de l’époque n’étant pas de tout repos. Les Haut-Parleurs se sont lancés dans la quête du mégaphone du Livre des peurs. Le titre annonce la couleur (pourpre) : point de quêtouse pépère, il faudra affronter du danger, des ennemis et même des monstres, la saga relèvant de la fantasy historique.
(Et là je viens de paraphraser ma présentation des Haut-Conteurs Origines, encore heureux que l’objectif était d’éviter les redites…. À la différence des paraphrases de mes chroniques que je croise ici ou là, celle-ci aura au moins le mérite d’être bien faite.)

Dans ce premier tome, on découvre les fameux conteurs. Ceux qui auront commencé comme moi par la préquelle retrouveront Mathilde la Patiente ainsi que Corwyn qui, pour le coup, tient plus du Fumé que du Flamboyant.
Ici, le récit s’articule autour d’un jeune homonyme du loser de Roncevaux : Roland. Un fils d’aubergiste, destiné à reprendre le business famial et pas enchanté par cette perspective, vu qu’il préfèrerait partir à la découverte du monde. You can’t always get what you want, comme l’a chanté un célèbre baron de la drogue britannique. Dans la vraie vie, Roland aurait pris la succession de son paternel et vu son commerce péricliter avant de se pendre à une poutre de la grande salle désertée par les clients. Sauf que Roland ne s’appelle pas Fred le Foireux (de la caste des Bas-Conteurs) et que la série des Haut-Conteurs appartient à la fiction. Roland aura donc droit à l’aventure (sur laquelle je ne m’étendrai pas, elle est racontée dans le bouquin).

Récit initiatique avec de la quête, des péripéties et du frisson dedans, La Voix des Rois assure le taf et atteint l’objectif annoncé : raconter une histoire sombre et flamboyante (comme Corwyn, c’est raccord).
Le contexte historique et civilisationnel tient la route. Peru prend quelques libertés avec l’Histoire, licence poétique oblige, mais ne la viole pas par tous les orifices (amis de la poésie…). Ambiance médiévale bien rendue – je pense surtout à la société et aux superstitions – sans en faire des caisses. Par exemple, les personnages ne se croient pas obligés de caser des termes d’ancien français à tire-larigot dans leurs répliques juste pour que ça sonne vieillot.
Bon point enfin pour un roman jeunesse, le lecteur n’est pas pris pour un débile. Le texte est écrit en français normal, pas en style CE2. Roland n’a rien d’un benêt immature (à 13 ans, au Moyen Âge, on est majeur et responsable). L’univers ne dégouline pas de bisounourserie et de guimauve infantilisante.
L’ensemble donne un très bon volume d’ouverture, bien fichu en soi et riche de promesses pour la suite.

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