Doomsday – Neil Marshall

Un terrible virus – bien sûr sans remède – se propage en Écosse et décime la population. Face à ce fléau, les Anglais, très humanistes, bâtissent un mur qui transforme leur contagieux voisin en no man’s land où les malades sont censés mourir en silence et sans faire d’histoires, s’il vous plaît. Des années plus tard, ô coïncidence, on découvre non seulement qu’il y a des survivants en Ecosse… mais aussi que le virus refait son apparition, à Londres cette fois. Germe alors une idée géniale chez les Anglais qui ne manquent pas d’air : envoyer un commando de l’autre côté du mur pour récupérer l’antidote auprès des survivants écossais. Et sans rancune…

Affiche film Doomsday Neil Marshall Rhona Mitra virus epidémie

Doomsday est-il un ratage, un nanar assumé, un OVNI ?… Vaste question… En tout cas, on ne s’ennuie pas, le film est une longue course poursuite de près de deux heures, avec son lot de scènes bourrines et nanardes qui laissent à peine le temps de reprendre son souffle.
Niveau originalité de l’ensemble, on tourne aux environs de zéro. Tout a déjà été vu et revu ailleurs et en mieux. Du virus de 28 jours plus Tard aux pillards punks de Mad Max en passant par l’île-prison abandonnée à son sort de New York 1997, Doosmday se borne à une somme d’emprunts sans rien apporter de nouveau.
Pas de sang neuf, donc, mais beaucoup d’hémoglobine. On peut citer pêle-mêle un lapin dégommé à la mitrailleuse lourde, une vache écrasée par un char, un gros paquet de décapitations, mains coupées et membres arrachés… Las, les trois quarts des scènes tombent à plat. On nous montre plein de sang, sauf qu’il manque le petit truc en plus des bons vieux Vendredi 13. Pas de vraie horreur ni de petit frisson.
Si vous aimez les décalages, vous en aurez pour votre argent. La succession des scènes est un joyeux patchwork bordélique qui laisse sans voix tant on se demande si le scénariste l’a fait exprès, s’il a perdu un pari ou s’il devrait changer de métier.
Côté personnages, on oscille entre caricatures surstéréotypées et les silhouettes qui n’apparaissent que pour se faire découper. Les acteurs sont à peu près du même tonneau. De toute façon, ils meurent tous trop vite pour avoir le temps de développer leur jeu, ce qui n’est peut-être pas plus mal à l’arrivée. Rhona Mitra s’en sort plutôt bien en femme d’action et n’est pas sans rappeler Lara Croft qu’elle avait incarnée pour la campagne de pub du jeu Tomb Raider 2.
On regrettera une musique tonitruante capable de faire oublier l’image tellement elle laboure les oreilles.

Doomsdaube

Le film démarre sur une introduction classique à propos du virus, de sa propagation et du black-out sur l’Écosse. Une mère sauve sa fille in extremis en la confiant à quelques militaires qui décampent sans demander leur reste.
Vingt-huit jours plus tard… Eh non, en fait, c’est vingt ans après… La petite fille, Eden, a bien grandi et poursuit une carrière dans les forces de l’ordre. Ses principales activités consistent à tirer sur des gens et faire mumuse avec un oeil-de-verre-caméra-espion.

Doomsday Rhona Mitra oeil de verre

Pour endiguer le virus qui recommence à faire des siennes, le gouvernement anglais place Eden/Rhona à la tête d’un commando dont les membres ont si peu d’épaisseur scénaristique qu’elle en reste bouche bée.

Doomsday Rhona Mitra

Alors qu’il était question de “quelques survivants potentiels”, ledit commando tombe sur une bande de punks dont le nombre laisse perplexe. Genre ils sont une horde gigantesque (mais cadrée serrée parce qu’en vrai y a douze figurants et demi), pile au pied du mur d’Hadrien et personne n’avait rien remarqué…

Doomsday horde punk

À la tête de ces improbables Sex Pistols, un chef haut en couleurs qui se prend pour une rock star et cabotine comme un fou furieux. C’est à ce moment qu’arrive LA scène du film : comme dans une espèce de comédie musicale sous acide, voilà notre joyeux punk chanteur entouré de bûcherons en kilt qui dansent le french cancan.

Doomsday punk kilt french cancan

Eden parvient à s’échapper du concert et, après une transition qui m’échappe encore, sans doute parce qu’il n’y en avait pas, tombe sur Robin des Bois…

Doomsday Robin des Bois

… avant de se faire attaquer par le chevalier noir !

Doomsday chevalier noir

Le film se poursuit dans une atmosphère arthurienne. Un bref séjour dans le donjon, et hop, on bascule dans le péplum : direction l’arène pour un combat de gladiateurs.

Doomsday combat gladiateur

Eden en profite pour s’échapper une fois de plus. Sa fuite se termine dans un silo secret du gouvernement, dans lequel elle trouve un bolide que James Bond lui-même lui envierait. S’ensuit bien sûr une course poursuite riche en crissements de pneus et explosions.

Doosmday boum explosion poursuite en voiture

SF, post-apo, horreur, médiéval, péplum, espionnage, action, comédie… Maintenant que Doomsday a fini de passer en revue tous les genres cinématographiques, on apprend qu’il n’y a pas d’antidote au virus, ce qui permet au film de rester fidèle à lui-même : beaucoup de bruit pour rien.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *