Argo – Ben Affleck

Affiche film Argo Ben Affleck

Avec Ben Affleck, j’ai toujours un peu peur quand on voit sa filmo. Armaggedon, Pearl Harbor, Daredevil, Paycheck, Elektra, autant de titres qui ne poussent pas à la confance.
Peur aussi d’un énième métrage propagandiste et patriotico-manichéen sur l’air de “nous sommes les Américains, nous sommes des héros, nous sauvons le monde, nous résolvons les crises (en grande partie parce que nous en sommes responsables 9 fois sur 10 mais chut)”.
Au final, non, ce thriller se relève excellent. Sans surprises, certes, puisque comme tout film basé sur un événement historique, on connaît la fin.

Le scénar est d’ailleurs linéaire avec son lot de péripéties conventionnelles :
– Les autorités ne sont pas convaincues par le “plan B” proposé. Car les autorités ne sont jamais convaincues que le volcan va entrer en éruption / un requin géant bouffe les nageurs / un tueur rôde dans les bois / des aliens se sont infiltrés dans la ville en se faisant passer pour des humains (rayer les mentions inutiles).
– La mission sera annulée à la dernière minute, mais le héros américain est un homme de parole et il décide donc de passer outre les ordres de ses supérieurs pour sauver les otages qui comptent sur lui (sortez les violons…).
– Le type le plus réticent à s’impliquer dans la combine et le plus mal à l’aise sera bien entendu celui qui sauvera la situation au moment où on est censé s’y attendre le moins (car un Américain, même un second couteau, est plein de ressources).
– Les Iraniens finissent par découvrir le pot aux roses, s’élancent à la poursuite des fuyards… dont l’avion décolle in extremis pour les emmener vers la liberté.

Bref, niveau clichés et scènes attendues, on n’est pas volé. Ce qui n’empêche pas un ensemble bien maîtrisé et bien rythmé, avec des pointes de cynisme et d’humour dosées juste ce qu’il faut. Après, comme d’hab’, faut supporter le côté subjectif de la chose : même sans super-pouvoirs, un Américain est toujours un héros… Cela dit Argo sait montrer de la retenue sans tomber dans le patriotisme excessif.

Pour avoir lu diverses critiques, j’aimerais qu’on m’explique où leur rédacteurs ont vu du suspens ? Les faits remontent à 1980, le gros de l’histoire est connu aussitôt (au point qu’un téléfilm raconte l’opération dès l’année suivante), les derniers détails (comme l’implication de la CIA) ont été rendus publics en 1997. Y a pas de mystère, on sait comment le film va se terminer. Non, parce que sur ce principe, on peut classer Le Jour le plus long dans les films à suspens aussi. Le débarquement allié en Normandie va-t-il réussir ? Le spectateur est cloué à son siège jusqu’à la dernière seconde par une tension insoutenable…

Publié le Catégories Chroniques ciné

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