Severance – Christopher Smith

Affiche film Severance

Sympathique film britannique sorti en 2016 mais décevant par rapport à ce que j’en avais entendu dire et donc ce que j’en attendais.

De comédie horrifique, point. OK, la première partie lorgne vers la comédie noire et l’ensemble abonde en traits d’humour (bien trouvés, d’ailleurs). Mais Severance reste avant tout un film d’horreur “avec quelques trucs marrants dedans”, pas une parodie ou une foire à la déconne comme Shaun of the Dead, pas une comédie à part entière.
La partie gore, là, c’est du slasher classique : un groupe de gens perdus dans les bois qui se font dégommer un à un par des tueurs sadiques. Rien de nouveau sous le soleil. Comme toujours, chacun va mourir d’une façon différente de son voisin, sans que l’intérêt de varier les méthodes ait une quelconque justification autre qu’une astuce d’écriture facile pour donner un faux sentiment de richesse d’idées.
Les personnages-victimes, comme d’hab’, se résument à des archétypes (la bombe sexy, le connard imbuvable, le rebelle, le junkie, le fayot, le geek, la coincée). Donc là-dessus, ceux qui ont parlé de satire sociale à propos de Severance, je me gausse. D’accord, le groupe s’embarque à la base dans une caricature de ces week-ends d’entreprise et séminaires à la con où on “forge un esprit d’équipe”. Mais bon, à part se moquer gentiment de ce trait du secteur privé, la critique n’est pas bien méchante.
Ce qui coince le plus : les longueurs. La première partie s’étire et s’étire et s’étire avant qu’enfin le massacre commence. C’est peut-être moi qui suis trop habitué à l’horreur, qui ai trop vu de films du genre. Je peux me passer de l’exposition et je ne vois pas trop l’intérêt de planter un décor dans un genre où il est connu d’avance, parce que toujours le même. Une longue exposition ne serait justifiée que si le réalisateur avait du neuf à présenter en termes de décor, situation, personnages, approche. Mais là, non, on a juste l’éternel groupe de stéréotypes paumé dans la traditionnelle forêt… et on sait d’avance que ça va partir en vrille.

Amis scénaristes, amis réalisateurs, le slasher n’en est plus à ses débuts. On connaît tous un minimum les codes du genre. Il n’y a donc aujourd’hui AUCUN intérêt à passer la moitié du film à présenter ce qu’on sait déjà. Réduisez vos films de moitié, tournez des courts métrages gores, on aura moins l’impression de se faire chier (et c’est moins une impression qu’une réalité) devant un remplissage bateau pour tenir une heure trente.
Ou alors inventez.

Publié le Catégories Chroniques ciné

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