Miroir – Alick

Miroir
Alick

Rebelle

Suivons Alick de l’autre côté du miroir pour découvrir un monde de tueurs en série, crimes mystiques, pédophilie, alcoolisme… Bienvenue au pays des merveilles !

Couverture Miroir Alick Rebelle

Quatrième de couv’
Faisant partie des meilleurs éléments de la brigade criminelle du 36, quai des Orfèvres, Axiandre Martin reçoit les honneurs après l’arrestation musclée du tueur parisien connu sous le nom de Purificateur. Toutefois, affectée par la mort de son coéquipier lors de cette opération, elle bénéficie d’un congé d une semaine mais se voit rappelée durant ses vacances. Trois corps mutilés viennent d’être retrouvés et l’affaire s’annonce étrange. Il s’agit de jeunes filles sur le point de se marier, toutes exécutées 24 heures avant la cérémonie. Bientôt, les corps s’accumulent et la presse s’empare de l’affaire. Sur les traces d’un dangereux psychopathe, l’enquête la plonge alors dans un univers de démence et d’horreur dont elle sortira transformée.

Alick… une lecture découverte intéressante avec Lucie… une rencontre mémorable à Mons Livre… Jamais deux sans trois, on se retrouve pour Miroir, un thriller glauque et sombre comme on aime.

De quoi ça parle ? Axiandre Martin coffre un premier tueur en série avant de se lancer sur les traces d’un second. Voici son histoire. Poumpoum.
(Si ça c’est pas un résumé concis qui bat New York Unité spéciale à plate couture…)
Une policière, un tueur en série, une traque, des pistes, des meurtres, on a de quoi se mettre sous la dent pendant 350 pages “seulement”. Premier bon point, ce thriller a le bon goût de ne pas s’étaler sur 600 pages dont la moitié relève du bavardage.
Deuxième bon point, après avoir soupiré dans un premier temps en te disant “ah, encore un Se7en-like”, tu désoupires en comprenant que le premier tueur n’est là qu’à titre introductif. Alick raconte sa propre histoire, centrée sur un deuxième meurtrier, sans pomper Fincher (ce qui m’épargne la peine de l’envoyer se faire rosser dans mon fight club).

La construction de l’ensemble est intéressante à double titre.
Grand 1, l’intrigue. Elle progresse au long cours. À la différence du cinéma où l’assassin est arrêté en trois jours, Axiandre mène l’enquête pendant des mois, comme dans la vraie vie. Au passage, je salue l’extrême précision documentaire dans le vocabulaire et les procédure de police, dans la psychologie des tueurs sériels, dans la précision de chaque détail, c’est autant de gagné en réalisme et en crédibilité.
Où j’en étais ?…
Ah oui, au long cours. Beaucoup de temps, donc beaucoup de meurtres. Sur ce plan, Alick n’y va pas avec le dos de la cuillère. Faut dire que comme arme du crime, on a vu plus pratique. Après, ça marche aussi, mais si je vous ponds un tutoriel sur le dézingage à la cuillère, je vais avoir des problèmes avec la maréchaussée.
Des morts à la pelle (non, pas de tuto non plus) et si vous aimez le trash, vous allez être servis. Et si vous n’aimez pas, prévoyez un sac à vomi. D’aucuns se contenteraient d’aligner les macchabées juste pour gonfler le body count – le sang fait vendre, c’est bien connu – et remplir avec de la péripétie creuse, mais ici, rien de gratuit. Chaque cadavre apporte quelque chose, un indice, une piste, une occasion de développer un personnage, une ouverture pour en introduire un nouveau… Ces morts font sens pour que l’histoire avance.

Sinon, à part la cuillère, le crayon de bois, c’est pas mal non plus.

La structure est l’aspect du roman qui m’a le plus emballé. Plusieurs narrateurs, chacun à la première personne. Un vrai choix d’écriture. Ambitieux. Et réussi par-dessus le marché.
Quand tu lis des conseils d’écriture sur le Net, tu te marres comme un bossu. Plus à côté de la plaque qu’un danseur de tecktonik, c’est dire le niveau moyen… En matière de polar et thriller, le guide le plus pertinent est celui… de la dÉsencyclopédie. Et je suis sérieux (profitez-en, pour une fois que ça arrive).
On déconseille les narrateurs multiples à la première personne. Soi-disant que le lecteur se perdrait entre les uns et les autres. Si le lecteur est un bulot, oui. Pareil si l’auteur est un manche.
Dans Miroir, aucun risque de confusion. Déjà parce que le prénom du narrateur est noté en tête de chapitre. Ensuite, surtout, parce que chacun est différencié dans sa psychologie et sa façon de s’exprimer. Même sans l’indication du prénom, on saurait de qui il est question. Jamais on n’est perdu.
En soi, le procédé n’a rien d’extravagant, il s’agit de la construction de personnages – une des bases de l’écriture, je dis ça, je dis rien. Si elle est bien menée – et c’est le cas dans ce roman –, je ne vois pas ce qui empêche tous les protagonistes de parler à la première personne. Comme dans un dialogue, au fond : pas besoin d’indiquer qui parle à chaque ligne, on le sait au contenu et à la forme des répliques. Là, pareil, mais à l’échelle de chapitres entiers. Les “je” sont faits !
Avis aux grands conseillers du dimanche : arrêtez de prendre les lecteurs pour des débiles (et faites-vous greffer un cerveau si vous ne parvenez pas à suivre les points de vue multiples).

À Mons, Alick m’avait dit qu’on avait le fin mot de l’histoire dans le dernier quart du roman, où tous les éléments finissent par s’imbriquer comme des couples dans une boîte échangiste (il ne l’avait pas formulé de cette façon, c’est de moi, ça).
J’avais ma petite idée dès le premier quart. Parce que j’étais attentif au moindre micro détail et quelques petites choses çà et là m’avaient mis la puce à l’oreille. Et un peu aussi parce que je suis le fils caché de Paul Atréides et de la Pythie de Delphes, un as de la divination.
Cela dit, ce n’était qu’une petite idée, pas une de ces certitudes absolues qui rendent le roman barbant et sans surprise. Tout restait possible, sans impression de savoir avec précision où l’auteur voulait m’emmener. Ma lecture s’est transformée en quête d’indices pour étayer ma théorie (qui était comme toujours la bonne : un as, je vous dis). La même enquête qu’Axiandre, d’une certaine façon. Si c’est pas un roman immersif, ça, je ne sais pas ce qu’il vous faut.

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