Le journal du Nightstalker – Steve Fabry

Le journal du Nightstalker
Steve “Serpent” Fabry

Le Monde des Étoiles

J’avais rencontré Steve Fabry au salon de Mon’s Livre en novembre dernier. Moment épique s’il en fut. On a eu depuis quelques échanges grâce à la magie des internets. Je me retrouve avec assez de matière pour présenter l’édifice du Nightstalker dans son ensemble.

Le journal du Nightstalker Steve Serpent Fabry Le Monde des Etoiles

Fabry est auteur du roman Le journal du Nightstalker, qui comporte deux tomes à ce jour, sortis en septembre 2017 et 2018 dans la collection Astre noir de la maison d’édition belge Le Monde des Étoiles.
Il est aussi bassiste chanteur des groupes Sercati (metal mélodique) et The Nightstalker (metal atmosphérique), qui ont tous deux un lien avec les romans. Comme l’explique Fabry : “Sercati raconte les moments clés de l’histoire alors que The Nightstalker raconte les moments plus personnels et comment le héros voit et vit les choses.”
Si vous voulez jeter un œil, une oreille ou tout autre partie de votre anatomie (on ne veut pas de détails), suivez le guide : Sercati sur Facebook, The Nightstalker sur Facebook et les deux sur Youtube.
En plus du texte et de la musique s’ajoute une troisième dimension : la vidéo, avec un court métrage et un found footage (un “trouvé métrage” en traduction pas du tout littérale).
Projet transmédia donc. Un aspect qui m’a emballé, puisqu’il permet de décliner un univers sur différents supports. On sait tous que j’adore croiser les effluves. Intéressant pour toucher des publics variés, qui accrochent à tel ou tel média plutôt qu’un autre. Intéressant surtout en termes de créativité, de jeu sur les codes de narration communs ou propres à chaque média. Pratique pour jongler en fonction des inspirations… avec la difficulté de devoir toucher sa bille dans pas mal de domaines.
“Je me sens toujours fort musicien dans l’âme. Beaucoup plus qu’écrivain. Mais j’ai une passion pour la réalisation en ce moment, j’aime beaucoup l’approche cinématographique.” (Citation de Fabry, est-il besoin de le préciser ?)
Je suis un fan absolu du transmedia et je trouve dommage qu’à l’heure actuelle on ne joue pas davantage dessus.

The Nighstalker metal
Les Castors Juniors : Riri, Fifi et Loulou.

Quatrième de couv’
Un ange décide de descendre du Paradis, de renoncer à sa vie auprès du Père afin de découvrir le sens de l’humanité et de sa propre existence. A travers découvertes et déceptions, il rencontre la part de bonté des hommes mais aussi la souffrance que beaucoup ressentent et est déchiré par cette dualité entre le bien et le mal. Cette prise de conscience le pousse à aider l’humanité dans sa quête de l’équilibre. Il devient un protecteur: le Nightstalker Plusieurs ennemis apparaîtront sur la route du héros mais aussi des alliés. Au milieu de ce champ de bataille, à qui pourra t-il se fier ?
Sur ses épaules pourrait reposer le sort de l’humanité…

Qu’en est-il du roman ?
J’en ressors mi-figue mi-raisin, paraît que c’est bon pour le transit.
Intégré dans l’ensemble de la démarche, Le journal du Nightstalker fait écho au versant musical et l’étoffe. Pris en lui-même, il n’a pas réussi à me conquérir à 100%.
La base de l’histoire est classique. Un ange déchu sur Terre découvre les humains, les émotions, les sensations… Très biblique (merci du scoop, Fred) et très Supernatural dans l’âme. J’adore la série TV, mais voilà, je connais.
Que l’affrontement entre les protagonistes soit manichéen ne m’a pas posé problème. Des anges, des démons, logique que le Bien et le Mal soient démarqués de façon nette. Le revers de la médaille, c’est que les personnages sont assez monolithiques et évoluent peu. Le Nightstalker fait exception mais pas tant que ça. À travers sa découverte du monde et des humains, il apprend, mais sans que sa nature profonde change. Il reste un ange, porté au Bien et protecteur de l’humanité.
Et puis, à cause du côté très sérieux de la lutte qui se joue, les personnages ont tendance à s’exprimer avec beaucoup d’emphase et de grandiloquence, versant parfois dans le too much.

Dans l’ensemble, des idées et des réflexions intéressantes mais, pour la partie “ésotérique”, déjà traitées par la littérature du genre. Il manque un petit quelque chose, une petite touche de nouveauté pour démarquer Le journal du Nightstalker du terrain connu des affrontements entre anges et démons. Après, ça vient peut-être de moi. J’ai visionné tout Supernatural et autres séries angélico-lucifériennes, lu un paquet de bouquins sur ce thème, pratiqué le jeu de rôle In Nomine Satanis/Magna Veritas, et je possède dans mes archives une vingtaine de textes analogues écrits dans mes vertes années. Je connais sans doute trop bien le sujet pour être surpris, à moins de tomber sur du super-méga-innovant-de-la-mort.
Par contre, pour les amateurs de récits classiques mettant aux prises des anges et démons ou pour ceux qui font leurs premières armes dans ce domaine, le bouquin est correct et assure le taf. Question de bagage de lecture et d’attentes liées au parcours de lecteur. Si j’avais mis le nez Le journal du Nightstalker au lycée, j’aurais adoré. Maintenant, sur le versant religieux, il m’en faut davantage, j’ai besoin que le contenu sorte davantage des sentiers battus.

À côté de ça, j’ai bien accroché au traitement comics du récit. Le Nightstalker prend des airs de Batman, super-héros qui s’y connaît aussi en rôdage nocturne. Et j’adore Batman ! D’ailleurs, si vous voulez me faire plaisir, offrez-moi le costume pour mon anniversaire (vu qu’une bonne réplique coûte la peau des rouleaux, n’hésitez pas à vous mettre à plusieurs pour vous cotiser, lancer une cagnotte sur le web, vendre les reins de vos enfants…).

Au final, j’ai préféré la partie musicale du Nightstalker au versant littéraire. Après je ne suis pas persuadé que ma critique du roman soit 100% pertinente (le mec qui se lance dans la critique de sa critique… bientôt Critiception, le film de Christopher Nolan !). Le projet Nightstalker forme un tout, donc à appréhender comme tel. Ne s’attacher qu’à un aspect, c’est passer à côté de quelque chose, autant dans le contenu que dans la démarche. Chaque déclinaison est complémentaire des autres et apporte quelque chose. Ainsi, le roman prend une autre dimension quand on l’emboîte avec la musique et la vidéo.
L’ensemble du projet m’a séduit, autant pour le transmédia, comme je disais plus haut, que pour sa richesse. Je garderai un œil et surtout une oreille dessus.

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