Le dragon médiéval (Lego Creator)

Dragon médiéval Lego Creator 31161

Ça faisait un bail que je n’avais plus acheté de Lego neufs, la faute à des prix de plus en plus prohibitifs, des sets de plus en plus médiocres et/ou cadrant de moins en moins avec mes centres d’intérêts. Et s’il y a bien un endroit où j’achète rarement des Lego, c’est le site de la maison-mère, qui est un des plus chers du marché. Les quelques fois où j’ai commandé des boîtes là-bas, c’est parce qu’il y avait à côté des cadeaux valables à récupérer, en quantité suffisante pour justifier l’achat initial au tarif plein pot.
Je suis un client si volatil pour la firme danoise que j’ai reçu il y a peu un mail pour m’annoncer que mes points de fidélité allaient s’évaporer d’ici une paire de mois. En effet, dans les conditions de vente que personne ne lit jamais, parce que rédigées de façon à ce que personne ne les lise jamais – interminables, ampoulées, soporifiques –, figure une clause comme quoi au bout d’un certain temps de passivité des points Insiders, ces derniers sont détruits. Une astuce de vente forcée qui ne dit pas son nom pour inciter à faire monter les points en commandant des boîtes ou à les utiliser en les échangeant contre des cadeaux qui seront envoyés sous réserve de commander quelque chose à côté, parce que tu peux pas juste demander les cadeaux obtenus avec tes points. Peu importe que la variation nécessaire pour les conserver s’oriente vers le haut ou vers le bas, dans tous les cas, faut consommer et passer à la caisse.
Bon ben, c’est ce que j’ai fait. Par contre, Lego a définitivement perdu un client. Pas leur meilleur consommateur, certes, m’enfin, clair qu’après ça, plus jamais je ne commande une boîte chez eux. Si je dois investir dans du Lego neuf, ce sera ailleurs, jusqu’à la fin des temps. Et je dis bien “si”… Parce que quand je regarde mon historique, mon dernier set Lego neuf remonte à octobre 2024 (le 40755), ça montre à quel point je me suis tourné vers l’occasion, les briques chinoises et les marques concurrentes pour me procurer ma came pour un coût raisonnable.
Or donc, j’ai commandé ce dragon qualifié de “médiéval”, sans qu’on sache trop pourquoi, vu qu’il n’y avait pas plus de dragons au Moyen Âge que pendant les autres périodes historiques. Quand ce set avait été annoncé, je m’étais dit “chouette, il a l’air classe”. Ensuite, le prix de 60€ m’avait dissuadé. À quarante balles, je l’aurais pris, à cinquante balles, j’aurais peut-être fait l’effort, pas à soixante. Déduction faite de mon stock de points VIP, il m’est revenu à 7,99€. Et je ne tire pourtant aucune satisfaction de cette bonne affaire. Rien que l’impression désagréable de m’être fait forcer la main.

Lego Creator dragon 31161

Une fois le colis reçu, il a été posé dans un coin pendant deux semaines. Bon indicateur de la motivation à le monter… Y a pas à dire, Lego a eu sur ce coup l’art de créer une ambiance qui donne envie !
J’ouvre enfin le colis, puis la boîte. Dedans, on trouve les notices pour les trois options de modèles et les sachets de briques. J’ai pas eu l’occasion d’en voir beaucoup jusqu’ici de ces nouveaux sachets plus très nouveaux aujourd’hui, les fameux emballages “papier” plus écolos que leurs prédécesseurs en plastique. Sans surprise, il ne s’agit que de greenwashing. Le papier est plastifié, soit une nouvelle génération d’emballage pas plus verte que l’ancienne. Moins pratique aussi. Je ne peux que vous conseiller de jeter un coup d’œil à l’intérieur une fois le contenu déballé pour vérifier qu’il est bien vide. Il arrive souvent qu’une petite pièce reste coincée dans un coin à cause de la rigidité du papier et comme les sachets ne sont plus transparents, on ne le voit pas tout de suite.
Pour une fois, les trois options de cette boîte Creator ont de la gueule. En général, on a plutôt un modèle alternatif très moyen et le dernier tout nase, quand c’est pas carrément deux versions remplissage histoire de justifier le “3 in 1”. Ici, le dragon chinois et le phénix ont la classe en plus de former un thème global d’animaux fabuleux.
Un bon point pour la notice avec des pages plus remplies. Plus d’une fois j’ai souligné ces grands espaces vides avec un schéma perdu au milieu. Semblerait que Lego ait décidé d’arrêter de gaspiller du papier. Certes pas par vertu environnementale, plutôt pour diminuer les coûts de fabrication et augmenter les marges, m’enfin, c’est toujours ça de gaspi en moins. Pas d’amélioration par contre du côté de la qualité d’impression déplorable qui rend certaines couleurs difficiles à différencier : dès le n°1, faut s’accrocher pour distinguer le dark bluish grey du dark tan, alors que les deux teintes ne sont du tout censées se ressembler.

Le montage s’est déroulé en deux phases. Primo, le trésor du dragon. Ensuite, j’ai arrêté au bout de dix minutes, gavé, en me disant que la suite serait pour plus tard. On sent bien les conditions d’achat peser jusque pendant le montage. À reculons que j’y vais… Un beau gâchis… Merci, Lego ! (Ou pas.)
Donc le trésor, avec de l’or. Normal. Un coffre, OK. Rouge et bordeaux, pas les couleurs les plus convaincantes. J’aurais plutôt choisi du marron, un ton qui rappelle le bois, vu qu’il est en bois, ce coffre.
Deux pitons rocheux viennent représenter la tanière du dragon, moyennant un effort d’imagination colossal. Faut être très motivé (ou de mauvaise foi) pour voir une caverne gigantesque dans ces stalagmites. L’une d’elle tient assez mal, accrochée par deux tenons seulement au socle. Par contre, elles sont indestructibles : les deux briques de base se voient renforcées par une tige glissée à l’intérieur. Inutile, la tige, les pièces tiennent très bien entre elles par simple emboîtement. On reconnaît là l’astuce qui consiste à coller ça et là des briques qui ne servent à rien, artifice pour gonfler le nombre de pièces affiché sur la boîte et par conséquent le prix.
C’est là que ça m’a gonflé et que j’ai marqué une pause.
Je m’y suis remis une paire de jours après, pas mieux disposé. L’impression de devoir me taper une corvée. Mais bon, il n’aurait servi à rien de laisser traîner le truc traîner des lustres. Crever l’abcès une bonne fois pour toutes et laisser derrière moi ce qui constitue la plus désastreuse expérience client de ma vie de consommateur, toutes marques confondues.

Coffre trésor dragon Lego

J’ai commencé par reprendre le socle du trésor. Au revoir, les pitons pourris et le rouge pompier du coffre.
Le dragon lui-même ne restera pas dans les annales de l’assemblage le plus palpitant. On est sur un design symétrique, donc répétitif. Les pattes avant, la droite, la gauche. Les pattes arrière, la droite, la gauche. Les ailes, la droite, la gauche. L’essentiel du montage consiste à faire dans un sens puis à refaire dans l’autre.
J’ai pas fait gaffe à l’heure, mais on en voit assez vite le bout. Le rapport prix/temps de construction rejoint donc la liste des éléments qui restent en travers de la gorge. Trop vite plié pour qu’on en ait pour son argent.
Ce dragon, à la fin, il a de la gueule, on ne peut pas le nier. Un beau modèle, faudrait être de mauvaise foi pour affirmer le contraire.
Mais…
Il manque une pièce. De la même façon que sur tous les sets, on se demande toujours pourquoi, à cet endroit-là, y a pas telle brique pour parfaire la finition. Pinaillage ? Ah mais oui, carrément. Depuis une paire d’années, le tarif des Lego grimpe à une vitesse terrifiante, alors au prix où les sets sont vendus maintenant, on attend quelque chose de parfait. Un bidule à trois ronds cinquante, tu t’en fous que les finitions soient pas oufissimes. À 60 balles le dragon, tu peux te permettre d’avoir des attentes. Et de râler si elles ne sont pas comblées.

Dos dragon Lego détail

Pourquoi y a-t-il sur le dos quatre foutus tenons apparents disgracieux ?
Pile à l’endroit où on pourrait asseoir un personnage chevauchant le dragon, sauf que la boîte ne contient aucune figurine. Les possibilités ne manquent pas pour combler ce trou, les pièces existent, dans le coloris requis, aucune excuse donc. Y a juste un trou dans l’échine (cherchez pas de contrepèterie dans cette phrase). L’ultime point noir d’un set qui aura été un chemin de croix du début à la fin.

Lego Creator dragon médiéval 31161

C’est un chouette bestiau et je ne regrette de le voir trôner sur mon étagère. Par contre, tout le reste, je regrette comme jamais. Le prix initial, les coloris confus de la notice, les sachets faussement écolos, le montage rapide et répétitif, le manque de soin sur la finition et par-dessus tout le programme Insiders de Lego avec son système de points assortis d’une date de péremption qui mène tout droit à de la vente forcée.
Un beau dragon dans l’écrin merdique de la pire expérience utilisateur à tous les niveaux.

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