Zombie Walk

Zombie Walk
(Giuseppe Manunta & Fabrice Linck)

Deux tomes de BD zombie, le premier de Manunta et Linck, le second de Manunta tout seul. A-t-il été infecté entre les deux volumes ? A-t-il dévoré son collègue ?

Manunta est un Napolitain (pas le gâteau, un natif de Naples) qui vit à Strasbourg. Jusqu’ici, je le connaissais pour ses BD érotiques (Contrôle de peau lisse, Les butineuses, Scandales, Les 5 sens d’Eros…). Elles ont le mérite de l’explicite sans la vulgarité ou le hardcore faciles, à l’image d’un Manara. Ce sera d’ailleurs la seule comparaison entre les deux Italiens, leurs styles respectifs n’ayant rien à voir. Manara fait du Manara et Manunta du Manunta.

Mais on n’est pas là pour parler cul, même si le thème partage un point commun avec les zombies : la chair est au cœur du débat.
Alors les zombies, voilà belle lurette qu’ils ne me font plus triper. Depuis 28 Jours plus tard et Resident Evil, le genre s’est montré plus envahissant que les Teutons des années 30-40. Trop de zombies partout. C’est dans le ton, tu me diras.
Zombie Walk s’inscrit dans la mouvance du zombie contemporain, infecté plutôt que mort-vivant. Canons du genre respectés, point de départ, développement et péripéties classiques, cette BD ne révolutionne pas l’histoire de zombies. En même temps, ce n’est pas le but recherché et ça ne l’empêche pas d’être bien ficelée comme un rosbif (ou Akira Lane si tu préfères les références plus olé-olé). S’ajoutent un rythme dynamique et un dosage équilibré entre action et dialogues.
Fait assez rare pour être souligné, Zombie Walk ne se déroule pas aux States. Tout commence en France, à Strasbourg, avant de bifurquer vers l’Italie dans le tome 2. Un choix bien vu, ces décors changent des éternels gratte-ciel et pavillons de banlieue ricains.

La horde zombie, une œuvre originale signée par bibi.

Côté dessin, chacun aura compris à mon formidable coup de crayon que ce n’est pas un domaine dans lequel je brille (sauf si on m’oppose des gosses de deux ans et encore…). Manunta dessine beaucoup mieux. Tu vas me dire, c’est pas difficile. Certes, mais lui il est vraiment très bon.
Dans Zombie Walk, il a choisi le dessin en noir et blanc au crayon. Un parti-pris intéressant qui colle à l’ambiance. Une invasion zombie, on l’associe au chaos, à l’urgence, à l’improvisation, à la fuite précipitée… Quelque chose d’assez brouillon en somme. Le crayon en rend parfaitement l’idée, plus qu’un tracé bien net à l’encre avec plein d’aquarelle dedans. La force de son style, elle est là : restituer l’esprit brouillon sans donner au lecteur l’impression d’en avoir un sous les yeux. Le dessin est à la fois propre, précis et fouillé. Et documenté aussi, Strasbourg dans la BD ressemble à Strasbourg IRL.

(Images issues du site de l’éditeur et .)

A l’arrivée, bonne BD, classique dans son histoire mais efficace. Zombie Walk sort son épingle du jeu par des choix intéressants en matière de contexte franco-italien et de graphisme. Si une adaptation BD de Manhattan Carnage devait voir le jour, on tient l’homme de la situation.

2 pensées sur “Zombie Walk”

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