Spam est là

Que serait un blog sans sa foultitude de commentaires indésirables ?

Inutile d’attendre une réponse, la question était rhétorique.

Je ne vais pas m’embarquer dans un descriptif de toutes les méthodes qui existent pour lutter contre le spam. Ton ami Google abonde en résultats sur le sujet. Tu feras juste gaffe que les pontes en informatique qui t’annoncent des solutions miracles pour “éradiquer totalement le spam” racontent des conneries. Déjà, les adverbes en -ment, c’est petit. Ensuite, bonjour le pléonasme (une éradication est par définition totale). Enfin, la solution parfaite n’existe pas.
La modération manuelle est fastidieuse et chronophage. Le blocage d’IP par .htaccess équivaut à remplir le tonneau des Danaïdes. Les captchas sont inconfortables pour l’utilisateur. Les plug-in encore faut-il qu’ils soient à la fois compatibles, à jour, pas trop gourmands, pas trop permissifs sinon ils ne servent à rien, pas trop restrictifs sous peine de générer des faux positifs. Pis bon, c’est gentil de tout automatiser, mais à la base, c’est toi qui est censé avoir la main sur ton blog, pas le plug-in qui décide à ta place.
Bref, faut mixer un peu tout ça à sa propre sauce pour pouvoir garder le contrôle tout en évitant d’y passer des plombes.

Mais laissons de côté ce sujet assommant et passons à la cérémonie des palmes du spam : le spalmarès.

Laurel et Hardy, les lauriers de la victoire.

Côté IP, médaille d’or à la Russie, l’argent revient à l’Ukraine et le bronze à la Chine (inutile de chercher la contrepèterie). Ce trio arrive très loin en tête, dopé comme des athlètes russes, ukrainiens ou chinois.
Ensuite, quelques challengers qui se débrouillent pas mal et obtiennent un classement honorable (USA, France, Pays-Bas, Philippines, Brésil, Japon, Royaume-Uni, Allemagne).
Pour le reste, on navigue dans le dilettantisme le plus total. Du Népal à l’Afrique du Sud en passant par la Lorraine à peu près tous les pays du monde, l’ONU du spam offre un bon moyen de réviser sa géographie.

Sur la première marche du podium des pages cibles, Joyland de Stephen King. Logique, le titre pourrait aussi bien être celui d’un film de boule. La deuxième place revient à Journal d’un marchand de rêve d’Anthelme Hauchecorne. Pourquoi lui ? Bonne question. Ex æquo pour le bronze, le Noël d’auteur de Marc Falvo et la librairie Meura de Lille. Autant pour Falvo, j’imagine que sa chronique d’un bouquin de Sasha Grey, autant Meura…
Ces quatre pages concentrent plus des trois quarts des commentaires indésirables, le reste se répartit de façon aléatoire sur… le reste (aussi).
Reconnaissons un mérite aux bots : ils ont bon goût en matière d’auteurs et de bouquins.

Qu’est-ce qu’on me propose de beau ? Des tonnes de trucs en russe, autant dire une prose sur laquelle je peux m’asseoir vu ma maîtrise de la langue de Gogol. Si ça se trouve, c’est de l’ukrainien, mais la référence à Gogol marche aussi. De temps en temps, un peu d’hindi ou de chinois pour varier les plaisirs de l’incompréhension.
On essaye surtout de me fourguer du cul… sauf qu’on me doit me confondre avec un autre. Le porno gay, trans, travesti n’est pas ma tasse de thé, je vous demande de vous arrêter. Envoyez-moi plutôt des liens avec des naines obèses unijambistes. ‘Fin bref, du fion sur Internet, ça n’étonnera personne.
Autre business qui marche (en tout cas pour le spam, les ventes, faudrait vérifier), les médocs. Si j’achetais toutes les substances qu’on me vante, je recevrais chaque jour des brouettes de pilules, de quoi me lancer dans le deal de drogue ouvrir la plus grande pharmacie de l’univers. Sans exagérer. Au pire, à défaut de couilles en or, je possèderais un gourdin en adamantium capable de transpercer un char d’assaut. Ne reste plus qu’à coudre mon costume de Teuberine, le Wolverine du braquemart.
Dernière catégorie du top, les assurances. Pourquoi en aurais-je besoin alors qu’un buste d’Athéna trône sur mon bureau ? Il ne peut rien m’arriver. Modèle d’efficacité, l’égide surclasse les polices les plus avantageuses. Tarif imbattable en plus. Revenez avec de meilleurs arguments de vente. Ou mieux, ne revenez pas.

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