Sire Cedric

Sire Cedric
(Présentation non officielle
)

Il s’appelle Sire Cedric, sans accent, il y tient. Il sera le parrain des Halliennales qui se tiendront le 7 octobre prochain. Son nom est synonyme de… euh… ben rien. Cédric étant un prénom, il n’a de sens identique qu’avec lui-même selon le principe des nombres premiers appliqué à l’onomastique.
Mais au fait, qui est-il vraiment ?
(Dans le genre question cheap, ça se pose là, mais je suis en train de bétonner mon CV pour bosser au JT de France 2. Je m’adapte donc au zéro absolu de la qualité d’écriture.)

Lui, la qualité d’écriture, la vraie, il connaît.

La première fois que je suis tombé sur le nom de Sire Cedric remonte à longtemps. Début des années 2000 à peu près, je crois, il me semble. Ou peut-être la toute fin des années 90. Enfin, je sais plus. Des temps immémoriaux qui remontent à l’époque où le bonhomme s’auto-éditait, sauf que je ne vois pas trop comment le bouquin aurait atterri à Lille quand on sait qu’il est originaire de Haute-Garonne (autour de Toulouse pour ceux qui ne connaissent pas leurs départements). A l’époque, l’auto-édition restait très locale : on vivait dans l’Âge obscur, le monde d’avant le numérique et l’Internet pour tous (mais après l’extinction des dinosaures, je ne suis quand même pas si vieux).
‘Fin bref, je traînais dans le rayon fantastique du Furet du Nord. Tout en bas d’une étagère, un livre qui avait tout l’air d’un machin fait maison. Je l’ai reposé en voyant le nom de l’auteur. “Sire”, je trouvais le titre pompeux. (En même temps, je jouais un Caitiff à Vampire, d’où réticence avec la hiérarchie.)
Plus tard, je réentends parler ici et là dudit Sire. Sauf que jamais il n’est question de ses textes, juste “il est beau”. Alors ça non plus, ça ne m’a pas poussé pas à m’intéresser. Tu te dis que si la seule impression que laisse un auteur vient de son physique et pas de ses romans, son écriture ne doit pas avoir des qualités de prix Nobel de littérature. Je sais, ça sonne comme une réflexion de type moche et aigri… En même temps, je suis moche et aigri, donc niveau logique, on est bon.
(Ellipse narrative, les années passent.)

Et voilà que Don Cédric est annoncé comme le nouveau parrain des Halliennales, successeur de Don Clavel. L’an dernier, comme un gros malin, j’étais arrivé les mains dans les poches, sans avoir lu Clavel. Il l’a bien pris, n’empêche que je me suis senti un peu con. Depuis, je me engagé dans la légion romaine avec Furor, histoire de rattraper le coup. Cette fois-ci, fini de jouer les baltringues, je me prépare à l’avance et donne dans le pléonasme (parce que si t’arrives à te préparer a posteriori, tu me fais signe).
Je lis L’enfant des cimetières. J’en arrive à deux conclusions. Primo, quand on est jeune, on est con. Le meilleur moyen de se faire une idée d’un auteur reste encore de le lire, plutôt que se baser sur son pseudo ou les pâmoisons des unes et des autres devant son physique. Deuzio, Sire Cedric écrit bien. Si j’aurais su, je m’y serais mis avant, surtout vu le nombre de références qu’on a en commun (Lost Highway, Stephen King, Clive Barker, Dean R. Koontz, le metal…).

En attendant la chronique de L’enfant des cimetières que je publierai dans une paire de jours – et si tu n’as pas de patience, sache que ce roman est excellent –, revenons sur la bio de l’auteur.
Ou pas.
Plutôt que pondre un palimpseste-digest-pot-pourri de son site, de Wikipedia et de la brouette d’articles de presse, je t’invite à te sortir les doigts et à chercher toi-même.
Je vais te parler de la vérité vraie, celle qu’on ne trouve pas sur le oueb. Enfin si, puisque tu l’as sous les yeux.

Il circule à l’égard de Sire Cedric bien des théories et des légendes. D’aucuns disent qu’il serait né dans les hautes terres d’Ecosse il y a 400 ans et aurait inspiré le film Highlander (F. Arfelu, Des hommes en jupe, p.142). Faux, bien sûr, il s’agit d’une confusion avec un homonyme, Cedric MacLeod, du clan MacLeod (merci La Palice).
La théorie selon laquelle il aurait été adoubé par le roi Arthur en personne ne tient pas debout non plus : on ne le voit jamais dans Kaamelott.
Quand on se prénomme Sire, on ne peut qu’être vampire (W. Wolf (dir.), Vampire : La Mascarade). La photo supra ne laisse planer aucun doute : le teint pâle, les yeux rouges, le rictus maléfique, c’est signé (il va de soi que le cliché n’a pas été retouché, je ne maîtrise pas Photohop – par contre je mens comme je respire). Lors d’une interview que j’ai inventée de toutes pièces, Anne Rice avouait que Cédric avait servi de modèle pour le personnage de Lestat. En plus le Cédric s’habille noir, preuve de son lien avec les ténèbres, au même titre que Dark Vador, Palpatine et Zorro. Ou alors il a juste bon goût en matière de fringues (et je ne dis pas ça parce que je me vêts tout de noir aussi, sous-vêtements inclus).
Autre point commun avec Lestat, la musique. Sire Cedric écouterait du metal. Mouais… Une version officielle qui cache sans doute un amour immodéré du musette-accordéon. Ok, il porte du noir, il a les cheveux longs MAIS quand tu regardes les photos avec attention, tu remarques un sacré détail : des avant-bras vierges. Alors, tu m’excuseras, mais sans tatouages, on n’y croit pas une seconde. Les gens qui écoutent du metal lancent leurs cheveux longs dans tous les sens, boivent de la bière en éructant du norrois/latin/ph’nglui mglw’nafh Cthulhu R’lyeh wgah’nagl fhtagn et sont peinturlurés de partout en caractères gothiques. L’autre option serait que les gens bien-pensants soient bardés d’a-prioris sur les métalleux et les affublent de clichés, mais ça m’étonnerait, pas le style de la maison Propresursoi (en tout cas, pas si tu es un homme blanc, hétéro, catholique, coiffé court et nanti d’un nom à particule, voire nanti tout court).
Après, faut voir le bon côté. Quand je rencontrerai Sire Cedric aux Halliennales, on finira ex æquo au concours de noirceur de fringues, je perdrai l’épreuve de longueur de tifs d’une courte tête mèche, mais je remporterai la médaille d’or des gribouillages corporels.

Tout ça pour dire deux choses. La première, vivement les Halliennales, j’ai hâte de rencontrer le bonhomme. Au passage, Cédric, je te propose qu’on fasse abstraction de nos titres respectifs, sinon il faudra m’appeler “maître” ou “sensei” et je sens qu’on va se fatiguer très vite de jouer aux réceptions de l’ambassadeur (sauf si tu amènes des Ferrero rochers).
La seconde, lisez, creusez, approfondissez, ne vous arrêtez pas à de vagues impressions basées sur du rien, de l’à peu près ou des images d’Epinal, sinon vous risquez de passer à côté de choses et de gens qui méritent au contraire qu’on s’y arrêtent.

Sur ce, petit teaser maison et à bientôt pour L’enfant des cimetières, la chronique.

4 réflexions sur « Sire Cedric »

  1. Aha, j’avoue avoir plus découvert le bonhomme par curiosité que pour sa beauté ! 😀 L’enfant des cimetières, je l’ai écouté en audio (et c’était déjà génial), sinon j’ai lu « De Fièvre et de Sang » avec deux de ses personnages récurrents qui sont aussi géniaux !
    Bref, il faut que je me penche davantage sur la biblio du Sire pour en apprécier toute l’entendue du talent.
    Merci pour cet excellent article et bons Halliennales !

    1. J’ai dans l’idée que je vais laisser une belle ardoise à son stand. En espérant qu’il ait encore des recueils de nouvelles sous la main, je suis curieux de voir ce qu’il donne en récit court.

    1. Pour ça, je ne m’inquiète pas, tu vois. J’arrive la veille du salon pour filer un coup de main à installer tout le bazar, donc si ça se passe comme l’année dernière avec Clavel, je l’aurai pour moi tout seul la moitié de l’après-midi. 😀

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