Noël d’auteur : Stanislas Petrosky

L’invité du jour pour le Noël des auteurs est Stanislas Petrosky – des fois que le titre en police taille 172 t’ait échappé – dont j’ai parlé , et (tralala). Figure récurrente aussi chauve que Monsieur Propre, il va nous parler de…

L’étrange Noël de mister K
(Par Stanislas Petrosky)

Il est marrant Mister K, choisir un bouquin à conseiller pour Noël, deux au maximum.
Ok, d’accord mon ami, pas de souci je te fais cela…
Bon ben voilà, démerde-toi maintenant.
Au départ j’ai cherché dans ma biblio si j’avais un livre qui se déroule au moment de Noël, je me souvenais de l’histoire de ce gosse qui croyait encore au père Noël et qui voulait le choper, il avait piégé la baraque et là pas de vieux bonhomme en rouge mais un psychopathe. Puis j’ai retrouvé le titre : 3615 Code Père Noël, merde c’est un film le con… (mais un très bon film de René Manzor, n’hésitez pas)
Du coup j’ai décidé de ne pas me faire chier et de conseiller deux livres qui ont changé ma vie.

Le premier m’a juste donné l’envie de lire, un jour on me l’a offert, et là, au fil de pages j’ai compris qu’il n’y avait pas que la BD dans la vie : Le vieil homme et la mer d’Hemingway…
L’histoire de Santiago, un vieux qui part seul sur son bateau. Il va livrer le combat de sa vie contre un poisson, et pas n’importe quel poisson, un “putain” de marlin de fort beau gabarit. Un roman court, d’aventures. Quand tu as onze piges, il t’inculque la volonté, le courage, l’humilité et le respect de l’adversaire : “Tu veux ma mort, poisson, pensa le vieux. C’est ton droit. Camarade, je n’ai jamais rien vu de plus grand, ni de plus noble, ni de plus calme, ni de plus beau que toi. Allez, vas-y, tue-moi. Ça m’est égal lequel de nous deux tue l’autre”. Bon ok, je n’ai pas retenu toutes les qualités, depuis de l’eau a passé sous les ponts et de la bière dans mon œsophage. Mais pour faire lire un gosse, c’est court, palpitant, puis merde Hemingway quoi !
Offrez-le à vos chiards, ce sera toujours mieux que de les voir s’aliéner devant Hanouna…

Le second c’est celui qui m’a donné envie d’écrire, celui avec lequel je bassine tout le monde depuis des années : Une seconde de toute beauté de Frédéric Dard.
C’est une romance noire, ça cause d’amour, l’interdit, celui qui est le plus fort, le plus violent. Si violent qu’Elena meurt. On la retrouve sans vie, le pistolet de son vieux gisant à côté d’elle. Elle vivait dans une ferme coloniale au milieu de sa famille. Mais qui était-elle ? Est-ce que son mari, sa sœur, ses parents, l’oncle, tous, est-ce qu’il la connaissait vraiment ? Et si le seul qui savait qui elle était vraiment fut son amant ?
Un huis clos magnifique, violent et pathétique, où les personnages tombent les masques au fur et à mesure du déroulé des pages, teinté d’une véritable et belle histoire d’amour. Dans ces 217 pages, on trouve tout le talent et tout le romantisme de Frédéric Dard, faut le lire ce livre, faut l’offrir.
Et puis ensuite enchaîner sur mon San-Antonio préféré : J’ai peur des mouches, mais bon on a le droit qu’à deux bouquins, donc je ne peux pas dire que cet opus du commissaire est l’un des plus sombres sur cette ordure qu’est l’homme : “Curieux, comme l’individu est mauvais. Il a toujours un peu de bile dans un coin de la bouche, et un peu de fiel dans l’autre. L’homme a besoin du mal. C’est pour lui une sorte d’organe essentiel. Peut-être qu’après tout c’est mieux ainsi. Peut-être que le mal n’est pas un mal ? Si nous étions parfaits, nous ne supporterions pas la précarité de notre condition ! Tandis qu’en étant pourris de mesquineries, les mocheries de l’existence sont moins apparentes.”

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