Lectures de vacances (2)

Deuxième volet des lectures de vacances, avec une sélection un peu plus légère que la précédente.

Dexter
(Jeff Lindsay)

A moins d’avoir passé les dix dernières années enfermé dans la tour de Londres, tu as dû entendre parler de Dexter Morgan. Expert auprès de la police de Miami pour tout ce qui touche à l’hémoglobine, il occupe son temps libre à buter des gens. Tueur en série, donc, mais un gentil : il ne s’attaque qu’aux criminels passés au travers des mailles du système judiciaire. Un jour faudra qu’on m’explique cette histoires de mailles vu qu’on représente la Justice avec un glaive et une épée, pas un filet.
Huit romans dont sept sortis en français, une série de sept saisons soit trois de plus que ce fainéant de Vivaldi. Que tu aies vu ou pas la version TV, pas important. La suite de romans démarre au même point, se termine à peu près pareil, mais entre deux les récits divergent. Plutôt une bonne chose, puisque connaître Dexter sur un support ne spoile pas trop l’autre.
Côté points communs, outre les évidences (concept, lieu, personnages), on retrouve le même frisson au début… et la même déception à la fin. La série était bonne sur les 4-5 premières saisons avant de s’enliser dans le bavardage (saison 6) puis de virer dans le n’importe quoi scénaristique (saisons 7-8) pour se viander dans son final comme une fiente sur un pare-brise. Les romans, eux, tiennent moins de la lente dégringolade que des montagnes russes. Très inégaux entre eux : les deux premiers sont bons, le troisième affligeant, le quatrième est correct, le cinquième moyen, le sixième sympa mais prévisible, le septième bon mais qui s’essouffle, le dernier est torpillé par la même fin moisie que la série. Un truc ni fermé ni ouvert qui soi-disant laisse le soin au lecteur d’imaginer ce qu’il veut… Perso, j’appelle ça un bon plan pour l’auteur en vue d’une reprise le jour où il aura besoin de pognon.
Donc Dexter oui et non. Je crois qu’il vaut mieux s’en tenir au premier tome.

Ça n’a l’air de rien, mais il y a 2000 pages là.

Sherlock Holmes
(Arthur Conan Doyle)

A moins d’avoir passé les cent trente dernières années enfermé dans la tour de Nesle, tu as dû entendre parler de Sherlock Holmes. Personnage iconique, le plus adapté tous médias confondus (radio, BD, TV, ciné, jeux vidéos…), copié, cloné, pastiché, décliné à l’infini.
Si l’Arthur n’a pas inventé le genre policier, il l’a marqué au fer rouge (comme l’étude du même nom). En soi, raison suffisante pour lire les aventures de Sherlock Holmes. Quand un personnage pèse autant sur l’imaginaire et depuis si longtemps, on ne peut pas en faire l’économie sans que pléthore d’œuvres y perdent du sens (Agatha Christie, le courant steampunk, Docteur House…).
En plus, même juste “comme ça”, les aventures de Sherlock restent indémodables et une excellente lecture.

Cycle Pendergast
(Douglas Preston & Lincoln Child)

16 volumes dont j’ai lu une grosse moitié. Un machin à l’américaine, à savoir que la structure du cycle obéit à la même logique que certaines séries TV. De quoi ravir les amateurs de géométrie variable… Certains romans se suffisent à eux-mêmes, d’autres reprennent là où le précédent volume s’arrêtait, deux trilogies viennent se glisser en cours de route. Un joyeux foutoir… A noter aussi que d’autres romans écrits par les deux compères (par exemple Ice Limit sur la photo alors qu’il n’appartient pas à la série) voient certains personnages apparaître dans le cycle.
Aloysius Pendergast, le héros du cycle, m’a laissé de marbre. Prototype aryen, prénom à la godille (comme Sherlock Holmes), parle une chiée de langues (comme Sherlock Holmes), centres d’intérêt hétérogènes (comme Sherlock Holmes), pété de blé et issu d’une vieille famille aristocratique (dans un esprit mi-Agatha Christie mi-Bruce Wayne), tiré à quatre épingles (comme Hercule Poirot), roule dans une vieille bagnole (comme Columbo), bardé de bidules camouflés sur lui (comme Batman). Bref un condensé d’enquêteur de fiction mâtiné de super-héros, héritier de tellement de figures qu’il a du mal à en être une lui-même. En caricaturant à peine, Pendergast n’est ni plus ni moins que Sherlock Holmes devenu agent du FBI au XXIe siècle.
A côté de ça, les histoires sont plus intéressantes. Sur une base de thriller, les auteurs s’aventurent à la lisière de l’horreur, de la SF, du fantastique (tout en restant dans le très rationnel). Tiens, c’est marrant, les trois genres que je viens de citer me font penser à un autre gars connu pour les mélanger (Lovecraft pour ceux qui n’auraient pas deviné).
A l’arrivée, de la lecture de divertissement correcte, pas mal fichue mais pas renversante non plus. L’équivalent papier du blockbuster : recettes éprouvées, surtout pas prendre de risques ni bousculer les lecteurs. A l’arrivée, ça se lit bien, ça se lit vite… et s’oublie tout aussi vite dans les mois qui suivent.

Série B
(Stan Kurz / Marc Falvo)

J’en ai déjà pas mal parlé, je ne vais pas refaire l’article. Premier tome chroniqué , les autres ici, l’épisode bonus audio hop hop hop. Suite prévue à l’automne, autant dire que j’ai hâte de voir l’été se terminer.

Lectures de vacances :
épisode 1
épisode 3
épisode 4
épisode 5
épisode 6
épisode 7

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *