Le Vampire de Belgrade

Le Vampire de Belgrade
(Vuk Kovasevic)

Tu kiffes les vampires à l’eau de rose amateurs de papouilles gentillettes ? Super, tu vas adorer Vuk Kovamachin !
Tu préfères les monstres bien méchants, bourrins, avides de sang ? Pareil !
Tu trouves que j’essaye de ratisser large avec mon intro pourrite ? Oh, comme si…
Ouaip, j’écris “pourrite”, pas comme tous ceux qui croivent au mythe du t fantôme.

vampire-belgrade
Citation pour la route : “J’ai l’impression qu’on vient de me brouiller l’écoute. Oui, il s’agit bien d’une contrepèterie.”

Le Vampire de Belgrade est le premier volet des aventures de Vuk Kovachose. Deux ans après sa sortie, on attend toujours la suite. Enfin quand je dis “on”, c’est surtout les autres, je me suis fait une raison. Pourtant, elle existe déjà, y en a même sept, de suites ! Rappelez-vous la collection Les Echappés de l’Enfer chez feu Vauvenargues. Et que je dis “vous”, c’est vous, parce que j’ignorais son existence avant de me lancer dans mes recherches pour cette chronique.

Or donc, nous partons pour l’ex-Yougoslavie, une de ces créations géniales de diplomates et cartographes à la petite semaine. La même école a formé les gros malins qui ont tracé les frontières en Afrique et pondu une Belgique dont une moitié ne peut pas encaisser l’autre.
Vuk Kovatruc patauge dans ce merdier serbo-croato-slovéno-bosniaco-et-cetero. Il est soldat, il fait la guerre, il tue, pendant que j’enchaîne les évidences – je m’entraîne en secret pour le concours de Miss Pouf France, mais chut, je ne t’ai rien dit.
Il nous raconte ses aventures à la première personne à la manière d’un Orcus Morrigan. Je le cite à dessein – comme dirait Pascal – parce que la parenté d’esprit saute aux zœils. Format, couverture, ton, humour noir, dehors comme en dedans, Truc Kovasevic et Orcus se ressemblent comme deux gouttes d’eau (ou les jumelles que tu aimerais bien coller dans ton pieu, si tu préfères des comparaisons moins énculées). L’idée d’un cross-over entre les deux séries avait même été évoquée, c’est dire si les gugusses chantent sur la même longueur d’onde. Et des fois que tu te poses la question, la réponse est non, Gillio ne se cache pas derrière Le Vampire de Belgrade. Le gars aux manettes, c’est Jean-Luc Bizien.
Là, je me retrouve coincé. Parce que si tu as cliqué sur le lien plus haut, tu as parcouru ma formidable modeste chronique de Manhattan Carnage. La suite risque de puer la répétition et j’ai horreur de ça. Parce que je n’aime pas me répéter, si tu n’as pas lu ma prose, je t’invite à rattraper ton retard, ça m’évitera de me répéter – chose que j’ai en horreur.

Vuk Kovatsoin appartient à cette catégorie de héros qu’on appelle “mauvais cul” en canadien, badass en hollywoodien et dur à cuire en français. Un jour, faudra qu’on m’explique comment le cul de ass s’est transformé en radical de cuire (cul-ire, la colère du fion ?). Bref.
Un héros pas gentil, méchant même, qui prend son pied à tuer, le vilain garnement. Mais on l’aime bien, parce qu’il n’hésite pas à se fendre d’un calembour, d’une contrepèterie ou d’une citation de Clint Eastwood.
Sa route croise celle d’un vampire, sans surprise vu que le titre donne un petit indice. Pas de smoking, d’ado crétin qui brille au soleil, mais un nosferatu méchant pas beau qui te pompe à mort, pire qu’une imposition made in France.
Qui dit vampire dit chasseur de vampires. Vuk Onvasévir en rencontre un, tout en cigarillos, mystères et sorties théâtrales. Drago endosse le rôle, quelque part entre Sélène d’Underworld et Blade de Blade. En moins vampire que les deux et avec moins de totottes que Kate Beckinsale (note : penser à effacer mon historique de recherches Internet). Seule faute de goût de ce roman : beaucoup de cuir et trop peu de nibards.

kate-beckinsale-underworld
Moi, j’ai des goûts simples : cuir et latex, ça me convient très bien.

Sinon, dans l’ensemble, bien. Mis à part une légère surdose de notes de bas de page, pas grand-chose à critiquer. Y a de l’action, de la castagne, du rythme, des vannes, des vampires, Belgrade, t’es pas volé sur la marchandise. Une bonne littérature de divertissement.
Après, ce volume 1 ne constitue que l’amorce d’une série prometteuse mais inachevée (sauf pour les heureux veinards qui possèdent la version Vauvenargues). Beaucoup de questions en suspens, de prémices dont on attend le développement. “Faut sucer qui pour avoir la suite ?” demandait en son temps Dracula… ou la regrettée Karen Lancaume. Le doute m’habite sur la paternité de la citation.

4 pensées sur “Le Vampire de Belgrade”

  1. Ce n’est peut-être pas gentil pour certains auteurs, mais à chaque fois que je te lis, je me marre toute seule derrière mon écran.
    Bon à l’occasion, si je tombe dessus, je le lirai peut-être.

    1. Dans le monde de l’édition, personne n’est là pour être “gentil”. Si chacun faisait son taf (auteurs, éditeurs, lecteurs, critiques), je ruerais moins dans les brancards dans certains cas. D’un autre côté, on rigolerait moins.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *