Funestes Murmures

Funestes Murmures
(Nathy)

Deuxième volet de la série Lune Ecarlate avec ces Funestes Murmures, un recueil de nouvelles sous la plume de Nathy.

funestes-murmures

Quatre-vingts pages qui se lisent assez vite. Dans l’ensemble, plutôt pas mal.
J’aurai du mal à donner un avis tranché vu que le bouquin ne cadre pas avec mes goûts actuels. J’aurais émis une opinion très différente si je l’avais lu il y a vingt-cinq ans, quand j’étais jeune et con dans ma période poète maudit – tous les littéraires sont passés par là… donc si, jeune et con… Aujourd’hui, goûts, attentes, beaucoup de choses ont changé. La faute à personne, ni à l’auteur ni à bibi.
Les ambiances sombres et les fins cruelles, ça, j’accroche. Mais Funestes Murmures s’adresse à un autre lectorat, qui aimera en plus une teinte mélancolique, romantique et/ou onirique. Des nouvelles comme L’ange de la mort, Demoiselle des cendres et Mélanie visent en premier lieu un public féminin, c’est patent. Autant dire qu’un bourrin dans mon genre colle moyen au profil… Pas ma tasse de thé, pour citer Paul Ricard.
Tout de même, j’ai bien aimé Le temps rattrapé pour sa fin ironique. Mon côté connard est friand de ces chutes vicelardes.

schwarzenegger-hamlet
You talkin’ to me?

“Une large silhouette obscurcit le ciel ou ce qui s’en rapprochait. Tout bruit cessa aussitôt. Le murmure des morts, le bruissement des ailes, tout semblait figé, comme statufié. Une créature sombre se révéla et se posa devant la jeune fille apeurée, deux immenses ailes noires se refermèrent et là, elle le vit, son ange.” Petite citation offerte par la maison, ma générosité me perdra, je sais…

Les six nouvelles relèvent du fantastique dans sa définition stricte, l’immixtion du surnaturel dans un cadre réaliste. A définition classique, style classique, les deux cadrent bien.
Les inspirations vont du mythe d’Orphée à Cendrillon en passant par la dame blanche (le spectre, pas le dessert) ou la figure du prince charmant. Je ne compte plus les textes qui m’ont gavé, proposant de réactualiser de vieilles histoires pour se contenter en fait de les paraphraser. Pas de ça ici, Nathy évite le banal copier-coller. Elle fait sentir les influences mais s’en éloigne assez pour les replacer dans son propre univers. Univers qu’elle dévoile aussi à travers une demi-douzaine d’illustrations intercalées entre les nouvelles.
Après, on peut reprocher au recueil la structure récurrente des textes qui le composent. Chaque histoire s’achève plus ou moins comme la précédente, une chance qu’il n’y en ait que six. Même si ce point commun tisse un fil rouge qui lie les nouvelles entre elles, un peu de variété aurait été bienvenue.

Dernière remarque, il serait bon qu’un correcteur rejette un œil sinon deux au bousin, j’ai croisé pas mal de coquilles orthographiques (des fautes, quoi). Faudrait pas que les démons Grevisse et Bescherelle s’énervent au point de pulvériser la porte des enfers. Sinon, ce sera encore le foin pour les renvoyer 666 pieds sous terre.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *