Critiques express (5)

Hétéroclite : adjectif qui s’écrit en un seul mot, sauf quand on parle de littérature érotique. Ce qui ne sera pas le cas aujourd’hui, pas la peine de commencer à débraguetter vos frocs.
Au menu : L’Amante d’Etretat (Stanislas Petrosky), Les sources de l’Histoire ancienne (Pascal Arnaud), Les Israélites (Time Life) et 365 jours zen.

L’Amante d’Etretat
(Stanislas Petrosky)

Chouette couverture… enfin, chouette si on aime les natures mortes type vanité – ce qui est mon cas.
Le prologue m’a plu, le reste moins. C’est surtout le format qui m’a posé problème. Il y a de très bonnes idées (le bambou et cette fameuse chute) mais pas assez pour tenir cent vingt pages. Un volume bâtard, trop court pour un roman, trop long pour une nouvelle. J’ai trouvé le temps un peu long, un comble pour un récit court.
Plutôt que rallonger la sauce, je pense qu’il aurait fallu condenser. L’Amante d’Etretat aurait pu donner une excellente nouvelle à la fois sombre, mélancolique et percutante. Suffit de voir la fin pour s’en convaincre : typique des nouvelles à chute.
En cours de lecture, il m’a semblé que ce bouquin s’adressait plutôt à un lectorat féminin – ce que m’a confirmé Petrosky lors du salon d’Esquelbecq. A sa décharge, ce n’est pas sa faute si je n’appartiens pas au public cible pour cause de poil au menton et d’organes reproducteurs externes. Il n’en reste pas moins que je reste mitigé, avec une impression de précipitation dans l’écriture (ou dans l’édition) et d’inaboutissement. L’Amante d’Etretat aurait gagné à prendre le temps de la maturation dans son format et du polissage sur son style pas très digeste.

sources-histoire-ancienneLes sources de l’Histoire ancienne
(Pascal Arnaud)

Depuis Homère jusqu’aux derniers auteurs de l’Empire romain, Pascal Arnaud passe en revue une grosse centaine d’auteurs de langue grecque et latine.
Pour chacun, il livre une notice synthétique sur sa vie et son œuvre, son intérêt historique et un état des lieux de sa bibliographie. C’est sur ce dernier point que ce bouquin tire son épingle du jeu, puisqu’il dresse un état des lieux pointu concernant les éditions disponibles, leur valeur niveau traduction et annotation, et en bonus des références d’ouvrages et d’articles qui permettent d’aller plus loin.
Un ouvrage de base indispensable à tous les étudiants en histoire ancienne et en lettres classiques et aux amoureux des textes gréco-latins.

israelitesLes Israélites
(Time Life)

Ah, Time Life et sa collection de vulgarisation… On y trouve tout et n’importe quoi et celui-ci entre dans la deuxième catégorie. Les auteurs font moins œuvre d’historiens que de prosélytes. La Bible est moins considérée comme une source écrite incontournable que comme un récit authentique jusqu’à la moindre virgule. L’objectivité et la neutralité de l’historien s’effacent devant le statut de peuple élu des Hébreux, qui imprègnerait l’Histoire des origines à nos jours. Ce qui est donc a) hors sujet pour la période traitée et b) hors de propos puisque cette vision de la marche de l’Histoire relève des philosophes (ou des théologiens).
Vaut mieux faire l’impasse sur le texte, trop orienté pour avoir une réelle valeur, et se contenter de l’iconographie, très riche.

365-jours-zen365 jours zen

L’exemple même du livre à côté de la plaque, qui te colle du zen parce que le mot fait vendre. L’introduction développe un historique du bouddhisme comme si le terme était synonyme de zen. Bonjour le contresens. Déjà, le zen n’est qu’une branche du bouddhisme, il ne représente en rien la foultitude d’écoles de pensée bouddhistes. Ensuite, stricto sensu, le zen est japonais. On peut ergoter sur le mélange indo-sino-coréo-nippon, il n’empêche que zen = Japon, avec certaines caractéristiques propres, inconnues dans le chan (Chine) ou le son (Corée).
On se demande donc ce que viennent faire là autant d’auteurs qui ne relèvent pas à proprement parler du zen. D’autant que la moitié d’entre eux ne sont que des pseudo-maîtres contemporains, qui se contentent de ressortir en dix lignes ce que les anciens synthétisaient en trois avec un meilleur sens de la formule.
Une compilation foireuse pondue par un jemenfoutiste, y a pas de quoi être zen.

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