Critiques express (2)

Les plus observateurs d’entre vous auront remarqué l’apparition d’une banane parmi les menus latéraux de la page d’accueil.
Ce substitut phallique me sert d’avatar sur Babelio où je me suis inscrit pour propager – voire propagander – ma bonne parole. C’est là-bas que mène une glissade sur cette peau de banane.
Pourquoi une banane ? En voulant meubler une photo sur L’Art de la Fessée, faute d’ananas pour le clin d’œil à Stargate et à Psych, j’ai pris le premier fruit qui me tombait sous la main. Depuis, c’est resté.
Or donc, sur Babelio, je poste après coup les “grosses chroniques” en version plus ou moins raccourcie. A l’inverse, j’y poste d’abord les critiques express que je compile ensuite ici en rebidouillant un truc ou deux. En résumé, ce sera toujours mieux sur ce blog que là-bas.

pecheurs_bretonsLes pêcheurs bretons durant la Seconde Guerre mondiale
(Jean-Christophe Fichou)

Ouvrage pointu sur un sujet pointu qui a priori n’intéresserait que les maniaques du sujet (et a posteriori n’intéressera qu’eux). Parce que ce bouquin est très bien documenté et très sérieux, le lecteur pas spécialiste sera noyé sous les détails, les notes, les sources, ou assommé par le style universitaire aride.
En même temps, c’est une lecture qui reste intéressante. Sur le papier, l’étude des pêcheurs semble loin des champs de bataille, des grands personnages, de l’Occupation, de la Collaboration, de la Résistance et de toutes ces grandes notions pleines de majuscules. Sauf qu’à travers ces anonymes, elle donne un aperçu très détaillé de la vie en temps de guerre du Français lambda.
Citation pour la route : “On vole les Américains comme on a volé les Allemands. On méconnaît l’autorité française qui souvent n’avait osé agir par peur de passer pour collaborationniste.”

livre-des-vampiresLe livre des vampires
(Manuela Dunn Mascetti)

“Dans les légendes populaires, vampires, loups-garous et autres créatures effroyables bondissent sur leur victime, l’étouffent sous leur arrière-train nauséabond et leur lacèrent la poitrine jusqu’au fond des entrailles comme le fait une bête de proie. Il n’y a rien là de très romantique.”
Un ouvrage qui se veut complet : origines, mode de vie, pouvoirs et faiblesses… Le tout abondamment illustré.
Reste que le bouquin a le défaut de ses qualités. A vouloir tout dire en seulement 200 et quelques pages (dont la moitié consacrée à des dessins et photos), il se contente de survoler beaucoup de choses. Certains choix de l’auteur paraissent discutables car contraires à l’exhaustivité recherchée. Par exemple, on n’imagine pas un livre sur les vampires qui n’aborde pas Dracula, mais était-il besoin d’y consacrer 50 pages ?
Parmi les lacunes, hormis la figure historique de Dracula, rien qui remonte au-delà du XVIIIe s. alors que le mythe du vampire est beaucoup plus ancien. Hors Europe, quatre petites pages sur les vampires dans les autres cultures. La littérature est à peine abordée et ne mentionne quasiment que des auteurs et œuvres du XIXe s. Quant au cinéma, il brille par son absence.
A l’arrivée, Le livre des vampires vaut surtout pour son iconographie.

alchimiste

L’Alchimiste
(Paulo Coelho)

On me l’a prêté au motif que j’aime bien les lectures qui font réfléchir. Celle-ci n’en est pas une. Sauf peut-être pour un enfant de 10 ans.
Un genre de “La vie pour les nuls”, un Petit Prince du pauvre, vide comme mes poches à la fin du mois et pas beaucoup plus profond.
Il se résume en une phrase : écoute ton cœur. Bah, merci de l’info, Paulo. Tu es bien le premier à pondre un conte initiatique sur cette idée. Ou pas.
Indigeste digest de clichés, L’Alchimiste s’impose comme une somme, l’Anthologie avec un grand A, de toutes les phrases bateaux sur le développement personnel. Une Invincible Armada de slogans simplistes qui répète l’histoire de la flotte espagnole et tourne au naufrage.
N’importe quelle phrase de Dune (Frank Herbert) sur les Fremen est mille fois plus aboutie que ce pénible pensum désertique.

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