Critiques express (10)

“That’s finally all anyone wants out of a book – to be amused.” Paraît que ça pète de démarrer sur une citation – pour le coup, Paul Auster dans City of Glass. Si le procédé n’était pas éculé comme une star du X, peut-être…
A deux mois et demi du bac, cogiter sur la pertinence de cette affirmation pourrait… ouaip mais nan… On en arrivera à une énième impasse sur la définition impossible de la littérature, le sens de l’art et autres âneries sur lesquelles les philosophes s’échinent en vain depuis des millénaires.
On va juste pas se prendre la tête et jeter un œil sur deux bouquins qui ne cherchent qu’à divertir.
Tranquille, peinard, à la fraîche.

Le Donjon de Naheulbeuk
T.4 A l’aventure, compagnons !
(John Lang)

Je ferai un de ces quatre une chronique sur l’ensemble des romans Le Donjon de Naheulbeuk, le temps de lire Chaos sous la montagne (T.5).
En attendant, quelques mots sur ce quatrième tome que je viens de terminer… Enfin quatrième à être sorti… Dans la chronologie de l’histoire, il vient au tout début puisqu’il s’agit de l’adaptation les deux premières saisons audio. Retour aux origines et à la rencontre entre les bras cassés bien connus (si vous n’en avez jamais entendu parler, attendez ma chronique complète, cherchez sur le Net, faites le tour de la table à cloche-pied avec un doigt dans l’oreille ou répondez à cette question : où étiez-vous ces quinze dernières années ?).
J’en attendais donc beaucoup.
J’ai donc (bis) été déçu beaucoup (bis aussi).
J’avais adoré la version audio, les trois premiers romans m’avaient fait marrer, et là, je ne sais pas, je suis resté de marbre. J’ai eu l’impression que le bouquin avait été sorti à la va-vite à cause de certaines maladresses, par exemple des répétitions qui n’auraient jamais dû passer la correction. Dans la structure même du récit, pas mal de chapitres centrés sur les pensées de tel ou tel personnage sonnent creux ou hors-sujet. Peut-être qu’au bout du quatrième opus à fonctionner sur les mêmes mécanismes, l’absence de renouvellement narratif commence à se faire sentir. On savait déjà par Yoda que la peur mène au côté obscur après divers détours par la colère, la haine, la souffrance et la coulrophobie, on en dira autant des schémas répétitifs qui conduisent à l’essoufflement. Sans compter que je connaissais par cœur le contenu du bouquin avant de le commencer – combien de fois ai-je pu écouter Naheulbeuk ?…
A voir ce que donnera la lecture du tome 5… J’espère que cet opus dispensable n’était qu’un coup de mou passager.

L’avocat, le nain et la princesse masquée
(Paul Colize)

Un roman “pour le fun”, dixit Colize. En équivalent cinéma, ce serait comme si L’Homme de Rio se faufilait entre Le Septième Sceau et Lost Highway.
Comparé aux très noirs Un long moment de silence, Concerto pour 4 mains ou Back up… Bah non, en fait, je ne vais pas comparer. Rien à voir dans la démarche comme dans les enjeux ou le ton. Ce serait dommage de ne voir dans L’avonain masqué (je condense) qu’un Colize mineur au regard de sa biblio, alors qu’en soi il offre un moment de lecture agréable.
Cette comédie policière d’aventures, émaillée de références cinématographiques, propose une histoire sans prise de tête mais traitée avec intelligence. Le lecteur mobilise ce qu’il faut de neurones en laissant reposer les autres, bref du pur divertissement. Qui ne rime pas avec abrutissement. Enfin si, ça rime en poésie, mais là non. La littérature de divertissement n’est pas qu’étrons bancals et incohérents rédigés dans un style de collège. On peut le faire avec soin, rigueur et élégance, la preuve.
Ce roman n’a aucune autre prétention que de faire passer un moment de détente au lecteur et il atteint son but. Un amuse-gueule à glisser comme une bouffée rafraîchissante entre deux poids lourds.

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