Booktube Club, règle n°3

Règle n°1 : on ne parle pas du Booktube Club.
Règle n°2 : on ne parle pas du Booktube Club.
Règle n°2,5 : on ne parle pas de La Brigade du Livre.
Règle n°3 : on ne va pas parler de Miss Book.

Hercule ?

Miss Book
(YT)

Miss Book œuvre sur Miss Book – cas d’école de lapalissade et d’usage de l’italique, offert par la maison.
Comme disait Clovis, je vais être franc : sitôt que sa frimousse apparaît à l’écran, je me retrouve dans le même état que le loup de Tex Avery. Quelque chose dans ce goût-là…

J’entends d’ici hurler au scandale. “Au scandale !” Qu’est ce que je disais ?…
Voilà, dès qu’une nana se lance sur YouTube, faut tout de suite que ça parte dans les blagues de cul lourdingues ou, si elle n’est pas gaulée comme une bombe sexuelle, les attaques sur le physique. A quoi je répondrai : va te faire enc… zut.
Si tu arrêtes deux minutes de braire et que tu jettes un œil sur la chaîne, tu verras que sur Miss Book, le sexy se le dispute au littéraire.
Que celui qui n’a jamais fantasmé sur une bibliothécaire avec son air strict, sa jupe droite, son chemisier, ses lunettes et son chignon, me jette la première pierre.

Comme on pouvait s’y attendre, pas un gravier.

Une chaîne à laquelle on a envie de s’attacher.

Τὰ Καισαρινῶν ἀπόδοτε Καισαρίναις, disait plus ou moins saint Marc. Pour rendre aux Césarines ce qui leur revient, elles sont trois : Nawel (écriture), Charlotte (écriture, réalisation et montage) et Miloche (qui mange des ceintures), plus Martin (chef op).
Le projet est né comme souvent d’un manque : “je me suis rendu compte qu’il n’y avait pas de chaîne YouTube qui proposait humour, mise en scène et critique littéraire”, dixit Nawel (Inside Miss Book #2).
Pari brûle-t-il réussi ?

Les critiques sont courtes et résument les grandes lignes d’un bouquin en cinq minutes. Auteur, pitch, citation, critique, et hop. Clair, net, concis, précis, pertinent, drôle, hop aussi.
Accessibles à ceux qui n’ont pas usé leurs fonds culotte jusqu’à bac +172. Agréables même quand on a assez de diplômes pour tapisser trois chambres. Tout le monde y trouvera son compte (donc son ami, puisque les bons comptes et cetera).
D’un côté, on peut reprocher aux critiques de ne pas fouiller davantage le texte, de survoler. D’un autre côté, non. Pas le sujet, pas le but. Miss Book te donne un aperçu suffisant pour savoir si le livre t’est destiné ou pas. Après, à toi de le lire, de monter l’analyse détaillée dans ton coin comme une armoire Ikea ou de farfouiller chez les analystes 2.0 pour la trouver au détour d’un blog ou d’une tierce chaîne.
En mode 3615 MaLife, quand je me renseigne avant d’acheter un bouquin, c’est exactement ce que j’attends d’une présentation : une esquisse rapide et synthétique. Quand Miss Book me parle, je sais en quelques minutes qu’Une place à prendre n’est pas pour moi, que Vernon Subutex colle à mes thèmes de lecture. Et hop encore.

En outre (je sais, cette locution est hyper scolaire, mais elle me fait trop marrer). En outre, disais-je, l’émission est bien écrite, drôle et péchue. Miss Book joue la carte du sexy avec classe et élégance, sans donner dans la putasserie grossière, l’humour gras dis-camion-pouet-pouet ou la facilité du plan nichons.
Ajoutes-y une kyrielle de personnages incarnés par le brelan de dames qui s’amusent avec les clichés et stéréotypes (beurette des cités, cougar, bobo, pète-sec réac, miss Tourette…). Des caricatures pour de rire qui fonctionnent… pas si éloignées de la réalité. Ou plutôt d’une certaine image que les commerciaux des grosses maisons d’édition se font de la réalité (quand tu les écoutes parler du lecteur ou de la lectrice cible, c’est tout à fait ça : le système indien des castes passerait pour souple en comparaison de leur vision de la société découpée en cases bien nettes).
L’alternance des portraits entrecoupe le propos principal de Miss Book et donne du peps à l’ensemble. C’est toute la réussite de la mise en scène : créer une dynamique avec juste trois donzelles le cul vissé sur une chaise. Et ça marche !
Du rythme, une réalisation propre, un travail soigné de montage et de cadrage (cuts, gros plans, à l’occasion une poignée de CGI bien fichus), une qualité son-image-éclairage très pro, une ambiance sonore sympathique (tant dans la musique que les bruitages), Miss Book a la pêche et fout la patate.

Du beau, du bon qui “rime avec tétons” (je ne fais que citer). Un propos léger, pas dénué d’une certaine profondeur à l’image de son décor. A la différence des grands maniaques de la bibliothèque en arrière-plan, symbole d’étalage superficiel et de fermeture, le couloir de Miss Book t’invite à la déambulation littéraire, à aller plus loin, à ouvrir des portes à droite à gauche. Freud y verrait sans doute une métaphore de vagin, mais Freud voit des foufounes partout, donc son avis…

Si tu veux avoir le book, c’est de la bonne, Coco.

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