Booktube Club, règle n°2,5

Dans les épisodes précédents… L’histoire commence ici et continue . Oscar de la concision en vue…
Il restait deux cas à part pour boucler le tour d’horizon et justifier le nom de ce blog.

Qui sera le gagnant du jour ? (Photos repiquées de leurs pages Facebook respectives.)

La Brigade du Livre
(YT)

Tout part d’un blog, La Brigade de la SFFF, où les mauvais auteurs se font défoncer la tronche par des flics de la littérature.
Le concept de Lilian Peschet plaît à Michael Roch, qui lui propose de créer une websérie. Démarche logique, puisque Roch (cap, péninsule) est passionné de lecture, auteur aussi, et il compte parmi ses connaissances quelques YouTubeurs qui le poussent à la roue, et pas des moindres. Le Fossoyeur de Films, French Food Porn et Axolot, excusez du peu.
Or donc La Brigade du Livre voit le jour en janvier 2015, avec pour logo une balle devant un livre ouvert ou un obus vu l’échelle (perso, j’y vois un vibromasseur avec des ailes, mais Rorschach et moi c’est une longue histoire).

De quoi qu’est-ce qu’on y trouve-t-on ?
Pour les [bookfacts], des bonus sur la périphérie de la littérature : adaptations ciné, langues imaginaires et, à la manière d’un Axolot, des bizarreries d’auteurs.

Des chroniques taguées [Kilke]. Ça te la coupe, hein ? Que veux-tu, même sur une chaîne littéraire originale, il y a des passages obligés et la chronique en fait partie.
En une dizaine de minutes, Kilke – le personnage de Roch – décortique un thème. Certains sont des classiques (les vampires en littérature, la lecture numérique, les clichés), d’autres rarement abordés (les pulps, la figure du pirate).
Des chroniques qui en laissent plus d’un frustré de réponses, vu que Kilke indique des pistes, pose beaucoup de questions, lance autant d’idées. Je n’y vois rien de scandaleux, je crois que le mot qui revient le plus dans son discours est “ouverture”. Kilke n’est pas là pour penser à ta place et te filer LA réponse. Il y a autant de littératures que de lecteurs, à chacun de trouver dans ses lectures, sa sensibilité, ses goûts une réponse possible.

Les Pas l’temps de lire (initiales [TLDR] pour Tunaspas Letemps Deli Re ou Too long didn’t read, y a deux écoles). En 7-8 minutes, Kilke brosse un portrait d’auteur (King, Lovecraft…) ou chronique une œuvre (La Horde du Contrevent, Fondation…). Des vidéos qui ne prétendent pas à l’exhaustivité du sujet – si on pouvait résumer tout Philip K. Dick en moins de 600 secondes, ça se saurait –, mais qui synthétisent avec intelligence les grandes lignes (qualités, défauts, thèmes, extrait…) comme une bonne vieille fiche de bac mais en plus cool.
Les bouquins et auteurs présentés, tu as envie de prendre le temps de les lire.

Enfin, la [GIPL], websérie qui met en scène la Brigade du Livre en tant que telle.
J’avoue, ce n’est pas ma partie préférée, j’ai du mal à accrocher. Mais on n’est pas là pour parler de mon avis, je dirais même qu’on s’en fout bien comme il faut.
L’idée n’en reste pas moins excellente. Une websérie sur une chaîne littéraire relève presque de l’évidence. La chaîne raconte une histoire, la littérature ne fait que ça. Dans le genre point commun XXL, ça se pose là.
On se situe ici dans la mouvance narrative des chaînes qui essaient de dépasser le cadre de leur sujet pour se renouveler et ne pas s’enfermer dans un format plan-plan. Dans cet esprit, on citera par exemple Antoine Daniel (cf. les intros-courts-métrages de ses derniers What The Cut) ou Le Fossoyeur de Films (qui a développé en cours de route le background de son personnage pelleteur).
Dans le cas qui nous occupe, la narration constitue une série à part entière et s’insère dans la chaîne avec davantage d’homogénéité que les exemples cités. Ben oui, ici la chaîne est née autour de ces éléments narratifs, il s’agit du cœur du projet, pas d’une greffe.
On suit donc les aventures des brigadiers qui enquêtent sur un trafic de nave, “une drogue permettant aux auteurs de décupler leur créativité, mais plus on en prend, moins on en a” (dixit Roch). Au passage, ils déglinguent des auteurs qui ont chié dans la colle. Parmi la fine équipe, on retrouve François Theurel albatorisé (un borgne qui s’appelle Harlock) et Adrien Darricau, connus respectivement pour Le Fossoyeur de Films et Raptus.

Si la chaîne n’est pas exempte de petits défauts (le son pas toujours net, le jeu des acteurs, l’humour absurde qui tombe parfois à plat), elle compense par son originalité et son inventivité, une réelle profondeur du propos dans les chroniques et les TLDR, des pistes de lecture équilibrées entre les classiques et les improbables de derrière les fagots.
La Brigade du Livre repose sur un concept, qui lui donne une identité à nulle autre pareille. La même définition qu’une œuvre littéraire en fait. C’est pas plus compliqué que ça.

Accusés d’un vol qu’ils n’ont pas commis, n’ayant aucun moyen d’en faire la preuve, ils fuient sans cesse devant leurs poursuivants. Pour subsister, ils emploient leurs compétences. Quand la loi ne peut plus rien pour vous, il vous reste un recours, un seul… Ah zut, j’ai mélangé mes fiches.

A suivre : règle n°1, règle n°2 et règle n°3

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