Apocryphe

Apocryphe
(Fleurine Rétoré & Sophie Jomain)

En ce moment – comme toujours en fait –, les Cantat, DSK, Weinstein, Lahaye, Allen, Polanski (liste non exhaustive) sont à l’honneur. J’aurais pu pondre une chronique sur le tiercé de Stephen King (Jessie, Dolores Claiborne et Rose Madder), sauf que ces lectures remontent à un bail et qu’il faut que je me replonge dedans.
A la place, ce sera poésie. L’extrême inverse. Mais si j’étais réputé pour mon sens de la mesure, ça se saurait.

En général, je suis plutôt bien informé des sorties de mâ’âme Jomain. Apocryphe fait exception. Complètement passé à côté des annonces de sa sortie, j’ai découvert par hasard le bouquin aux Halliennales où il était disponible en avant-première.
De quoi s’agit-il ? D’un artbook, illustré par Fleurine Rétoré et texté par Sophie Jomain. Les illustrations se taillent la part du lion, normal, c’est le principe d’un artbook.

L’objet est d’excellente qualité : couverture cartonnée, surcouverture à rabats, papier glacé qui évite de lutter pour tourner les pages. Du même éditeur, Le Chat Noir, j’avais mentionné le superbe travail sur Le Carnaval aux Corbeaux. Avec Apocryphe, même combat, de la belle ouvrage. Tu vas me dire que pour un artbook, c’est un minimum. Laisse-moi te dire que des éditeurs qui ne l’assurent pas, ce minimum, j’en connais…

Chaque illustration s’accompagne d’un texte très bref (une douzaine de lignes maxi). Les thèmes graphiques étant larges, l’écrit sert de liant à l’ensemble. Une bonne idée, je trouve, plutôt qu’un simple recueil de dessins disparates. Après, j’ai du mal à accrocher à ce type de textes, très orientés poésie. La poésie, j’y ai toujours été plus hermétique que la collection Tupperware au complet. Genre qui n’a jamais su me parler, les plus grands noms de la littérature se sont cassé les dents sur mon cas, mais quand ça veut pas, ça veut pas. Question de goût et de sensibilité, là on est dans le subjectif pur.
Côté graphisme, juste wow ! Fleurine a du talent, c’est rien de le dire. Je connaissais l’artisan à travers des salons comme Envie de Livres ou les Halliennales, je découvre la graphiste. N’étant qu’un petit bricoleur sur Photoshop, je serais bien en peine de causer technique. Photo retouchée, peinture, full DAO ? Aucune idée. Pour certaines je dirais matte painting sous PS, mais pas sûr. En tout cas, un style que j’aime beaucoup, très pointu dans le détail, très coloré et capable, même sur une seule tonalité, d’exploiter une très large palette de nuances.
Beaucoup de pages d’Apocryphe m’ont rappelé mes jeunes années de rôliste, où je passais plus de temps à mater les illustrations des manuels de JdR que les règles. Que veux-tu, les Ruppel, Brom, Royo attirent davantage que les tables de dégâts.
Instants de nostalgie et bain de jouvence appréciables à mon âge canonique.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *